Hommage à Michel Déon

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


L’écrivain décédé le 28 décembre nous lègue un art de vivre, de lire et d’écrire d’un éclat éternel.

 

Nous avions fini par croire, au fil des ans, que Michel Déon était réellement immortel, ainsi l’on qualifie les membres de l’Académie française où il avait été élu en 1978. Lui-même aimait plaisanter sur son extraordinaire longévité qui a donc pris fin le mercredi 28 décembre quelques mois après son quatre-vingt-dix-septième anniversaire. Avec la disparition de Michel Déon s’achève définitivement une époque, celle de la mythologie des hussards, de ces écrivains ayant eu entre vingt et vingt-cinq ans en 1945 – date que Roger Nimier désigna comme «la fin du monde civilisé» – et qui voulurent chasser le tragique, la gravité, l’idéologie, les interdits et les listes noires sans rien renier de leurs fidélités respectives. Avec lui s’éteint aussi un certain art de vivre, de lire et d’écrire que l’homme comme l’œuvre incarnèrent de façon aussi majestueuse qu’humble.


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    Les enfants humiliés de Stéphane Guibourgé

    Les fils de rien, les princes, les humiliés

    Avec Les fils de rien, les princes, les humiliés, l’écrivain signe un superbe roman plein de rage et d’humanité.


    Cela fait plus de vingt ans que Stéphane Guibourgé construit une œuvre à l’écart des modes et sans dévier des thèmes qui l’inspirent. On retrouve donc dans Les fils de rien, les princes, les humiliés des enfants perdus, des âmes errantes, des êtres sauvages en quête d’harmonie. Avec brio, il mêle destinées individuelles et collectives, dessine la France des années 80 à nos jours à travers la grande armée des déracinés que rassemble le beau titre du roman. Qui sont-ils ces fils de rien, ces princes, ces humiliés ?


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