Contactez-nous
Mardi 22 Octobre 2019

Théâtre du Capitole

Serge Lifar, le rénovateur du ballet français, à l’affiche du Théâtre du Capitole

Par Michel Grialou

Kader Belarbi, Directeur des Ballets du Capitole, a mis à l’affiche en ouverture de saison, deux ballets chorégraphiés par Serge Lifar, figure emblématique du ballet classique du XXè siècle. C’est parti pour six représentations sur la scène du Théâtre du Capitole à partir du 23 octobre. Le ballet Les Mirages suivra Suite en blanc.

 

Serge Lifar © Gaston Paris Roger-ViolletSerge Lifar © Gaston Paris Roger-Viollet

 

La soirée s’intitule Joyaux français. Les musiciens de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse sont dans la fosse dirigés, tout comme le plateau, par le chef Philippe Béran.

Au sujet de Serge Lifar : « S’il ne meurt pas, il va fleurir brillamment. » Serge de Diaghilev

Lire la suite...

Serge Lifar, né à Kiev en 1905, qui va fuir son pays, l’Ukraine et sa tourmente révolutionnaire, pour rejoindre Serge de Diaghilev à Monte-Carlo en 1923, intégrer sa troupe, subir la tyrannie du maître qui va le guider vers les sommets de la danse, tout en éprouvant une passion dévorante pour son talentueux “protégé“. De son côté, un jeune, pétri d’admiration pour son protecteur et formateur et qui, après avoir partagé un pan de sa vie, toute passion retombée, sera là lors de ses derniers instants, les vivant entièrement, présent dans les derniers soubresauts et soupirs, un Serge Lifar qui assurera, comme on dit, la toilette du mort, fera le nécessaire pour faire prendre le masque du mort, s’occupera des derniers instants jusqu’au cimetière dans l’île de Saint-Michel au large de la Place Saint-Marc, où Serge de Diaghilev repose depuis le 20 août 1929. Auparavant, Serge Lifar avait pris part à la dernière représentation des Ballets Russes à Vichy le 4 août 1929. On retrouvera alors le jeune prodige de la danse et futur choréauteur prolifique, à l’Opéra de Paris dès 1930 en tant que Premier danseur et Maître de ballet, jusqu’au  clash de 1958. Entre temps, trois années se seront passées à Monte-Carlo de 1944 à 1947, histoire de se faire momentanément oublier.

Sur une musique d’Édouard Lalo, tirée de Namouna, la Suite en blanc fut réglée en 1943, et resta longtemps un des ballets de son chorégraphe les plus aimés du public. À la base, Namouna est un ballet monté à l’Opéra de Paris en 1882 et qui resta longtemps au répertoire. Serge Lifar ne préféra pas le reconstituer et composa une œuvre personnelle, sans références aucunes. Version simplifiée de la riche partition de Lalo, huit études chorégraphiques sont les plus beaux fragments du ballet originel, mais elles sont dépourvues de tout lien d’action. Aucun livret, aucun scénario ne réunit ces numéros dansants destinés uniquement à mettre en valeur les qualités techniques de chaque membre du Corps de Ballet. Suite en blanc est une composition de danse pure, de “la danse pour de la danse“, avec une scène jamais vide, comme une sorte de mouvement perpétuel occupant l’espace. On a pu lire encore que Suite en blanc était en somme le dictionnaire de la danse académique de 1943, une sorte de bilan de l’évolution technique de la danse, dressé par Serge Lifar, à ce moment-là. Ce ballet n’est ici, qu’une cascade de pas éblouissants, d’enchaînements ingénieusement combinés, aux lignes droites, courbes, allongées, ne laissant pas une minute de distraction aux spectateurs.

 

Les Mirages © David Herrero
Les Mirages © David Herrero

 

En 1944, deux nouveaux ballets sont à l’affiche : Guignol et Pandore, sur une musique d’André Jolivet et, sur une musique d’Henri Sauguet, Mirages. Ce dernier, présenté en “répétition générale“ le 10 juillet 1944 avec Yvette Chauviré et Serge Lifar, ne fut créé à l’Opéra que trois ans plus tard, un 15 décembre 1947, avec Yvette Chauviré et Michel Renault, ajournement provoqué par les événements politiques du moment, ses accointances avec l’occupant étant pointées du doigt. Ce ballet, merveilleusement riche de substance chorégraphique et plastique, est classé dans la série des Ballets philosophiques de leur chorégraphe.

