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Dimanche 21 Octobre 2018

Du chant, du chant, du chant, que diable, on est au Capitole !!

Par Michel Grialou

Lyrique bien sûr. Nous sommes au Théâtre du Capitole. Son Directeur artistique, Christophe Ghristi a décidé que les murs devaient résonner jours et presque nuits des accents qui nous sont si chers, et ce, depuis bientôt trois siècles dans cette maison.

 

Max Emanuel Cenčić © Anna Hoffmann Max Emanuel Cenčić © Anna Hoffmann

 

C’est pourquoi, en plus des productions d’opéras, il a rajouté dans sa programmation, des moments qui avaient eu petit à petit tendance à disparaître. Cette saison voit donc le retour des Récitals du soir, pour moins de 30€, avec la venue de quelques-uns des grands noms de la scène lyrique internationale tels, pour ce qu’il en est de cette fin d’année civile, le contre-ténor Max Emanuel Cenčić, la contralto canadienne Marie-Nicole Lemieux et le baryton Christian Gerhaer.  

Max Emanuel Cencic Max Emanuel Cenčić dans le Prince Orlofsky – La Chauve-Souris – Théâtre du Capitole 2006

 

Quelques mots sur, disons-le, ce phénomène que constitue le démoniaque Max Emanuel Cenčić. Il sera là le samedi 6 octobre à 20h. Il sera accompagné par l’ensemble Armonia Atenea dirigé par George Petrou. Il chante des airs de Porpora et de Haendel. Autant l’écrire tout de suite, je suis plutôt fan de ce type de voix ainsi que des prouesses techniques qui vont avec. Revivre quelques moments au temps des castrats ne m’aurait posé aucun problème d’oreilles. Certains se souviennent peut-être de sa première apparition en Prince Orlofsky sur la scène du Capitole dans La Chauve-Souris. C’était en décembre 2006.

Depuis, le jeune croate n’a pas chômé. Les arias composées pour les castrats Carestini ou El Senesino et autres ne peuvent lui résister. Celles-là et bien d’autres. Bébé prodige à Vienne, il débute à 6 ans dans un show télévisé dans l’air de la Reine de la nuit de la Flûte enchantée !! Fabuleux sopraniste après la mue, le chanteur a parfaitement réussi sa conversion en mezzo-contralto. La voix est déjà ronde, chaude, homogène avec des graves bien sonnants, des aigus faciles et, denrée rare pour ce type de voix, une projection puissante. Les qualités s’alignent comme des petits pains.

Les spécialistes vous diront que, le timbre est ferme de haut en bas, chaud avec d’infinies variations de couleurs, le souffle contrôlé, le vibrato existant mais savamment assumé et utilisé, l’aigu vengeur et vainqueur dans les pages les plus ardues, beauté et dignité d’une ligne toujours soutenue, la vocalise d’une aisance agaçante, rayonnante et, conquérante ! Les esprits “chagrin“ vous diront qu’il manque ceci ou cela, un brin de piano, pianissimo par là, de poésie dans ce vers, de mélancolie dans le suivant. On s’en moque. Quand on vous dit que les contre-ténors manquent de puissance, c’est vrai, et beaucoup ont quelque difficulté à passer la rampe. Eh bien, voilà l’exemple justement d’un contre-ténor qui a une projection étonnante. Non, ce ne sont pas des réincarnations de castrats mais plutôt des hérauts d’une nouvelle voix, formidablement travaillée.

 

Max Emanuel Cenčić © Anna Hoffmann Max Emanuel Cenčić © Anna Hoffmann

 

L’artiste est aussi le maître d’œuvre de parutions lyriques qu’il veut les plus soignées du moment. Alessandro, Artaserse, Sant’Alessio, Faramondo, Arminio, Ottone…ne sont que quelques titres. On remarque que l’ensemble Armonia Atenea et son chef grec George Petrou qui l’accompagnent pour ce récital sont souvent dans les productions. Ce même chef qui risque de nous surprendre favorablement dans la direction de La Traviata. En effet, ne loue-t-on pas dans certains commentaires, sa régularité dans l’intelligence et la qualité de ses prestations, vitalité, passion, sens des contrastes, densité, engagement et expression : décidément tout ce dont la direction de l’ouvrage de Verdi exige !!!

