Si Axelle Red a déjà marqué plusieurs générations avec sa musique, l’artiste belge n’a pas dit son dernier mot. Elle s’apprête à sortir un nouveau single en septembre, avant de dévoiler un album complet en mars 2027. Le public y retrouvera l’ADN qui a fait son succès : des textes engagés et un style inimitable, à la croisée des influences. Les mélomanes de la Ville rose seront même les premiers de l’Hexagone à pouvoir entendre des extraits du projet, en live ! L’auteure-interprète est attendue sur la scène de la Halle aux Grains, le 4 juillet 2026, à l’occasion du Festival de Toulouse. Dans ce cadre, Culture 31 a échangé avec ‘l’artiviste’.

À seulement 14 ans, Axelle Red faisait ses premiers pas dans la musique avec le titre « Little Girls », sous le nom Fabby. Ainsi, un rêve d’enfance commençait déjà à prendre forme, avec un single à contre-courant de ce qui se faisait à l’époque. Derrière ce style naissant, un mélange d’influences issu de ses propres découvertes et des albums glanés par sa mère. « Ma maman était une sorte de DJ. Elle enregistrait des ‘tapes’ pour des discothèques et avait donc une énorme collection de musiques soul et quelques musiques françaises. En fait, il y avait un peu de tout », relate l’artiste.
Remarquée par une pointure dès ses débuts
Très vite, elle enregistre des maquettes, qui arrivent aux oreilles de Mick Ronson, guitariste de David Bowie et Lou Reed. Il se rend alors en personne chez la jeune Axelle Red et le duo commence à s’atteler à la tâche. Seulement, le directeur du label trouvé à Londres par le binôme n’est finalement pas « un gars correct », et la signature du contrat est annulée. Peu après, Mick Ronson décède et leur projet d’album tombe à l’eau. L’artiste poursuit malgré tout son chemin dans la musique et rencontre progressivement le succès en Belgique et en France.
Rompre avec l’attente, se connecter avec un public
Sorti en 1993, son premier album, « Sans plus attendre », marquera d’ailleurs un tournant. Au sein de ce projet, un titre incontournable de son répertoire, baptisé « Sensualité ». Plus qu’un morceau populaire, un tube précurseur, bien avant #metoo. « C’est elle qui décide si c’est de l’amour ou du désir, et elle dit littéralement ‘ouh, stop, un instant’. Ça veut dire qu’elle est pleinement consciente dans l’action et que c’est elle qui dirige », souligne son autrice et interprète. L’artiste belge voit d’ailleurs ce morceau comme une réponse au titre « Sexual Healing » de Marvin Gaye, en prenant le contre-pied des paroles du chanteur américain.
La pérennité assurée pour « Sensualité »
Aujourd’hui, « Sensualité » continue de résonner auprès du public, mais aussi des artistes. Le tube des années 90 a été repris par Clara Luciani, Julien Doré, Jok’Air, ou encore Dua Lipa ! Des hommages qui honorent Axelle Red, pour qui la pérennité du morceau s’explique aussi par son sens : « Je ne pense pas que les gens la chantent en se disant ‘tiens, je vais chanter une chanson engagée’. Mais dans le subconscient, les paroles sont justes ». Son style à mi-chemin entre la chanson, la pop et la soul complètent la recette de cette œuvre intemporelle. En bref, la patte Axelle Red laisse son empreinte !
« Quand j’écris un album, je veux que ça raconte quelque chose »
Du reste, son parcours est loin d’être jalonné d’un seul succès. « Parce que c’est toi », « Rester femme », « Manhattan-Kaboul » et tant d’autres ont marqué sa carrière. Mais l’artiste ne réfléchit pas par titre, elle pense par album. « Je n’aime pas isoler un titre. Je travaille des albums : je les compose, je les écris. Et quand j’écris un album, je veux que ça raconte quelque chose, que ça porte un message, non seulement pour moi, mais pour les autres », explique-t-elle. Porter des messages, c’est en effet dans l’ADN d’Axelle Red, qui se décrit elle-même comme une « artiviste ».
Le sens derrière la mélodie
Une identité qu’elle conserve évidemment pour son nouveau projet, un album baptisé à sortir en mars 2027. À la manière d’un conte de fée, cet opus est pensé pour attirer les gens avec une jolie mélodie, tandis qu’une réflexion sociétale est exposée en toile de fond. « J’avais besoin de ça, et je pense que le public aussi. En fait, il y a beaucoup de sagesse dans l’album, mais de la sagesse avec une note très positive. Je pense avoir plus d’impact pour changer les choses de cette façon, plutôt qu’avec un ton grave », mentionne la chanteuse.

Une artiviste à contre-courant des modes
Féministe et humaniste avant tout, l’artiste se bat « pour toutes les causes ». Contre le racisme, le sexisme, l’individualisme, l’âgisme, et de nombreux ‘ismes’. Une démarche qu’elle défend depuis des décennies, à travers son art et en dehors. En revanche, d’un point de vue musical, l’album à venir promet d’offrir une écoute encore différente de ses projets antérieurs, et différente de ce qui sort sur les plateformes et inonde les ondes. « Je n’ai jamais couru après ce qui est à la mode, ni avec mes thèmes, ni avec ma façon de m’habiller, ni avec ma façon d’être. Je suis hors temps », illustre Axelle Red.
De premiers extraits joués en exclusivité à Toulouse
Le public toulousain aura d’ailleurs l’opportunité d’écouter de premiers extraits de l’album lors de son unique concert de l’été, qui marque aussi son retour sur la scène française depuis le Covid. Le rendez-vous est donné le 4 juillet 2026 à la Halle aux Grains, dans le cadre du Festival de Toulouse. Un retour sur des terres avec lesquelles elle entretient un lien spécial, puisqu’une partie de son premier album a été enregistrée à Péchabou (à moins de 30 minutes de la Cité des Violettes). « Je la trouve incroyable, cette ville rose saumon ! », s’enthousiasme Axelle Red, que le public devrait accueillir avec le plus grand des enthousiasmes.
