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Novembre noir


Une chronique de Christian Authier


Dans un beau récit, Philippe Le Guillou se souvient des jours où la mort de son père succéda aux attentats parisiens de novembre 2015.

Quatre jours après les attentats parisiens du 13 novembre 2015, Philippe Le Guillou perdit son père. Face à cette «cette douloureuse concordance» entre «l’agonie et la mort d’un vieil homme perclus de souffrance et le basculement du pays et du siècle dans l’horreur abyssale», l’écrivain va tenter de «fixer quelques émotions, quelques traces, quelques vertiges, quelques lueurs aussi». Hommage au père, Novembre est aussi une méditation plus vaste, à travers le destin de celui-ci, sur le sentiment d’«effacement historique d’une forme d’innocence». «Je me sens à jamais orphelin d’une stabilité, d’une espérance définitivement perdues», note l’auteur des Sept noms du peintre (prix Médicis 1997).

De ce père, il dresse un portrait évidemment intime, mais qui dessine une certaine France. Né en 1930, cet homme connût à l’adolescence l’Occupation en étant protégé de ses frayeurs, ne fut pas mobilisé durant la guerre d’Algérie et profita des facilités offertes par les Trente Glorieuses. Attaché à un territoire (la Bretagne), humble et dévoué serviteur de l’État (percepteur), «il aimait l’ordre, le travail, la fidélité à un certain nombre de valeurs ; la révolution, les excès libertaires de Mai 68 le laissaient de marbre». Comme dans Les Années insulaires ou Géographies de la mémoire, Le Guillou souligne les basculements et les paradoxes suscités par l’irruption d’une modernité conquérante : «L’homme du progrès, celui qui se sentait si bien [Lire la suite...]

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