Tugan Sokhiev dirigeant la symphonie Leningrad, le Magnificat de Bach dirigé par Laurence Equilbey, le piano de Sokolov,ou de Kantorow, ou de Martha Argerich, et Chucho Valdès, la contrebasse de Avishai Cohen, le violoncelle de Gautier Capuçon, le Requiem de Verdi, celui de Mozart et le Stabat Mater de Vivaldi se comparant à celui de Pergolesi, et d’autres références d’œuvres et d’artistes, Pichon, Jaroussky, Minkowski tout aussi prestigieux, tout cela, c’est dans la brochure de Grands Interprètes saison nouvelle. Profitez-en.
Les festivités débuteront en fanfare on pourrait dire en trompettes, le lundi 12 octobre, avec la Messa da requiem de Giuseppe Verdi, qui montre d’une manière fracassante l’opposition entre la vie et la mort. Tout y est d’une noblesse et d’une intensité incomparables. Pour atteindre un tel but, toutes les forces nécessaires seront là, dirigées par Jérémie Rohrer, avec le Chœur enchanteur Orfeón Donostiarra, les musiciens du Cercle de l’Harmonie et le quarteron de solistes désignés.

Poursuivons questions infos. Retour du Chamber Orchestra of Europe dirigé par Sir Antonio Pappano, un chef, un très grand, pour la première fois à la Halle et donc nous voilà ravis de l’avoir dans un programme riche, qui débute par le Concerto pour piano et orchestre n° 1 de Brahms avec au clavier ni plus ni moins que l’immense Alexandre Kantorow, et se poursuit avec la captivante Symphonie n° 7 de Dvorak. C’est pour le jeudi 5 novembre.

Grâce au retour à la Halle d’un très Grand du piano, j’ai nommé Nikolaï Lugansky, nous voilà en plein émoi romantique. Deux compositeurs immergés dans cet océan sont au programme, Robert Schumann et Frédéric Chopin. C’est pour le mardi 17 novembre.
Continuons sur les récitals que de piano. Sautons au lundi 31 mai avec une gloire de retour à la Halle. Et comme d’habitude, vous ne choisirez pas pour le programme. Il faudra attendre. De toutes les façons vous y serez. On vient et on revient pour Grigory Sokolov.
Vous ne raterez pas non plus une habituée maintenant de Grands Interprètes. J’ai nommé Khatia Buniatishvili. Et là aussi, comme pour Sokolov, vous serez à la Halle le vendredi 26 février même si au moment où paraît la brochure, le programme n’est pas définitif. Peu importe.

Revenons aux œuvres orchestrales. Le phare sera bien le concert du jeudi 15 avril. Tugan Sokhiev dirige. Le concert débute par un Concerto pour violon et orchestre de Mozart, le n° 5. À l’archet, une des plus grandes, Julia Fischer. Le monument musical qui suit, la Symphonie n° 7 « Leningrad ». Le compositeur ? Dimtri Chostakovitch. Une vraie secousse. Les musiciens sont ceux de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Grande soirée en perspective.

Le Cycle va accueillir pour la première fois en France, et à la Halle, le vendredi 30 avril, l’Orchestre symphonique américain de San Diego. Il sera dirigé par son directeur musical, Rafael Payare. Le maestro vénézuélien C’est un poussin du fameux programme El Sistema où il a commencé corniste. Il est chef attitré de l’Orchestre symphonique de Montréal depuis 2022, et de plus, directeur artistique jusqu’en 2032. C’est un programme fourni et très “excitant“ dans lequel on retrouve le violoniste Leonidas Kravakos, déjà applaudi ici même. Il interprète le Concerto pour violon et orchestre n° 1 de Chostakovitch. Suivront les fameuses Danses symphoniques tirées de West Side Story de Leonard Bernstein. En clôture, la Suite de l’Oiseau de feu d’Igor Stravinsky : un vrai festival de musique. Et même une petite découverte assurément, en ouverture du concert, une page intitulée Kauyumari (2021) d’environ huit minutes, de la compositrice mexicaine Gabriela Ortiz.

Un fil rouge dans cette saison ? peut-être le bicentenaire de la commémoration de la mort de Ludwig van Beethoven, un 26 mars 1827. Ce sera un concert en date du vendredi 19 mars. Il est dirigé par Raphaël Pichon, au sommet de la direction d’orchestre pour une œuvre orchestrale et chorale. Il dirige maintenant des phalanges du niveau du Berliner Philharmoniker et même du Concertgebouworkest ! La pièce principale, c’est bien sûr l’iconique Symphonie n° 9 « Hymne à la joie » pour orchestre et chœur. Choristes et musiciens sont ceux de l’Ensemble Pygmalion. Sans oublier le quatuor adéquat de solistes. Le concert se complète avec des extraits des pages du Roi Etienne et des Ruines d’Athènes de Beethoven toujours.

