ACTUALITÉ
Borda, entre chorégraphie des frontières et célébration du vivant au théâtre Garonne
Dans le cadre du festival DANSORAMA 2026, le théâtre Garonne accueille Borda. Une création chorégraphique de Lia Rodrigues, figure majeure de la danse contemporaine brésilienne. Présentée du mercredi 4 février 2026 au vendredi 6 février 2026, cette pièce collective explore avec profondeur et sensibilité les notions de frontières, de liens sociaux et de fluidité des identités, tissant une chorégraphie dansée qui fait dialoguer le poétique et le politique.

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Une broderie chorégraphique entre lisières et mouvements
Borda est une œuvre qui s’inscrit à la fois dans une histoire chorégraphique personnelle et un projet collectif ambitieux. Créé par Lia Rodrigues et son équipe, ce spectacle est porté par un collectif de neuf danseurs. Ils investissent l’espace scénique comme un tissu vivant où les corps et les matières dialoguent, se frottent et se transforment.
Le terme borda, en portugais, signifie à la fois broderie, bordure ou frontière. Il suggère non seulement la limite, mais aussi la texture des croisements possibles, des échanges et des circulations. Sur scène, les interprètes travaillent avec des matières, des costumes et des objets qui viennent enrichir des gestes chorégraphiques et des séquences visuelles riches en métaphores. Cette esthétique poétique transforme la scène en un espace de mutation et de métamorphose. Les corps et les formes semblent constamment en devenir.
Dans cette création, les frontières deviennent des territoires d’exploration. Elles ne séparent pas les éléments, mais les relient, les superposent et font émerger des configurations nouvelles. La scène de Borda est un organisme fluide où les mouvements s’entrelacent, se répondent et inventent une manière de « faire corps » ensemble, au-delà des divisions.
Engagement politique
Lia Rodrigues ne sépare pas son engagement social de sa pratique artistique. Originaire du Brésil, elle a fondé la Lia Rodrigues Companhia de Danças à Rio de Janeiro, notamment dans la favela de Maré. Elle conduit depuis plusieurs décennies un travail de création, d’enseignement et d’action culturelle au service des jeunes et des milieux populaires. Cette expérience sociale et artistique informe chacune de ses pièces. Y compris Borda, en donnant à la danse une dimension civique autant qu’esthétique.
Une œuvre inscrite dans un festival chorégraphique
La présentation de Borda à Toulouse s’inscrit dans le festival DANSORAMA 2026. Un temps fort consacré à la danse contemporaine qui investit plusieurs scènes de la métropole toulousaine, dont le Théâtre Garonne pour ouvrir la programmation. Ce festival met en lumière des créations chorégraphiques singulières et des parcours qui explorent la diversité des écritures et des sensibilités actuelles.
La pièce Borda est l’occasion pour les spectateurs toulousains de découvrir une création majeure d’une artiste dont le travail est reconnu à l’échelle internationale. Tout en inscrivant cette proposition dans une époque où les arts du mouvement questionnent de plus en plus les frontières sociales, géographiques et artistiques.
du mercredi 4 février 2026 au vendredi 6 février 2026
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Saison 2025/2026 • Théâtre
Édito
Ouvrir le paysage
Qu’est-ce que la beauté ? « Quelque chose qui nous emmène au-delà du simple regard », écrit Jean-Luc Nancy. L’art serait alors cette brèche dans l’espace, une percée de l’imaginaire par laquelle affleure un monde à la fois inconnu et pourtant familier. Une œuvre a ce pouvoir singulier:créer une ouverture à l’intérieur de soi.
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Essayer de voir ce qu’il y a derrière les choses — derrière les corps, les visages, les mots. Aller au-delà des formes, chercher un point de vue.Agrandir le champ, se rapprocher, ou au contraire, prendre du recul. Porter le regard loin devant, mais aussi se retourner. Regarder au-delà.