 

Claude Bessy et Serge Lifar dans Giselle © Studio Lipnitzki / Roger-ViolletClaude Bessy et Serge Lifar dans Giselle © Studio Lipnitzki / Roger-Viollet

 

Dans le rôle de la Femme, on relève qu’il fut mis alors en valeur par la beauté et la plastique de Claude Bessy. On peut lire : « Une Femme, jeune et belle, se montrait au loin. Après les Chimères, le duo avec la Femme, véritable chant d’amour passionné, était une des plus belles scènes du ballet. L’Homme, émerveillé, regardait la Femme se ployer entre ses bras. Dans sa variation, triomphante, il exécutait, transporté de bonheur, des soubresauts, des entrechats, des attitudes, le corps arqué, faisant des prouesses  de batterie et d’envol. Toutes les acquisitions nouvelles, dont Lifar avait doté la danse néo-classique, étaient présentées dans le pas de deux. »

Au bout de son voyage au royaume du rêve, l’Homme, qui vient d’en parcourir toutes les étapes : Mirages, Amour, Chimère, Fortune, retrouve sa compagne de toujours, son éternelle solitude. L’inoubliable crescendo final de la musique de Sauguet, qui monte au ciel comme le soleil, tandis que le somptueux palais de Cassandre se volatilise dans les airs, accentue encore la solitude de l’Homme, perdu, avec son Ombre dans l’immensité…

Certains ont écrit que Mirages était peut-être le ballet le plus poétique de Serge Lifar, le plus féerique, le plus allégorique.

 

Billetterie en Ligne du Théâtre du Capitole

Théâtre du Capitole
du 23 au 29 octobre 2019

 

 

 

Chaque nouvelle saison est une vraie aventure et une traversée, un pari fait sur la passion

Lors de la saison 2019/2020, seront réunis pour l’opéra sept ouvrages importants du répertoire : Norma, Dialogues des Carmélites, Parsifal, L’Élixir d’amour, Platée, Jenůfa, Mefistofele. L’éventail des époques est grand puisqu’à quelques jours d’intervalle notre public pourra entendre un des premiers opéras de l’histoire, le sublime Orfeo de Monteverdi, ainsi qu’une création de Marc Bleuse, L’Annonce faite à Marie.

De magnifiques metteurs en scène ont répondu présent à l’appel du Capitole : Anne Delbée, la grande dame du théâtre français, Olivier Py, Aurélien Bory, mais aussi Shirley et Dino.

Les meilleurs chanteurs aussi : Marina Rebeka, Karine Deshayes, Sophie Koch, Matthias Goerne, Ludovic Tézier, Angela Denoke et tant d’autres. Mais aussi, une jeune génération de chanteurs français, à qui nous confions de grands rôles et posons des défis prometteurs. C’est une de nos plus belles missions que de former ces jeunes artistes et vous en aurez un témoignage formidable avec le Platée dirigé par Hervé Niquet.

Pour la première fois depuis longtemps, le Ballet du Capitole participera à une production d’opéra. Pour ouvrir sa saison, Kader Belarbi, directeur de la danse, a choisi deux ballets de Serge Lifar. Après le retour attendu de Casse-Noisette pour les fêtes, hommage sera rendu à Toulouse-Lautrec avec une création unissant de nombreux talents.

Notre engagement auprès du jeune public est total et, encore une aventure, nous partirons avec Offenbach sur le Canal du Midi, artère légendaire de notre belle Occitanie.

Ouvert à tous, humain et chaleureux, vibrant et passionné, indifférent aux modes comme aux académismes de tous bords, tel est le Théâtre du Capitole !

