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La Langue des Signes au cœur de « Celui qui voit » à Toulouse

by Ines Desnot

Le 12 septembre 2026, le théâtre Garonne proposera deux représentations de Celui qui voit, nouvelle création de Lucie Lataste, co-présentée avec le Festival Sign’Ô. Inspiré d’un texte de Jeanne Benameur, ce duo franco-libanais réunit le danseur Pierre Geagea et la chanteuse Leïla Zitouni dans une traversée où se rencontrent Langue des Signes, mouvement, musique et poésie.

Au théâtre Garonne, la saison 2026-2027 s’ouvre notamment sous le signe du dialogue entre les langues et les disciplines. Avec Celui qui voit, Lucie Lataste poursuit le travail mené depuis plusieurs années au sein de la Compagnie DDS, fondée à Toulouse en 2009. Metteuse en scène, danseuse, comédienne et tradaptatrice en Langue des Signes Française, l’artiste développe une écriture scénique hybride dans laquelle les mots, les gestes et les corps se répondent.

Pour cette création 2026, coproduite par le théâtre Garonne, elle collabore avec deux interprètes aux pratiques différentes. Le danseur libanais Pierre Geagea prend en charge la chorégraphie et la Langue des Signes, tandis que Leïla Zitouni porte le chant. Ensemble, ils forment un duo à la croisée du théâtre, de la danse et de la musique. Le spectacle sera présenté pour la première fois à Garonne, dans le cadre d’un co-accueil avec le Festival Sign’Ô, le 12 septembre prochain.

Une femme traverse le désert

À l’origine de Celui qui voit se trouve L’exil n’a pas d’ombre, un texte poétique de Jeanne Benameur publié en 2019. L’ouvrage raconte la marche de deux êtres qui ont quitté leur village et traversent le désert en direction de la mer. Lucie Lataste en reprend ici la trame et la transpose sur scène.

Au centre du récit se tient une femme, seule lectrice de son village. Après la destruction de son livre, elle décide de partir et de franchir le désert. Un homme marche à sa suite et chante derrière elle. Progressivement, celui qui suit devient celui qui regarde, capable de saisir autrement ce qui l’entoure. Concrètement, le spectacle pose une question simple : comment retrouver les signes disparus quand tout a été déchiré ?

Plus qu’une adaptation

Avec l’adaptation du récit de Jeanne Benameur, Lucie Lataste ne cherche pas seulement à traduire un texte littéraire. Son travail repose sur un processus de création mené en Langue des Signes, pensée comme l’un des langages constitutifs de la représentation. Le signe participe ainsi pleinement à la dramaturgie, au même titre que le chant, la lumière ou la composition musicale.

À travers l’histoire de ces deux êtres en déplacement, Celui qui voit relie plusieurs motifs présents dans le texte de Jeanne Benameur : le départ, l’écriture et la possibilité de faire naître de nouveaux mondes. Lucie Lataste les traduit dans une forme scénique fondée sur la circulation entre les modes d’expression. Lorsque le livre n’est plus là, le signe, le geste et la voix prennent le relais.

théâtre Garonne
Samedi 12 septembre 2026
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