 

Armonia Atenea et George Petrou © Pappas Armonia Atenea et George Petrou © Pappas

 

Programme :

1. Antonio VIVALDI – Concerto pour 2 Violons en la mineur, Op. 3 No. 8 (10’00)
Allegro, Adagio con spirito, Allegro


2. Nicola Antonio PORPORA – Tu spietato non sarai (05’00)
Air d’Ifigenia

3. Nicola Antonio PORPORA – Nume che reggi il mare (08’00)
Air d’Arianna in Naxo

4. Antonio VIVALDI – Trio sonata « La Follia » Op. 1 n. 12 (07’30)
Sonate pour 2 violons et basse continue

5. Nicola Antonio PORPORA – Torbido intorno al core (08’00)
Air de MERIDE E SELIUNTE

6. Nicola Antonio PORPORA – D’esser gia parmi (06’00)
Air de Filandro

– INTERMISSION –

7. George Frideric HANDEL – Gia l’ebro mio ciglio (05’30)
Air d’Orlando

8. George Frideric HANDEL – Cielo, se tu consenti (04’00)
Air d’Orlando

9. Antonio VIVALDI – Concerto pour basson en mi mineur, RV 484 (10’00)

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En marge de ces rendez-vous, sous forme d’ « Heure exquise », un récital d’une heure environ nous permet de retrouver à 19h, le baryton italien Nicola Alaimo. C’est lui qui assure le rôle ingrat du Père Germont dans La Traviata. C’est lui qui provoque et obtient la rupture entre son fils et Violetta par des procédés qui ne lui attirent guère de sympathie dans le public. Gageons qu’il saura faire oublié son rôle de composition le mercredi 3 octobre à 19h avec un choix approprié de mélodies et lieder et peut-être quelques airs d’opéras encore. Une autre date, le 30 janvier, et ce sera la basse Roberto Scandiuzzi, que l’on peut qualifier d’habitué de la scène du Capitole.

Les jeunes talents seront à l’honneur dans la formule très prisée des Midis du Capitole qui affichent le plus souvent complet. Une façon de faire mieux connaître certains des chanteurs présents dans les distributions, au second plan pour l’instant, ou comprimari encore, mais qui sait, des stars en devenir. Pour la première vague, ce seront le baryton français Thomas Dolié, le mardi 27 novembre à 12h30 et les Lauréats du Concours Voix Nouvelles 2018 pour le vendredi 30 novembre.

 

Choeur du Capitole © Patrice Nin Choeur du Capitole © Patrice Nin

 

Quant au Chœur du Capitole, toujours placé sous l’autorité de leur Directeur Alfonso Caiani, il a sa propre saison qui ouvre avec un Hommage à Lili Boulanger, sœur cadette de Nadia, compositrice acharnée, surtout de musique vocale et chorale, et ce, à la Chapelle des Carmélites pour deux représentations, le 26 et 27 octobre. Nous en reparlerons. Suivront deux dates en décembre le 8 et le 9 pour les traditionnels Concerts de Noël, précédés d’œuvres de Charles Gounod. Fort judicieusement, le Chœur reprend le chemin de la Halle pour une œuvre peu fréquemment donnée, la Symphonie n°3 « Kaddish » de Leonard Bernstein qui sollicitera aussi la Maîtrise. C’est pour le samedi 12 octobre. Il y aura trois autres rendez-vous plus tard, qui seront en leur temps évoqués.

Michel Grialou 

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Théâtre du Capitole
place du Capitole • Toulouse
Tél. 05 61 63 13 13

 

Thomas Dolié © Julien Benhamou