Il y a 200 ans, le Français Joseph Nicéphore Niepce inventait la photographie. Ce bicentenaire prend une place toute particulière au sein de la programmation du Pavillon Blanc Henri-Molina, dont la saison à débuter sera consacrée à cet art de capturer le réel. Mise en dialogue avec d’autres formes de création (et pas seulement), la photographie est mise en lumière via bien plus que des images. Zoom sur ce nouveau volet culturel déployé à Colomiers.

Parmi toutes les formes d’art, la photographie se distingue par sa manière de témoigner du réel et de figer un instant dans le temps. Grâce à ce procédé aujourd’hui vieux de 200 ans, l’humain capture ainsi son monde. Durant la saison 2026/2027, le Pavillon Blanc Henri-Molina mettra à l’honneur cette façon si unique de témoigner de notre environnement. Véritable pièce maîtresse de la programmation annuelle, la photographie croisera ici d’autres disciplines créatives, à l’instar du dessin, de la BD et de l’art contemporain, mais aussi les sciences et les techniques.
« Profondeur de champ », le premier acte de la saison et une exposition plurielle
Divisé en deux temps, le programme prend son envol en septembre 2026 avec un premier acte baptisé « Profondeur de champ », déployé jusqu’en février 2027. Sa vocation : interroger les manières dont nous agissons sur les paysages et les manières dont ceux-ci agissent sur nous. Au cœur de ce premier temps, une exposition éponyme sur entrée libre, façonnée par différents regards et procédés artistiques.
Parmi les virtuoses nourrissant cette exhibition, Raphaëlle Peria, pour qui l’image est un support pour un travail de l’ordre du dessin, avec la technique du grattage. « Ses photographies entrent en résonance avec des planches dessinées : les corps-paysages de Juliette Mancini, le paysage social de Margaux Meissonnier, les paysages menacés de Clément Vuillier ou encore les explorations délicates de Fanny Dreyer », dépeint le Pavillon Blanc Henri-Molina.
Tantôt menaçants ou menacés, les paysages incarnent bien plus que de vastes espaces passifs face aux activités humaines, tandis que leur propre pouvoir d’action sur l’humain transparaît à travers ce dialogue artistique. En bref, les relations complexes de l’humain avec son environnement trouvent ici leur écho à travers des œuvres aux univers complémentaires, à découvrir du 2 octobre 2026 au 20 février 2027.

Un week-end de lancement à 360 degrés
Ces mêmes thématiques seront au cœur d’une riche programmation, tout au long du cycle « Profondeur de champ ». Au menu : ateliers créatifs, rencontres, lectures jeune public, spectacles… Une dynamique de foisonnement également de rigueur lors du week-end de lancement, organisé du vendredi 2 au samedi 3 octobre 2026. Cette entrée en matière sera notamment marquée par la réalisation de portraits instantanés à l’argentique par la photographe Iris Chauveau, l’inauguration de l’exposition « Profondeur de champ » avec le concours des artistes, un atelier de grattage sur carte postale avec Raphaëlle Peria, un spectacle à la croisée des arts, et bien plus encore !
Quand le tissu culturel local converge
Au-delà de la diversité de la programmation in situ, le Pavillon Blanc Henri-Molina répandra sa magie lors d’évènements tels que le Festival BD Colomiers, les Semaines d’Information sur la Santé Mentale, la Nuit de la Lecture ou encore le festival Les Mycéliades. Plus largement, cette saison, le lieu culturel renforce les propositions hors-les-murs avec des manifestations organisées à la Maison des Transitions écologiques de Colomiers, au Muséum de la Ville rose, ou encore à la librairie toulousaine L’Autre Rive.

5 questions à Victoire Louriais, directrice du Pavillon Blanc Henri-Molina, et Caroline Vauchère, adjointe au maire déléguée à la culture
La précédente saison était placée sous la thématique « Ailleurs et ici ». Quel bilan en tirez-vous ?
Caroline Vauchère : Avec plus de 26 000 visites et participations aux différents ateliers, expositions, rencontres, le bilan est très positif ! Certains moments ont été particulièrement marquants. À titre personnel, j’ai beaucoup aimé la programmation « Imaginaire spatial » et la question de cet ailleurs lointain qui nous appartient à la fois à tous et à personne, tout comme notre environnement et notre imaginaire. Et je tiens à partager un gros coup de cœur pour le groupe de musique Baboucan and the fines asses !
La saison 2026/2027 est consacrée à la photographie, dans le cadre de son bicentenaire. Ce fil rouge était-il une évidence ?
Victoire Louriais : Par le passé, nous avions invité à plusieurs reprises des photographes à venir exposer au Pavillon blanc, mais nous n’avions jamais exploré en profondeur cet art et le rapport particulier, d’une très grande proximité, qu’il peut avoir avec tout un chacun.
Caroline Vauchère : Lorsque les équipes m’ont évoqué le projet, je me suis empressée de le soutenir, ayant moi-même une affection toute particulière pour cet art. Le bicentenaire de la photographie a été une opportunité à saisir, et l’obtention de la labellisation du Ministère de la Culture une véritable satisfaction !
Baptisé « Photographies ! », ce nouveau volet culturel aborde notamment le rapport aux paysages. Doit-on y voir une sorte de continuité de la précédente saison ?
Victoire Louriais : Une continuité involontaire au départ, puisque c’est un choix fait autour du travail de Raphaëlle Peria, qui brouille les repères entre la photographie et le dessin – elle « gratte » les clichés pour y inscrire la mémoire qu’elle a gardé de ces paysages traversés. Cela nous a permis de poursuivre des réflexions déjà engagées sur notre rapport sensible aux paysages, à leur mémoire, à leur transformation, qui traversaient également les œuvres de Nadia Ehrmann exposées cet été.
« Profondeur de champ » est le premier acte de la saison, déployé jusqu’en février 2027. Comment le décririez-vous ?
Caroline Vauchère : C’est un acte rythmé par de nombreux partenariats, je pense en particulier avec les riches échanges qui ont pu être noués avec le Muséum de Toulouse, entre autres la visite croisée de l’exposition de Raphaëlle Peria, Fanny Dreyer, Clément Vuillier, Margaux Meissonnier et Juliette Mancini avec le botaniste Boris Presseq, puis l’exposition des Trésors photographiques du Muséum, une collection d’Eugène Trutat qui met en valeur l’évolution des paysages et des sociétés en Occitanie depuis le 19ème siècle.
Victoire Louriais : Nous avons pu aussi travailler avec plusieurs collectifs toulousains, qu’il nous importe de valoriser, comme l’association Declic ou l’éditeur F de Phosphène. Notre première participation au festival Pyrénécimes est également une grande satisfaction, d’autant plus que nous allons pouvoir présenter à cette occasion le travail de deux jeunes designers, Etienne Lapèze-Charlier et Tom Grandgirard.

De mars à août 2027, « Hors champ » prendra la relève. En quoi ce deuxième volet se démarquera-t’il du premier temps de l’année culturelle ?
Victoire Louriais : Ce second temps sera vraiment celui des habitants, qui seront au cœur de l’ensemble des projets, à la fois sujets et acteurs, en particulier grâce au travail du photographe Younès Farhi et du designer Kamel Secraoui. Et nous aurons encore de nombreuses propositions à dévoiler !

