Benoît Duteurtre, à contretemps

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


L’écrivain publie avec Pourquoi je préfère rester chez moi un recueil de chroniques diverses dans lesquelles il bouscule les modes et le prêt-à-penser de l’époque.


«Je me pose des questions. D’anciennes et de nouvelles, avec un goût marqué pour les contradictions», annonce l’auteur de Gaieté parisienne, Service clientèle ou La Rebelle – romans s’attachant à décrire (non sans légèreté et humour grinçant) quelques-unes des mutations contemporaines – dans l’avant-propos de ce recueil aux motifs variés. «Il est possible que je m’attache trop à des plaisirs disparus, voire à l’idée que certaines choses étaient « mieux avant ». Je n’ai pourtant rien contre la notion de progrès, et je suppose que notre époque en apporte beaucoup, dont d’autres se chargent de faire l’apologie… Quant à moi, en rassemblant ces diverses « polémiques », j’ai voulu épingler certaines réformes qui ne rendent pas le monde meilleur, des évolutions fâcheuses qui n’étaient pas toujours inéluctables. Cherchant à peser, dans chaque bond en avant, ce que nous gagnons et ce que nous perdons, je me livre à une critique de la vie quotidienne qui voudrait au moins inviter à réfléchir», poursuit-il.


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    La nostalgie des buffets de gare

    de Benoît Duteurtre

    Benoît Duteurtre et la poésie des gares


    L’auteur du Voyage en France, prix Médicis 2001, signe un essai aussi nostalgique que combatif sur la transformation des trains et des gares au nom de la modernité.


    Pour mesurer l’ampleur des ravages commis au nom d’une prétendue «modernité» (nom flatteur invoqué pour justifier les pires régressions mises en œuvres par les autoproclamés «modernes»), on peut prendre de vastes sujets : la financiarisation de l’économie, l’épuisement des ressources naturelles par le système productiviste, l’extension de la concurrence dite «libre et non faussée» (c’est-à-dire, par exemple, la mise en concurrence du travailleur français avec le travailleur ou l’enfant du Tiers-Monde plus ou moins réduit en esclavage), d’autres encore. Ou bien choisir un motif plus étroit, mais non moins explicite.

     

    Ainsi, de romans (Service clientèle, L’Ordinateur du Paradis…) en chroniques (Polémiques) ou essais (Le Grand embouteillage), Benoît Duteurtre consacre une part de son œuvre à l’évocation des destructions en cours en réduisant la focale sur des thèmes directement en prise avec notre quotidien : le téléphone portable, Internet, la bagnole… Dans La nostalgie des buffets de gare, l’écrivain s’attèle à la transformation de la SNCF et de ses services.


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