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Mercredi 17 Janvier 2018

Couvent des Jacobins

Rendez-vous avec la mort au Couvent des Jacobins !

Du 18 octobre au 14 janvier 2018 le Couvent des Jacobins accueillera sous son toit « Ci-je gis ! » une exposition et une performance théâtrale humoristique sur le thème de la mort interprété par le groupe Merci. Au programme une performance théâtrale, une exposition photographique et une simulation proposée aux Toulousains pour s’approprier l’idée de sa mort. 

«Je ne suis pas morte, je repose, nuance… » le 18 octobre les trépassés referont surface pour nous ressasser leurs histoires librement adaptées du répertoire La Mastication des Morts de Patrick Kermann. Déjà joué à Toulouse au Théâtre Garonne puis au Port Viguerie avec le TNT, les 38 comédiens de la compagnie toulousaine du Groupe Merci vont investir le Cloître des Jacobins à l’occasion transformé en cimetière. Le visiteur pourra alors librement s’arrêter au chevet des gisants et tendre une oreille à leur monologue funèbre. Dans le réfectoire du convent, une exposition photographique prendra forme peu à peu sous les yeux des spectateurs amenés à déambuler munis d’une lampe frontale.

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Une expérience unique et personnelle

«Il n’y aura pas deux spectateurs qui feront la même expérience. » affirme Marie Bonnabel, conservatrice du Couvent des Jacobins. «L’éclairage frontal des visiteurs engendrera une perception de l’exposition très différente. » Une atmosphère de catacombe pour le visiteur solitaire ou au contraire «plus éclairé » si le nombre de déambulants est important. «Ainsi un lieu que l’on pensait immuable, celui des Jacobins, pourra changer de physionomie. » Une immersion auditive accompagnera le spectateur dans sa déambulation. Une polyphonie de l’au-delà mêlant les voix des «défunts » en une litanie de citations extraites de l’œuvre de Kermann. Une expérience unique pour chaque spectateur.

Pour la dernière phase du « rituel », les volontaires pourront eux aussi «faire le mort » dans le cadre cérémoniel de la chapelle Saint-Antonin, transformée en atelier prise de vues. Les photographies viendront enrichir la galerie de portraits du réfectoire. Un jeu toutefois sans morbidité : «Il est hors de question de faire semblant d’être mort, précise Joël Fesel, un des fondateurs du Groupe Merci et responsable de la conception et de l’installation. C’est un instant où l’on réfléchit à notre propre disparition, venant rappeler le jeu de rôle des enfants. »

Un memento mori

«C’était important pour moi de faire percevoir aux visiteurs le rapport familier qu’avaient autrefois les habitants avec la mort. Explique Marie Bonnabel. Aujourd’hui nous avons mis la mort de côté. Les cimetières sont à l’extérieur des villes. Les personnes meurent dans les hôpitaux et non plus chez eux. Nous ne sommes plus prêts à y être confrontés. «Ci-je gis ! » a donc été un moyen de faire parler ce lieu sur le registre de la mort qui a été un des fondements du Couvent des Jacobins, ceci tout en restant dans l’esprit léger et humoristique du jeu. »     

Une visite passionnante, car au Couvent des Jacobins les morts ont le sommeil léger.

 


AU PROGRAMME :

Du 18 octobre au 14 janvier 2018 les morts prendront la parole au Couvent des Jacobins pour une installation photographique participative et une représentation théâtrale inédite.

Dialogue d’outre-tombe du 18 au 21 octobre et du 8 au 11 novembre à 20h30 : Une adaptation de la pièce La Mastication des morts de Patrick Kermann de 40 minutes au cloître.

Le cimetière de portraits du 18 octobre au 14 janvier : Déambulation au milieu d’une galerie de portraits taille d’homme.

Le Je(u) du transi du 20 au 22 octobre et du 10 au 11 novembre sur réservation dans la limite des places disponibles : Une expérience unique où les volontaires seront photographiés maquillés et habillés pour leur dernier grand rôle.

 Claire Eckersley

Ci-je gis !

du 18 octobre 2017 au 14 janvier 2018

Entrée sous réservation

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Le Couvent des Jacobins, ancien couvent des Frères Prêcheurs, est un magnifique exemple de construction monastique des XIIIe et XIVe siècles, entièrement réalisé en briques, véritable joyau de l'art gothique languedocien.

L'église est un monument exceptionnel empreint d'une profonde harmonie qui, en réalité, n'est qu'apparence. Cette très forte impression d'unité dissimule, de fait, une construction compliquée, réalisée en étapes successives qui répondaient à des besoins sans cesse renouvelés de l'Ordre des Frères Prêcheurs alors en pleine expansion.

Le contraste est spectaculaire entre l'aspect massif, voire austère, de l'extérieur et l'extraordinaire légèreté de l'architecture intérieure : une double nef est séparée par des colonnes de vingt-deux mètres de haut, d'où jaillissent, portées à vingt-huit mètres, des voûtes d'ogives qui se terminent par le rayonnement des nervures du gigantesque et célèbre palmier.

Des couleurs chatoyantes, habilement réparties entre valeurs froides et chaudes, font vibrer l'édifice sans nuire au rigoureux agencement des volumes et des surfaces. Cette atmosphère lumineuse reflète les aspirations d'une nouvelle génération de Frèrers Prêcheurs qui tout en respectant la volonté d'humilité de Saint Dominique, fondateur de leur ordre, imposent dans le dernier quart du XIIIe siècle, une esthétique nouvelle.

Les bâtiments monastiques de l'ancien couvent s'agencent selon un schéma qui a su se libérer de la stricte ordonnance des constructions de la période romane, édifiées sur le plan-modèle de l'abbaye de Saint

La salle capitulaire, le réfectoire, la sacristie ainsi que la petite chapelle funéraire, dédiée à Saint Antonin et décorée d'un ensemble de peintures murales du XIVe siècle unique à Toulouse, s'organisent autour du grand cloître, orné d'élégantes colonnettes et de chapiteaux en marbre à décor floral et animalier où s'illustre une production d'ateliers locaux que l'on retrouve dans les cloîtres bâtis à la même époque à Toulouse.

Le réfectoire, dans lequel sont organisées des expositions de prestige telle "Toulouse, sur les chemins de Saint Jacques" est un des plus amples qui ait jamais existé dans l'architecture monastique. C'est un splendide vaisseau long de 60 mètres, recouvert d'une charpente lambrissée, baigné de lumière qui pénètre par des baies à lancettes trilobées. Cette belle construction, décorée de motifs géometriques du XVe siècle, a été édifié sous le priorat du Frère Loup et achevée avant la Noël de 1303. C'est là que Gaston Phébus offrit un banquet fastueux au roi Charles VI et à sa suite lors de leur venue à Toulouse à la fin du XIVe siècle.