 

Brochure 2019 / 2020

 

--------

 

Mécénat

 

Norma, le sommet du bel canto romantique italien (Michel Grialou)

Les innocents (Jérôme Gac)

Il était une fois… (Jérôme Gac) 

Du grand, grand Werther au Capitole (Michel Grialou)

Au Théâtre du Capitole, ça bouillonne tous azimuts (Michel Grialou)

Waslaw Nijinsky, l’artiste de génie, l’illustration même de la grâce (Michel Grialou)

Hommage et variations (Jérôme Gac)

Dans la solitude des scènes d'opéra (Jérôme Gac) 

Lucrezia Borgia : le flacon d'or pour Madame (Catherine Tessier)

Un tandem de luxe pour des mélodies françaises (Michel Grialou)

Lucrezia Borgia au Capitole : bel canto assumé mais sans le théâtre de Hugo (Hubert Stoecklin) 

Lucrezia Borgia, son énième époux, Alfonso, et un fils caché, Gennaro : quel trio, et quel opéra ! (Michel Grialou)

Lucrezia, portrait d'une empoisonneuse (Jérôme Gac)

Terriblement femme, et humaine, la Lucrezia Borgia de Donizetti n'est pas qu'une redoutable empoisonneuse (Michel Grialou)

Don Quichotte est à la fête (Léo Guichou)

Paul et Marietta (Jérôme Gac)

La magie de la Ville morte,  ou Die tote Stadt d'un certain Eriche Wolfgang Korngold (Michel Grialou)

Hommage à Noureev, monstre sacré de la danse (Léa Guichou)

Tous amoureux de Traviata et viva le Capitole ! (Hubert Stoecklin)

La Traviata : chanter ou être (Catherine Tessier)

Haendel vs Porpora (Jérôme Gac)

Ouverture de saison fracassante au Capitole avec la Traviata (Michel Grialou)

Du chant, du chant, du chant, que diable, on est au Capitole !!! (Michel Grialou)

Noces d'étain (Jérôme Gac)

Tel Aviv Fever : l'envers du ballet vu par Hillel Kogan (Léa Guichou)

Le crépuscule de Mozart (Jérôme Gac) 

La Clémence de Titus, véritable dernier opéra mozartien (Michel Grialou)

Dans une fusion androgyne et terrifiante, le couple des Macbeth réunit, à l'envers, le masculin et le féminin (Michel Grialou)

Béatrice Uria-Monzon fait son retour sur la scène du capitole (Régis Daro)

Au théâtre du Capitole : Noir, c'est noir (Michel Grialou)

Newsletter mai 2018 (Culture 31)

Aïda s'ouvre à l'Opéra et au Ballet (Robert Pénavayre)

12ème édition de Tous à l'Opéra (Robert Pénavayre)

Théâtre du Capitole : le temps du renouveau (Nicolas Coulaud)

"Le Capitole est une maison magnifique !" Christophe Ghristi (Robert Pénavayre)

Théâtre du Capitole : une saison de Gloires et Beauté (La Dépêche)

Norma

du jeudi 26 septembre au jeudi 10 octobre

Réservation

Dialogue des Carmélites

du vendredi 22 novembre au dimanche 1er décembre

Réservation

L'annonce faite à Marie

samedi 23 et dimanche 24 novembre

Réservation

L'Orfeo

jeudi 5 et vendredi 6 décembre

Réservation

Parsifal

du dimanche 26 janvier au mardi 4 février

Réservation

L'Élixir d'amour

du jeudi 27 février au vendredi 6 mars

Réservation

Platée

du samedi 28 mars au samedi 4 avril

Réservation

Jenüfa

du jeudi 7 au samedi 16 mai

Réservation

Mefistofele

du mardi 23 juin au jeudi 2 juillet

Réservation

Joyaux Français

du mercredi 23 au mardi 29 octobre

Réservation

A nos amours

samedi 2 et dimanche 3 novembre

Casse Noisette

du vendredi 20 au dimanche 29 décembre

Réservation

Toulouse Lautrec

du jeudi 28 mai au mercredi 3 juin

Réservation

Afrique(s)

du mardi 30 juin au vendredi 3 juillet