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Une mémoire, une scène : « On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie »

by Ines Desnot

Le Théâtre Sorano proposera, du 31 mars au 2 avril 2026, un spectacle unique mêlant introspection, humour et réflexion historique : On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie, selon un texte et une interprétation d’Éric Feldman, et une mise en scène signée Olivier Veillon.

À première vue ancré dans la forme du stand-up d’art et d’essai, le spectacle se déroule comme une conférence-performance, où l’auteur-interprète s’installe avec ses mots, ses pensées, ses obsessions et sa mémoire familiale. Le titre improbable joue avec l’absurde pour mieux introduire la matière du propos : ce qu’un héritier de survivants du ghetto de Varsovie porte en lui et dans son langage, mais aussi comment ces traces s’incarnent, se transmettent, et se métamorphosent.

Feldman investit l’espace, souvent assis sur une chaise, laissant ses idées, ses digressions et ses anecdotes porter la narration. L’intrigue n’est pas linéaire : elle fait se côtoyer l’intime et l’universel, entre souvenirs aux accents yiddish et gravité d’une histoire collective. Il fait surgir ses parents, ses oncles et tantes, figures surgies d’un passé marqué par la violence et la disparition, et y mêle l’évocation de personnalités comme Isaac Bashevis Singer ou encore son chat Milosh.

Plus que transmettre

Ce qui frappe dans On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie, c’est la manière dont Feldman aborde le sujet de la mémoire traumatique, avec dérision, autodérision, et une lucidité aiguë. Il questionne, en creux, l’impact sur les générations suivantes d’un passé qui n’en finit pas de hanter ceux qui n’en ont été que les héritiers. La pièce laisse d’ailleurs émerger des instants de réflexion profonde, où l’auteur s’interroge sur ce que signifie être vivant après une telle Histoire.

Le spectacle ne se contente pas d’une transmission factuelle de l’histoire. Il s’en empare pour la ressentir, l’interroger, l’esquiver parfois. L’écriture scénique, entre monologue réfléchi et éclats comiques, trace un chemin qui n’est ni strictement dramatique, ni purement humoristique, mais profondément humain. En bref, le spectacle invite le public à une démarche singulière : non seulement comprendre, mais ressentir la complexité d’un héritage.

Théâtre Sorano
du mardi 31 mars au jeudi 02 avril 2026
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