ACTUALITÉ
Paul Lay et le choeur Les Eléments / Joël Suhubiette
C’est l’un des projets musicaux les plus singuliers du moment : le pianiste de jazz Paul Lay et le chef du chœur Les Eléments Joël Suhubiette ont réuni leurs forces créatives sur « Waves of light », album et spectacle sur le thème de la lumière.
Lire la suite
Presque trentenaire, le chœur toulousain Les Eléments n’est pas du genre à ronronner. En témoigne à nouveau « Waves of light », associant 17 chanteurs de la formation toulousaine et le trio de Paul Lay, sur des compositions de celui-ci et des textes des poètes Emily Dickinson, Victor Hugo, Henry David Thoreau et Pablo Neruda. « La lumière en est le fil conducteur, indiquent ses concepteurs : lumière divine et sacrée, mais aussi lumière intime, traversée de ses ombres de révélation, puissance spirituelle et expression de la dualité entre clarté et obscurité. » Le résultat est puissant et toujours surprenant, à la fois d’un lyrisme fou et d’un swing absolu. Paul Lay nous en explique la genèse.
Avant d’envisager la création de « Waves of light », quelle était votre approche de la musique chorale ?
Paul Lay : Même si j’ai commencé par le piano, j’ai toujours été très sensible aux chansons, à l’aspect vocal de la musique. Dans ma jeunesse, j’essayais de retrouver sur le clavier les mélodies entendues à la radio ou sur disque. Et quand j’ai commencé à improviser, cela partait toujours d’un chant intérieur. A l’adolescence, je me suis familiarisé avec l’aspect massif des chœurs en écoutant des œuvres comme les « Passions » de Bach, « Lux aeterna » de Ligeti ou « O sacrum convivium » de Messiaen. Côté jazz, j’adorais les groupes vocaux The Swingle Sisters et Double Six. Un album de l’Américaine Mary Lou Williams, « Black Christ of the Andes », mélangeant un chœur gospel et un trio de jazz, a beaucoup compté pour moi avant que je me lance dans le projet « Waves of light ».
Quel genre de musique écoutaient vos parents ?
Un peu de tout mais avec une prédilection pour la pop anglaise, d’Elton John à Supertramp en passant par Joe Cocker et Eric Clapton. Du jazz aussi avec Ella Fitzgerald notamment. A l’adolescence, j’ai été marqué – c’est un peu bateau – par « Thriller », de Michael Jackson et les albums funk de Earth, Wind & Fire.
Qu’est-ce vous a incité à travailler avec Joël Suhubiette ?
Pour l’anecdote, nous sommes tous les deux natifs d’Orthez. Nous ne sommes pas de la même génération (Paul Lay a 41 ans, Joël Suhubiette 64 ans, NDLR) mais je connaissais ses parents car ils s’occupaient d’un cinéma art et essai où je me rendais souvent. Lors du confinement, un ami commun nous a réunis. Et l’on s’est rendu compte que chacun avait suivi la carrière de l’autre et qu’on s’estimait mutuellement. Pour « Waves of light », on s’est vite mis d’accord sur l’envie d’un écrin harmonique d’une grande force expressive et sur le choix de textes à mettre en chansons sur le thème de la lumière.
Quels traits de caractère et champs artistiques avez-vous en commun ?
Les projets qui nous stimulent sont singuliers, inédits. Et notre monde sonore, pourtant intime, est commun. Notre désir de liberté est toujours vif avec, dans le cas présent, 95% de musique écrite et 5% d’improvisation.
N’avez-vous pas été intimidé par l’ampleur du projet « Waves of light » ?
Pas trop. J’adore les défis. Et avec l’expérience, on apprend à définir ce qu’on sait faire à 100% ou bien moyennement ou alors pas du tout ! J’ai bien sûr eu des moments de doute mais je me suis dit à chaque fois : il faut foncer. La priorité était leur musicalité. Et aussi, et c’est très basique, le fait qu’ils ne soient pas trop longs et qu’ils puissent se structurer comme une chanson. Dans l’écriture, j’ai été très vigilant sur l’équilibre des forces afin que le trio ne soit pas écrasé par la masse du chœur. A trois contre dix-sept, on ne fait pas le poids ! Une partie de la solution est venue de Joël, qui m’a suggéré de faire sonner le chœur comme un big band. Je trouve que cela fonctionne très bien y compris dans les respirations swing du trio.
