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Les rêves ne vieillissent jamais de Gérard Guégan

by Bruno del Puerto

Chaque semaine, on vous invite à lire une nouveauté, un classique ou un livre à redécouvrir.

Les rêves ne vieillissent jamais de Gérard Guégan

Editeur (Champ libre, Le Sagittaire), journaliste, écrivain, auteur d’une cinquantaine d’ouvrages parmi lesquels La Rage au cœur et Fontenoy ne reviendra plus (prix Renaudot de l’essai 2011), Gérard Guégan vient de publier un petit livre dédié au cinéma dans le prolongement d’Inflammables paru en 2004. Souvenirs et rencontres ponctuent ainsi Les rêves ne vieillissent jamais, manière d’autobiographie en 24 images par seconde, en noir et blanc et en Technicolor. Cela débute donc à Marseille (où Guégan est né en 1940), un jour d’avril 1959, quand le Ciné-club reçoit Alexandre Astruc.

Gérard Guégan

Guégan est de ceux pour lesquels le cinéma – et la littérature – ont été des écoles, des universités, des formations continues d’émotions et de sentiments. D’ailleurs, confie-t-il, ses « professeurs » se sont appelés : « Gary Cooper, Burt Lancaster, Ava Gardner, Robert Mitchum, Maureen O’Hara, John Wayne, Rita Hayworth, James Stewart. »

Emerveillements anciens

Le Hollywood de l’âge d’or, le Nouvel Hollywood, les rebelles (tel Mel Gibson dont il dit que les films qu’il réalise nous donnent l’illusion « que la mort ne gagne pas à tous les coups ») défilent. Les pages consacrées à Jean Eustache ressuscitent le génial auteur de La Maman et la Putain. Judy Garland et Raoul Walsh sont aussi au générique. Les petits maîtres, dont certains films dépassent parfois ceux des grands, ne sont pas oubliés. Voici Jacques Tourneur attachant parce qu’irrégulier car « rien n’est plus attachant, plus bouleversant, qu’un verre ébréché, une chevelure à la dérive et une chair lasse. »

« Au fond, le cinéma a toujours été un moyen de se rappeler qui l’on est et d’oublier où l’on va », écrit Guégan, homme à la mémoire longue. Il se souvient d’une rencontre ratée avec Clint Eastwood, dans son restaurant de Carmel en Californie, pour cause de partie de pêche. Des films agissent comme des « bouées de sauvetage », des compagnons fidèles à l’instar de Johnny Guitare de Nicholas Ray, l’un de ceux « dans lesquels on s’installe pour la vie ». Des « émerveillements anciens » rejaillissent intacts, dans leur jeunesse éternelle. En achevant la lecture des Rêves ne vieillissent jamais, on se dit que le cinéma n’est pas une question de vie ou de mort : c’est bien plus important que cela.

Christian Authier 

Les rêves ne vieillissent jamais  •  LettMotif

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