Ce sera auparavant, une ouverture de saison avec STARWARS au Zénith de Toulouse à 20h. Nous retrouverons les musiciens de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse placés sous la direction du chef Ernst van Tiel, pour ce Ciné-Concert exceptionnel.
STARWARS, épisode V : L’Empire contre-attaque, en version originale, sous-titrée en français. Starwars, du compositeur américain John Williams, un véritable voyage musical intergalactique et intergénérationnel.

Le retour à la Halle aux Grains se fera le jeudi 1er octobre à 20h, avec à la direction de l’Orchestre son Directeur musical, Tarmo Peltokoski.
Le programme est alléchant par sa nouveauté puisqu’il nous présente deux œuvres qui vont faire leur entrée au répertoire de l’Orchestre, à savoir :
Cantus arcticus- Chant arctique – ou encore “Concerto pour oiseaux et orchestre“ du compositeur contemporain finlandais Einojuhani Rautavaara. L’écriture permet à des instruments d’imiter le chant des oiseaux mais encore, se mêlant directement à l’orchestre, ne soyez pas surpris par les chants venant d’une bande sonore dont les interventions sont bien notées sur la partition ! C’est l’œuvre la plus célèbre du compositeur.
Pour suivre, Distant Light, avec le brillantissime jeune violoniste Daniel Lozakovich en soliste, le concerto mettant en scène uniquement des cordes du compositeur letton, tout jeune octogénaire, Pētris Vasks.

Pour la pièce maîtresse du concert, on retrouve Igor Stravinski dans quelques numéros de la composition qui l’a propulsé dans les étoiles au firmament, définitivement, la musique pour ballet, L’Oiseau de feu ou The Firebird. Parmi les Suites de l’ouvrage, le chef a choisi la dernière, la Suite 1945.
De la partition, Claude Debussy, le dénommé Mr Croche écrira : « Il a le génie instinctif de la couleur et du rythme…C’est fait en pleine pâte orchestrale, sans intermédiaire, sur un dessin qui ne s’inquiète que de l’aventure de l’émotion. Il n’y a ni précautions, ni prétentions. C’est enfantin et sauvage. Pourtant, la mise en place en est extrêmement délicate. »

L’œuvre nécessite un grand orchestre avec de nombreuses percussions. Un certain Pierre Boulez la voit comme l’une des œuvres orchestrales les plus fouillées de Stravinski, déjà marquée par un style très personnel, en particulier par cette vigueur rythmique que l’on retrouvera deux ans plus tard dans Le Sacre du printemps et Petrouchka. Orchestration chatoyante, transparence des lignes, les couleurs orientalistes, certaines tournures mélodiques populaires mais aussi les violences disons, cataclysmiques et les contrastes dynamiques spectaculaires permettent à cette partition d’être parmi les plus immédiatement accessibles du XXè siècle. Il a été écrit : « Stravinski a fait une œuvre de couleurs, un festin de timbres. À 28 ans, il fait preuve d’une beauté mélodique et il est un génial créateur d’épices sonores, de plaisir des sens. Il sait caresser un orchestre pour rendre sa musique directement envoûtante. »

Ce ballet en un acte et deux tableaux s’inspire du télescopage de plusieurs contes russes avec pour résultat un récit typique de quête et de transgression, plus russe que russe. Le scénario est dû à moult collaborateurs mais surtout à Michael Fokine, premier danseur et principal chorégraphe de la compagnie, ainsi qu’à Léon Bakst, le responsable des costumes. En outre, la trame, “per aspera ad astra“ (vers les étoiles à travers les difficultés) marque le triomphe du Bien sur le Mal par l’intermédiaire de la pitié (l’acte fondamental de compassion qui pousse le héros, le Prince Ivan Tsarevitch, à relâcher l’Oiseau de feu qu’il avait capturé, oiseau merveilleux, fait d’or et de flammes) et ce, en échange d’une plume magique. Ce présent va permettre au Prince d’une part, de se délivrer des griffes de son futur beau-père, Kastchei, un sorcier un brin hostile qui exécute une danse “infernale“ envoûtante, et d’autre part, de pouvoir épouser la princesse convoitée. Un Prélude sert d’Introduction qui sera suivi d’un découpage en 19 numéros dans le Ballet complet.

L’œuvre qui marqua l’envol médiatique d’Igor Stravinski a été créée triomphalement le 25 juin 1910 à l’Opéra de Paris par les Ballets russes de Serge Diaghilev. Gabriel Pierné dirige. Elle propulsa sur le devant de la scène internationale le jeune compositeur de 27 ans, alors inconnu hors de la Russie natale. Ceci eut lieu presque par hasard : en effet, Diaghilev, alors au bord de la ruine et à court de répertoire original pour sa nouvelle saison de ballet à Paris ne fit qu’incidemment appel à Stravinski, les autres compositeurs sollicités n’étant pas intéressés pour raisons diverses. Il avait seulement entendu sa musique avec le Scherzo fantastique et Feux d’artifice lors d’un même concert un 6 février 1909. Il n’avait pas idée alors qu’il commanditait le premier grand ballet symphonique du XXè siècle, prélude à une impressionnante série de chefs-d’œuvre. Diaghilev avait eu, comme on dit, du nez. Et pourtant, l’homme n’était ni danseur, ni chorégraphe, ni compositeur, ni peintre, ni écrivain, ni…Il était tout à la fois. La collaboration entre les deux hommes a permis de dresser une liste impressionnante d’œuvres majeures du XXè siècle dont Le Sacre sera, à coup sûr, le sommet et ce, sur une période d’écriture s’étendant sur à peine vingt ans. Ou, quand un génie rencontre un autre génie …
Orchestre national du Capitole
