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Star Wars – L’Empire contre-attaque • Entretien avec Jean-Baptiste Fra

by Bruno del Puerto

L’an dernier, le premier ciné-concert « Star Wars » par l’Orchestre du Capitole avait attiré près de 6000 spectateurs au Zénith de Toulouse. Il devrait en être de même, jeudi 24 septembre, avec la projection sur très grand écran de « L’Empire contre-attaque », 2e volet, chronologiquement, de la saga intergalactique imaginée par George Lucas et mise en musique, de façon fracassante, par John Williams. Délégué général de la formation symphonique, Jean-Baptiste Fra lève le voile sur les coulisses de ce projet hors norme.

En juin 2025, le ciné-concert « Star Wars » par l’Orchestre du Capitole fut un défi d’envergure, tant sur le plan technique que musical et commercial. Défi remporté haut la main, dans tous ces aspects, avec dans un Zénith chauffé à blanc par près de 6000 spectateurs aux anges. La formation toulousaine renouvelle l’expérience, jeudi 24 septembre, avec le même chef, Ernst Van Tiel. Après « La Guerre des étoiles » (premier épisode si l’on se réfère à la sortie dans les cinémas, en 1977), place au 2e, « L’Empire contre-attaque » (1980), réalisé par Irvin Kershner, sans doute le meilleur de toute la série.

Le fameux combat au laser entre Luke Skywalker et Dark Vador. Photo Lucas Film/Disney

Le premier ciné-concert « Star Wars » par l’Orchestre du Capitole au Zénith fut un triomphe. Quel public avait-il touché ?

Un public assez inhabituel pour nous, pas si jeune, plutôt entre 30 et 40 ans. Exactement la tranche d’âge qu’on a du mal à capter à la Halle aux Grains. Les spectateurs étaient surtout des fans historiques qui appréciaient de renouer avec un film vintage. Pour l’instant, ils sont 5300 à avoir acheté leur billet pour le concert de jeudi. Il reste des places à vendre, pas très chères, à partir de 19 euros.

« L’Empire contre-attaque » est considéré par les fans comme le meilleur « Star Wars »…

C’est effectivement ce qui remonte quand on parle avec les gens. Sentiment partagé par le chef Ernst Van Tiel, qui le trouve le plus intéressant musicalement. Pour mettre en valeur la partition de John Williams, nous avons repris le même système sonore et le même ingénieur du son que l’an dernier. Idem pour l’écran, énorme, de 19 mètres de base et 8 mètres de haut.

Quels sont les qualités requises pour un chef d’orchestre dans un tel contexte ?

Ernst Van Tiel est très expérimenté : il a dirigé des ciné-concerts dans le monde entier. Il est habitué à avoir beaucoup de techniciens autour de lui, à garder le cap sans faire stresser l’orchestre. Tout l’enjeu pour lui est d’assurer une parfaite synchronisation de la musique avec l’image. Il est équipé d’un écran avec des petits flashs lui indiquant les départs. Par contre, les musiciens n’ont rien dans les oreilles pour les guider dans ce sens. Cela pourrait rigidifier leur interprétation. C’est bien qu’ils gardent une certaine liberté.

Les musiciens aiment-ils l’exercice du ciné-concert ?

L’an dernier, ils ont exprimé une grande satisfaction. L’orchestre a pris beaucoup de plaisir à jouer la musique de John Williams. Certains, notamment les cuivres, ne se sont pas programmés sur l’opéra  » Rusalka  » pour être présents au Zénith !

Jean-Baptiste Fra © Pierre Beteille

Comment définiriez-vous la musique de John Williams pour les « Star Wars »?

Ce sont des partitions très « chevaleresques ». John Williams ne vient pas de nulle part. Il fait partie de la deuxième génération, après les Korngold, Steiner, etc., venus d’Europe, à avoir marqué la musique hollywoodienne. Son héritage classique est très fort. Ses couleurs viennoises sont proches de celles de Mahler et Wagner.  Les grandes aventures en plusieurs épisodes auxquelles il a collaboré sont un peu le « Ring » du XXe siècle, avec de la modernité.

John Williams et Hans Zimmer sont aujourd’hui les stars des concerts et ciné-concerts dans les Zénith (1). Ne craignez-vous pas de tourner en rond en programmant à plusieurs reprises le premier ?

C’est la rançon du succès ! Un certain public a immédiatement envie d’entendre à nouveau les morceaux les plus connus du monument qu’est John Williams, cette incroyable machine à tubes. Mais il y a d’autres grands compositeurs comme Danny Elfman ou Alexandre Desplats, qui ont pris le relais depuis pas mal d’années. La musique évolue, l’électronique joue son rôle mais la tradition symphonique est toujours là.

Votre proximité avec le cinéma ne s’arrêtera pas, cette saison, au concert du Zénith…

Non. A la Halle aux Grains, le 25 février 2027, Josep Pons dirigera l’Orchestre du Capitole dans un concert où Nino Rota aura la part belle avec des extraits des musiques du « Guépard » et de « La Strada ». Et les 25 et 26 mars, Frank Strobel proposera un programme intitulé « Il était une fois…Michel Legrand ». Ce sera un événement à plus d’un titre grâce à la participation de l’ami et biographe du musicien, Stéphane Lerouge. Il nous proposera pas mal de surprises et d’inédits, dont deux chansons jamais données en public. On entendra également la voix de Michel Legrand. Et des musiciens ayant collaboré avec lui seront présents.

Ciné-concert « Star Wars : L’Empire contre-attaque », jeudi 24 septembre à 20 heures au Zénith de Toulouse. Tarifs : de 19 à 72 euros.

(1) Le Zénith proposera The World of Hans Zimmer le 5 novembre, Disney en concert le 20 novembre, Eric Serra Live le 25 novembre, Les Musiques de John Williams et Hans Zimmer en concert symphonique le 14 février. Et un seul autre ciné-concert sur « Harry Potter et le prince de sang-mêlé », le 28 décembre… mais sans l’Orchestre du Capitole !

Jean-Marc Le Scouarnec 

Billetterie en ligne

Orchestre national du Capitole

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