On retrouve Beethoven à d’autres dates, et par exemple, le jeudi 28 janvier avec un concert de musique de chambre piano-violon. Les deux monstres sacrés en présence ne sont, ni plus, ni moins que Martha Argerich et Renaud Capuçon. Ils interprètent les trois sonates de Prokofiev, Schumann et la fameuse Sonate pour violon et piano n° 9 de Beethoven dite « À Kreutzer ».

Deux autres sommités du violon et du piano, j’ai nommé Serge Khachatryan et Alexandre Kantorow. Ils interprètent le mardi 2 février une série de sonates dont la n° 3 de Beethoven, mais aussi de Richard Strauss, Brahms et Debussy et enfin la Sonate pour violon et piano en si bémol mineur de Arno Babadjanian, compositeur qui fut le musicien le plus célèbre né à Erevan en Arménie soviétique et dont la musique témoigne de ses origines.
Enfin, plus rare, des œuvres pour piano et violoncelle par nos deux musiciens “5 étoiles“ Jérôme Ducros et Gautier Capuçon. De Beethoven, ils joueront 7 Variations pour violoncelle et piano sur un thème de La Flûte enchantée, mais aussi la Sonate n°3. Le concert se complète avec des pages de Richter, Dessner, Einaudi, Muhly, Montero et d’autres.
Jean-Sébastien Bach participe à la fête avec le retour ici même de Laurence Equilbey, après son triomphe il y a quelques semaines avec sa Messe en si mineur du Cantor. Bien sûr, les structures qu’elle a fondées l’accompagnent soit, le Chœur accentus et les musiciens sur instruments d’époque de l’Insula Orchestra. C’est pour le mardi 8 décembre. Pièce maîtresse du concert, le Magnificat, dans lequel le sublime se mêle à l’art populaire traditionnel. Deux Cantates religieuses complèteront le concert, Mache dich, mein geist, bereit BWV 115 et Gloria in excelcis Deo BWV 191. Cette dernière est la seule de JS Bach dont les titres et texte soient en latin.

Mozart répond aussi présent dans ce tour de table des incontournables. Et il ne vient pas les mains vides. C’est avec un certain Requiem et un autre immense chef-d’œuvre de la musique sacrée : la Messe en ut mineur KV 427, dite grande messe (1783) . Le Requiem, huit ans après, cette œuvre sublime sur laquelle plane la pâle inquiétude d’un adieu à la vie, enveloppée par tant de mystères et d’ombre. Pour défendre le tout, c’est entre les mains ou plutôt la baguette de Marc Minkowski, grand habitué du Cycle. Il dirige Les Musiciens du Louvre qui jouent sur instruments anciens et qu’il connaît si bien, les membres du Chœur Étésias et un quarteron de solistes au sommet. Ce sera pour le samedi 23 janvier.

Une véritable fête musique et chant peut-elle se concevoir sans Philippe Jaroussky ? Sûrement pas. Le voici donc en ce samedi 5 décembre avec, inséparable, son Ensemble Artaserse. C’est Antonio Vivaldi qu’il a choisi pour son concert à la Halle, un de plus, réjouissant ainsi ses admirateurs. Du “prêtre roux“ il a choisi le Stabat Mater au milieu de tant d’œuvres, découvertes début XXè, en lien avec la musique religieuse. Le concert se complète avec le Nisi Dominus et des arias d’opéras divers. On n’oublie pas qu’il fut l’un des compositeurs d’opéra les plus importants et les plus prolifiques de son époque. Trente années d’activité lyrique, un théâtre brûlant d’humanité mêlant divinement le tendre et le sublime, palpitant toujours de sa formidable intensité. Gelido in ogni vena du Farnace de 1731 vous le prouvera. Grâce au talent fou de Philippe Jaroussky.

Qui pourrait ne pas être d’accord avec Johann Adam Hiller, compositeur, chef d’orchestre (1728-1804) au sujet du Stabat Mater de Pergolesi ? « Aucune musique n’est capable comme celle de Pergolesi de m’émouvoir également du début à la fin, et qui n’en serait pas touché, qui resterait froid en face de cette musique ne mériterait pas le nom d’être humain. » Rendez-vous le mercredi 9 juin avec Le Concert de la Loge et son Directeur Julien Chauvin et les deux solistes, la soprano Julie Roset et la mezzo-soprano Adèle Charvet. Tous réunis pour cette page célébrissime de Pergolesi. D’autres pages de Geminiani (fin du baroque, disciple de Corelli), Vivaldi, et Haendel complèteront ce concert au sommet de l’art baroque.