Outre vos compositions figurent deux œuvres de Bach (« Weinen, klagen, sorgen, Zagen ») et Purcell (« Hear my prayer, o Lord »). Pourquoi ces deux-là ?
Ce sont deux œuvres incontournables du répertoire choral dont l’aspect spirituel est très fort. Celle de Purcell, d’une grande profondeur, est aussi d’une extrême modernité. Nous l’avons jouée de façon conventionnelle puis j’en ai gardé la ligne mélodique pour en donner une version « gospélisante ». Ce format permet toutes sortes d’expérimentations…
Album « Waves of light (Libellule Records), enregistré il y a un an au théâtre de la Cité, à Toulouse. Concert du chœur Les Eléments, dirigé par Joël Suhubiette, et du trio Paul Lay (piano), avec Donald Kontomanou (batterie) et Clemens Van Der Feen (contrebasse).
Lire Moins
Présentation
« Un instrument de haut niveau au service de la musique vocale » Depuis sa création en 1997 à Toulouse, du répertoire ancien à la création contemporaine, le chœur de chambre les éléments poursuit, sous l’impulsion de son fondateur Joël Suhubiette, un projet musical exigeant.
Lire la suite
Ensemble de l’année aux Victoires de la Musique classique en 2006, le chœur de chambre est régulièrement remarqué par la critique pour sa capacité à maitriser les différents répertoires, porté par la précision et la conviction de Joël Suhubiette, toujours soucieux « de conjuguer fidélité au texte et émotion ». Emmanuel Krivine, Jérémie Rhorer, Louis Langrée, Josep Pons sont parmi les chefs d’orchestre de renom qui apprécient de collaborer avec l’ensemble, lui reconnaissant « souplesse et disponibilité » autant que « beauté de son, pureté et transparence».
L’Opéra Comique et le Théâtre des Champs-Elysées le sollicitent également pour des productions scéniques. Chaque saison, les éléments se produisent ainsi à Paris et sur les principales scènes françaises, dans les festivals, et bien sûr, à Toulouse et dans la région Occitanie où le chœur de chambre est accueilli en résidence à Odyssud-Blagnac depuis 2001 et à l’Abbaye-école de Sorèze depuis 2006. Il se produit aussi à l’étranger, au Canada, aux Etats-Unis, au Liban, en Tunisie, en Espagne, au Portugal, Italie, Allemagne, Grèce, Suisse…
Sous la direction de Joël Suhubiette ou invités au disque par d’autres chefs, les éléments enregistrent la polyphonie ancienne a cappella, les grands oratorios baroques et classiques, les œuvres des XXème et XXIème siècles pour les maisons de disque L’empreinte digitale, Hortus, Virgin Classics, Ligia Digital, Naïve et Mirare. En 2019, le Ministère de la Culture, dans le cadre de son programme national pour le rayonnement de l’art vocal, a désigné le chœur de chambre les éléments comme Centre d’Art Vocal pour la région Occitanie. Le chœur de chambre les éléments développe ce Centre d’Art Vocal en s’appuyant sur son projet artistique et pédagogique et en collaboration avec l’ARPA, mission voix en Occitanie. Le chœur de chambre les éléments est un ensemble conventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication – Direction régionale des affaires culturelles Occitanie, par la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée et par la Ville de Toulouse. Il est subventionné par le Conseil Départemental de la Haute-Garonne.
Il est soutenu par la SACEM, la SPEDIDAM, l’ADAMI et Musique Nouvelle en Liberté. Les éléments sont membres de la FEVIS, du PROFEDIM, de Futurs Composés et de Bureau Export.
Lire Moins