C’est ce que propose Ulla von Brandenburg avec Das Was Ist, installation qui a inspiré l’image de la saison en couverture de ce programme.Artiste entre deux mondes —le théâtre et les arts plastiques— elle incarne cette porosité entre les arts. Nous lui avons proposé un compagnonnage de trois ans, en lien étroit avec le musée des Abattoirs. Elle inaugurera la première édition de SCÉNO, temps fort dédié à la scénographie.
Sa présence souligne une conviction profonde: Garonne est avant tout un théâtre d’artistes. Un lieu où la création est centrale, avec tout ce qu’elle contient d’inattendu, de troublant, de stimulant. Les artistes sont des antennes sensibles, capables de capter les signaux du monde pour les transformer en formes nouvelles, en visions singulières sur le plateau.
Notre souhait au théâtre Garonne est de les accompagner au plus près. Cette saison, douze projets seront coproduits par le théâtre — soit presque la moitié de la programmation. Il nous semble essentiel de soutenir une grande pluralité de formes : naviguer entre danse, théâtre, performance, cirque, musique et arts plastiques. La moitié des artistes programmés cette saison se produiront pour la première fois à Garonne. Ils apportent à leur manière un souffle nouveau.
Et puisqu’il n’y a pas de théâtre sans public — que le public, par sa simple présence, fait advenir le théâtre — nous avons imaginé de nouvelles temporalités comme prolonger les séries ou inventer de nouveaux rendez-vous. C’est tout le sens des Avant-PremièresAvant Avignon : permettre au public de découvrir, mieux encore, de participer à l’éclosion des œuvres. Pour faire résonner aujourd’hui ce qui vibrera demain.
Les vingt-sept spectacles, venus des vingt-sept coins du monde, partagent— presque par hasard — des interrogations communes, des formats qui dialoguent: seul•es en scène, enquêtes, théâtres documentaires, spectacles à voir en famille, dispositifs vidéo-cinéma, autofictions, récits de justice, de résilience, scénographies vivantes.Et des expériences où le public devient acteur: cinq spectacles participatifs sont au programme, dont Ballet Jogging de Pierre Rigal, conçu pour cent cinquante joggeur•euses (passionné·es de course à pied, manifestez-vous!)
Ouvrir le paysage, c’est aussi élargir les alliances, renforcer les complicités à l’échelle de la ville, de la métropole, de la région. Je tiens à remercier ici tous nos partenaires : le ThéâtredelaCité, le Théâtre Sorano, Odyssud, La Place de la Danse, les Abattoirs, L’Usine, la Grainerie, la librairie Ombres blanches, le NeufNeuf, le Centre James Carlès, l’Université Toulouse Jean-Jaurès, lesÉditions Anacharsis, la Cinémathèque, le Cratère, le Centre culturel Bonnefoy, L’Escale,le Muséum, le GMEA, un pavé dans le Jazz, Music’Halles, Cinélatino,Marionnetissimo.
Au-delà du plaisir de faire ensemble, de partager nos enthousiasmes et de faire circuler les publics, ces collaborations prennent un sens vital dans un contexte budgétaire tendu. Les coupes que nous avons subies cette année fragilisent nos équilibres. Si elles devaient se prolonger, c’est tout le paysage du spectacle vivant à Toulouse qui en serait transformé. Il est nécessaire d’engager une réflexion collective. Imaginer, avec nos financeurs et partenaires, de nouveaux soutiens ou de nouvelles configurations possibles.
Ouvrir le paysage : quel étrange paradoxe du théâtre, qui, pour ouvrir l’horizon, aurait recours au plateau, un lieu clos par nature. Depuis les grecs, et bien avant eux dans les grottes, nous avons inventé des espaces pour qu’ils tiennent le rôle de seuil vers d’autres mondes. Nous sommes ici— publics et artistes — sur ce seuil. Et quelque chose peut s’ouvrir, à nouveau.
Aurélien Bory
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