Le jazz est bien présent cette saison, Grands Interprètes est allé chercher du côté du digne fils de son père Bebo, j’ai nommé Chucho Valdés qui revient à la Halle avec toujours son enthousiasme renouvelé et sa générosité de pédagogue. Ce sera le lundi 25 avril. Lui aussi pianiste et compositeur et arrangeur, il incarne en particulier la fusion entre Cuba et l’Afrique. Incandescente, elle est aujourd’hui, notamment célébrée avec La Creación, oratorio intensément métissé. Il a Carte blanche avec son Royal Quartet (avec Horacio el Negro Hernández (batterie), José Armando Gola (contrebasse et basse électrique) et Roberto Junior Vizcaíno dit “Tato” (percussions).
Jazz toujours, Robin Mc Kelle a consacré toute sa carrière à explorer l’immensité de la musique américaine, de la country au rythm & blues. Avec son hommage à Ella Fitzgerald, l’artiste chevronnée renoue avec son premier amour : le jazz. Une forte nostalgie et le besoin d’un retour aux sources prégnant. Ella fut sa première introduction au jazz vocal.
Pour cette hommage, Robin fait appel à un tout nouveau trio de musiciens de jazz renommés : le batteur Kenny Washington, le bassiste Peter Washington, et le grand Kenny Barron au piano. C’est une chance inouïe de chanter à leurs côtés. C’est pour le samedi 13 mars.

Troisième cartouche côté jazz le lundi 15 février avec Avishai Cohen et son concert intitulé “Unbiblical“ dans lequel le célèbre contrebassiste va mêler ses compositions aux mots et poèmes de Leonard Cohen tirés du recueil The Flame. Il est accompagné par trois musiciens aux percu, guitare, piano et synthé et Talia Davidson au chant. Un hommage rendu au compositeur, musicien et poète Leonard Cohen.

Revenons sur quelques points d’informations. C’est la 41è édition pour ce Cycle qui donne de si belles soirées musicales incontournables à la Halle aux grains. Il y aura dix-huit dates tout au long de cette saison nouvelle 2026-2027. Les habitués du cycle connaissent bien les difficultés que peuvent rencontrer les responsables, du genre, mises au point de calendriers, ceux des artistes, mais aussi de la salle, des vacances, mais oui, et enfin, les contraintes budgétaires. Mais passion et ténacité et travail surmontent tout obstacle.
Rappelons qu’au départ, le cycle est né grâce à une association de jeunes téméraires toulousains. Celle-ci ne vit pas qu’en s’appuyant sur les subventions dites traditionnelles. Il lui faut trouver des mécènes, des moyens financiers qui permettent, tous les ans, d’assurer une nouvelle saison, d’où l’importance prise maintenant par le Cercle des mécènes de Grands Interprètes. Cercle auquel vous pouvez souscrire, avec en retour quelques menus avantages et le sentiment de participer à une très agréable aventure. Mais, le nerf de la guerre, c’est bien de fidéliser un public qui répond présent, et cette longévité le prouve. C’est une vraie reconnaissance.
Signalons encore que le cycle fonctionnait depuis sa création sur le système des abonnements afin de s’assurer d’un budget minimum d’entrée de saison. Ce système a beaucoup évolué, rendant la tâche plus facile pour tout amateur avide de concerts de ce niveau. Il faut motiver le mélomane qui se voit octroyé une réduction de plus en plus conséquente en fonction du nombre de soirées choisies. De plus, la même place peut lui être attribué à tous les concerts, chose à laquelle sont très sensibles une bonne partie des abonnés. Pas étonnant donc, que cela se bouscule dès la sortie de la brochure. Il faut neuf dates pour la réduction la plus intéressante soit 30%. On sait, de plus, que cette formule pousse tout un chacun à sortir de son cocon pour rejoindre la Halle. L’agenda est à jour, plusieurs mois à l’avance, ce qui aide à l’organisation.
Alors, quels sont les concerts qui vont assurer votre engouement pour la nouvelle saison et, qui sait, vous décider à franchir le pas d’un abonnement, ou entrer un pied dans le mécénat ? Chacune des dix-huit dates est à retenir en fonction de vos goûts personnels. L’éventail est très ouvert. Œuvres orchestrales, ou œuvres chorales en nombre, ou du chant, ou du piano, ou de la musique de chambre, ou des concerts se rapportant au domaine du jazz. Mais aussi vos préférences pour tel ou tel interprète. Des noms sont déjà connus de vous, ceux d’artistes fidèles que le public retrouve avec plaisir. D’autres sont présents pour la première fois, signe de curiosité nécessaire pour faire découvrir.
À vos agendas, dès le 6 mai 2026 !
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