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Shakespeare à Toulouse : « La Nuit des rois » dans une version contemporaine
Classique parmi les classiques, La Nuit des rois de William Shakespeare revient sur scène au ThéâtredelaCité dans une nouvelle création portée par Galin Stoev. Une relecture contemporaine qui s’appuie sur une traduction inédite et une approche sensible du désir, du trouble et de l’identité.

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Pièce emblématique du répertoire shakespearien, La Nuit des rois ou Tout ce que vous voulez explore les jeux du cœur et les illusions du désir. L’histoire se déroule en Illyrie, territoire imaginaire où les repères vacillent. Une jeune femme, Viola, échoue sur une côte inconnue et choisit de se travestir en homme pour survivre.
Ce point de départ simple devient rapidement un labyrinthe affectif. Les sentiments circulent, se déplacent, se confondent. Les personnages aiment sans toujours savoir qui ils aiment, ni pourquoi. Le trouble devient moteur dramatique. Dans cette nouvelle version présentée à Toulouse, le metteur en scène Galin Stoev s’appuie sur une traduction d’Olivier Cadiot, pensée pour rapprocher le texte du présent. Cette adaptation cherche à rendre la langue plus directe, plus accessible, tout en conservant la richesse du matériau original.
Une pièce sur le désir et ses contradictions
Contrairement à d’autres œuvres de Shakespeare, La Nuit des rois se distingue par son absence de véritable enjeu politique. Ici, tout se joue dans l’intime. Les conflits sont affectifs, presque intérieurs. Le spectacle met en lumière cette dimension. Le désir y apparaît comme une force paradoxale : il attire autant qu’il désoriente. Chaque personnage projette ses attentes sur les autres, souvent à contre-sens.
Viola, en se faisant passer pour un homme, devient un miroir pour les fantasmes et les sentiments des autres figures. Ce jeu de projections, central dans la pièce, trouve aujourd’hui une résonance particulière. Les questions d’identité, de genre et de représentation y sont abordées avec une étonnante modernité.
Une mise en scène au service des acteurs
Galin Stoev poursuit ici son exploration des grands textes à travers des formes épurées. Sa mise en scène privilégie la lisibilité du jeu et la présence des comédiens. La distribution réunit une troupe solide, mêlant visages reconnus et jeunes interprètes. Sur scène, les corps et les voix deviennent les principaux vecteurs du récit. Le décor, les costumes et la lumière accompagnent sans surcharger.
Ce choix permet de recentrer l’attention sur les relations humaines. Les malentendus, les élans amoureux et les retournements prennent une dimension presque palpable. Le théâtre redevient un espace de jeu, au sens le plus simple et le plus direct.
En bref, dans cette création, le ThéâtredelaCité ne cherche pas à moderniser à tout prix. Il s’agit plutôt de faire entendre le texte autrement, en le rapprochant des sensibilités contemporaines. La traduction joue ici un rôle essentiel, en offrant une langue claire sans effacer la complexité des enjeux.
du mardi 19 mai au samedi 30 mai 2026
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Saison 2025/2026 • avril à mai 2026
Présentation
Et si on gardait le meilleur pour la fin
MégaCité marque, à plus d’un titre, la fin d’un cycle au ThéâtredelaCité. Conçu dans l’esprit d’un grand final artistique et fédérateur, MégaCité réunit une sélection, d’artistes et compagnies aimé∙es ayant marqué de leur empreinte singulière le chemin parcouru. MégaCité n’est donc pas un label, pas une distinction honorifique, mais plutôt une occasion pour nous de rendre à ces artistes et camarades de route un peu de ce qu’ils nous ont donné. De prendre le temps de revenir ensemble, hôtes comme invité∙es, sur les années partagées et les engagements réciproques. Pour mieux se quitter, dans le plaisir et sans nostalgie.
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MégaCité, c’est donc aussi logiquement une manière joyeuse de « boucler la boucle » : la conclusion d’un chapitre qu’on pourrait résumer en trois mots simples adressés aux artistes fidèles de ces dernières années, aux équipes à l’oeuvre – dans et hors les murs – et bien sûr aux publics toujours au rendez-vous : « Bravo, merci et au revoir ». Cette dernière programmation, nous l’avons en effet conçue comme une façon de rendre hommage à la qualité du travail accompli ensemble et d’exprimer notre reconnaissance devant la richesse des collaborations mises en œuvre. Sans que rien ne soit joué d’avance, sans automatismes ni passe-droits, certain∙es artistes sont en effet devenu∙es peu à peu essentiel∙les à ce théâtre, au gré de la découverte mutuelle, des rencontres renouvelées et des expériences communes. Leur fidélité, leur engagement et la volonté en retour du ThéâtredelaCité de croire en chacun∙e, de défendre leurs spectacles, de parier sur la durée, sur la confiance (sur l’éventualité de l’échec aussi parfois), de les programmer une fois, deux fois, plusieurs fois, ont permis que se construisent et s’installent des relations solides, non seulement avec le lieu, mais de façon encore plus essentielle avec vous, public toulousain. Vous avez été au rendez-vous et suivi avec confiance et enthousiasme ce voyage.
Dans la continuité de ces échanges, les auteur∙rices, créateur∙rices, metteur∙ses en scène, comédien∙nes que valorise MégaCité sont donc les mêmes qui ont contribué à façonner le style et l’identité du ThéâtredelaCité d’aujourd’hui : un lieu ouvert et populaire ; un outil amélioré d’incubation créative, de coopérations multiples, sensible à la diversité des esthétiques, à la pluralité des disciplines et surtout ancré, de façon dynamique, dans ses missions de Centre Dramatique National comme dans des partenariats vivants sur le territoire. Se rappeler l’origine du projet, mesurer la traversée aux traces qu’on laisse derrière soi et mettre en relief les plus belles expériences ayant jalonné le parcours, voilà l’envie enthousiaste derrière MégaCité : un dernier moment pour (re)donner à voir et à entendre toutes celles et ceux qui ont nourri ces huit saisons de leur talent et de leur générosité.
Nous prendrons donc soin de vous (re)présenter les artistes avec qui nous allons vivre MégaCité. Artistiquement, ce chemin parcouru ensemble peut se lire en premier lieu comme un grand MERCI, mais il ouvre aussi humainement sur la dernière étape d’une grande et belle aventure.
Galin Stoev et Stéphane Gil
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