Jean-Baptiste Del Amo publie Une éclaircie aux éditions Stock. Une introspection dans les pas du célèbre peintre espagnol Goya.

ean Baptiste Del Amo rejoint la collection « Ma nuit au musée », dirigée par Alina Gurdiel. Cette série de textes propose à un auteur de passer une nuit dans un musée ou dans un lieu cher à un artiste peintre. Pour Jean Baptiste Del Amo, le choix ne s’impose pas d’emblée. Puis vient une évidence. Ce sera Francisco de Goya. Pour ses Peintures noires. Ces peintures qui l’ont rendu célèbre. Et qui, à présent, font écho à l’auteur. Cette obscurité est un peu la sienne. Celle qui dissimule un mal. Une maladie.
Revenir parmi les vivants
Direction donc le Prado, où sont exposées les œuvres de Goya. Les peintures créent une fascination. Une attraction presque magnétique. Mais ce n’est pas là que l’auteur passera la nuit. Il rejoindra ensuite l’ermitage San Antonio de la Florida. Un endroit important dans la biographie de Goya. C’est là qu’il a décoré la coupole. C’est là aussi que se trouve sa sépulture. Un lieu qui rappelle le temps, la vieillesse, la mort. Des thèmes qui tourmentent l’auteur depuis qu’il lutte contre une maladie. Laquelle ? Personne ne sait le lui dire précisément. Mais le corps se tord, souffre. Et le silence autour de cette maladie pèse encore plus.
Alors il faut trouver des refuges. Dans le regard de l’amant. Dans la maison où ils vont emménager ensemble. Dans la nature, qui rappelle la grandeur du monde et la petitesse humaine. Mais aussi dans l’art et dans l’écriture. L’écriture qui aide, qui répare, mais qui fait peur. Comment écrire sur la maladie ? L’auteur s’y refuse. Jusqu’à ce qu’on lui propose ce projet de se lier, pour une nuit, avec un artiste peintre. Et si ce n’était pas un hasard ? Si c’était une convergence de situations pour trouver des réponses secrètes et profondes ?
Jean Baptiste Del Amo réussit avec pudeur, tact et sincérité à mêler récit intime et histoire collective. Il offre également une rencontre hors du commun entre deux artistes d’époques différentes, aux vies éloignées, mais dont les portraits entrent malgré tout en résonance. Le résultat est un double portrait passionnant, porté par une écriture douce et féroce. Un très beau roman de cette rentrée littéraire !
