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Lundi 17 Juin 2019

Couvent des Jacobins

Une visite impromptue aux Jacobins

Par Anna Van Rhijn

« Impromptus Dansés », une expérience corporelle et artistique hors normes.
Jusqu’au 29 juin, le Couvent des Jacobins propose un instant de danse pour les visiteurs. Emmanuelle Broncin, danseuse et chorégraphe, met en lien la mémoire du lieu avec la mémoire du corps.

 

Impromptus Dansés • Emmanuelle BroncinImpromptus Dansés • Emmanuelle Broncin

 

Légèreté, grâce, et douceur sont les maîtres mots de cet atelier, ouvert à tous. Un projet qui tient particulièrement à coeur à sa créatrice, Emmanuelle Broncin, qui a une réelle envie de médiation. « Je me suis rappelée pourquoi je faisais de la danse : la transmission, le partage et le geste. » nous confie-t-elle, les yeux remplis de joie. Un véritable souhait de casser les codes, en faisant passer les visiteurs, de spectateurs à acteurs.

Un projet spontané et expérimental

« Impromptus Dansés » est un concept naissant. Il a d’abord commencé au Muséum d’Histoires Naturelles de Toulouse, où la chorégraphe décida de faire un travail autour de la correspondance corporelle, comment ressentir et incarner des milieux de vie. Ici, aux Jacobins, le lieu est plus propice à un moment sacré. Une liturgie dansée. En effet, tout se passe dans une petite chapelle, autour du cloître. Inutile de savoir danser pour participer. Ce sont des mouvements simples, de bras, de jambes, de tête. Des chaises sont placées au centre de la chapelle, nécessaires à certains gestes. De la musique douce et apaisante est émanée. La chorégraphie est mobile, et profite de tout l’espace, notamment en faisant déambuler lentement les participants, de part et d’autre de la pièce. Ainsi, on y admire les magnifiques fresques qui ornent la chapelle. Un public réactif au vu de leurs ressentis. «C’est une expérience qui m’a apaisé, et qui m’a permis de visiter autrement cette chapelle.», nous livre une touriste parisienne. Son amie ajoute, « Un moment de partage, où finalement nous n’avons pas de mal à lâcher prise, alors que nous ne connaissons personne. » Un désir qui semble finalement, porter ses fruits.

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Une danseuse chorégraphe au parcours exemplaire

Soucieuse de concrétiser ses projets, Emmanuelle Broncin prend un véritable plaisir à mettre en scène des individus, effrayés par le simple mot « danser ». Un nouveau souffle pour cette danseuse et chorégraphe qui a été, très tôt, sous les feux des projecteurs. Un cursus plus que respectable. Elle commence la danse à Rio de Janeiro, au Brésil. Très talentueuse, elle se fait une place à l’âge de treize ans au Conservatoire National Supérieur de musique et de danse de Paris. Trois ans plus tard, elle remporte le premier prix Lausanne, avant d’être engagée au Ballet de Hambourg. Après y avoir passé sept ans, elle décide de partir travailler avec le célèbre chorégraphe espagnol Nacho Duato. C’est après ces nombreuses transitions, dans des cultures toutes différentes, qu’elle revient en France, à l’Opéra de Lyon.  Retournée en Espagne peu de temps après, elle devient la directrice d’étude d’un conservatoire. Une carrière très riche, qui ne se termine pas là. Kader Belarbi, à la tête du Ballet du Capitole, était lui aussi, désireux de travailler avec elle. Elle est donc devenue maître de ballet au Capitole, pour Giselle entre autres. « Les grandes institutions m’ont coupé les ailes, à force » nous explique-t-elle. Pas à cause d’elles, mais plutôt d’un vrai besoin de réaliser un projet bien à elle. Sa propre création, ses propres choix, et ses propres envies. En investissant un lieu porté par l’histoire, elle espère bien au fil du temps, marquer les esprits.

 

Emmanuelle BroncinEmmanuelle Broncin

 

Informations pratiques : 

>  Les dates de Juin : 
Mercredi 5, Jeudi 6, Vendredi 7, Mercredi 12, Jeudi 13, Vendredi 14, Samedi 15, Mercredi 19, Jeudi 20, Vendredi 21, Samedi 22, Mercredi 26, Jeudi 27, Vendredi 28 et Samedi 29 Juin.
> de 14h00 à 17h00

 

 


Le Couvent des Jacobins, ancien couvent des Frères Prêcheurs, est un magnifique exemple de construction monastique des XIIIe et XIVe siècles, entièrement réalisé en briques, véritable joyau de l'art gothique languedocien.

L'église est un monument exceptionnel empreint d'une profonde harmonie qui, en réalité, n'est qu'apparence. Cette très forte impression d'unité dissimule, de fait, une construction compliquée, réalisée en étapes successives qui répondaient à des besoins sans cesse renouvelés de l'Ordre des Frères Prêcheurs alors en pleine expansion.

Le contraste est spectaculaire entre l'aspect massif, voire austère, de l'extérieur et l'extraordinaire légèreté de l'architecture intérieure : une double nef est séparée par des colonnes de vingt-deux mètres de haut, d'où jaillissent, portées à vingt-huit mètres, des voûtes d'ogives qui se terminent par le rayonnement des nervures du gigantesque et célèbre palmier.

Des couleurs chatoyantes, habilement réparties entre valeurs froides et chaudes, font vibrer l'édifice sans nuire au rigoureux agencement des volumes et des surfaces. Cette atmosphère lumineuse reflète les aspirations d'une nouvelle génération de Frèrers Prêcheurs qui tout en respectant la volonté d'humilité de Saint Dominique, fondateur de leur ordre, imposent dans le dernier quart du XIIIe siècle, une esthétique nouvelle.

Les bâtiments monastiques de l'ancien couvent s'agencent selon un schéma qui a su se libérer de la stricte ordonnance des constructions de la période romane, édifiées sur le plan-modèle de l'abbaye de Saint

La salle capitulaire, le réfectoire, la sacristie ainsi que la petite chapelle funéraire, dédiée à Saint Antonin et décorée d'un ensemble de peintures murales du XIVe siècle unique à Toulouse, s'organisent autour du grand cloître, orné d'élégantes colonnettes et de chapiteaux en marbre à décor floral et animalier où s'illustre une production d'ateliers locaux que l'on retrouve dans les cloîtres bâtis à la même époque à Toulouse.

Le réfectoire, dans lequel sont organisées des expositions de prestige telle "Toulouse, sur les chemins de Saint Jacques" est un des plus amples qui ait jamais existé dans l'architecture monastique. C'est un splendide vaisseau long de 60 mètres, recouvert d'une charpente lambrissée, baigné de lumière qui pénètre par des baies à lancettes trilobées. Cette belle construction, décorée de motifs géometriques du XVe siècle, a été édifié sous le priorat du Frère Loup et achevée avant la Noël de 1303. C'est là que Gaston Phébus offrit un banquet fastueux au roi Charles VI et à sa suite lors de leur venue à Toulouse à la fin du XIVe siècle.