Sophie Avon publie Les filles aux éditons Mercure de France. Le récit d’un duo amical à l’épreuve du temps.

Camille et Nina entrent en sixième. Un cap déterminant pour les deux amies. L’inconnu les attend. L’établissent regroupe à la fois les collégiens et les lycéens. Tout un monde grouillant où elles se sentent si petites. Si insignifiantes. Surtout Nina qui a sauté une classe et n’a que 10 ans. Elle a l’impression d’être une petite fille au milieu de ses camarades. Même Camille paraît plus assurée, plus courageuse. Qu’importe leurs différences, leur amitié est solide. Elles habitent le même immeuble, elles vont ensemble au collège, elles rient des mêmes blagues, elles partagent des passions communes, comme le piano. Une amitié idyllique et sécurisante. Un sentiment pérenne au cœur d’une adolescence en mouvement ?
A la vie, à la mort
Nouvelle classe, nouveaux professeurs. Camille et Nina sont assises côte à côte. Elles se racontent leurs coups de cœur et leurs peines. Pas d’ombre au tableau. D’autres élèves se joignent parfois à elles, mais le cercle finit toujours par se refermer, et elles restent seules. Que toutes les deux. D’ailleurs, elles s’en font le serment dans une scène qui tourne au drame. Une entaille profonde au bras pour sceller ce secret. Après la panique, le retour à la vie tranquille. Puis une année encore, puis une autre. Camille et Nina grandissent. À présent, elles sont au lycée. Elles pensent au futur et aux garçons. Nina se sent encore sur la touche tandis que Camille s’émancipe de plus en plus. Elle ose et se montre plus aventureuse. Nina craint de la perdre. Elle ignore encore que l’amitié est ce terreau vivant qui se cultive même après les tempêtes.
Sophie Avon traverse ces années fondatrices avec simplicité et naturel. Elle dresse le portrait d’une amitié en apparence banale, alors qu’il s’agit de lire dans les silences les troubles de l’adolescence et la peur de l’avenir. Elle n’use pas de scènes rocambolesques pour susciter l’étonnement ou la stupeur. Le lecteur se laisse plutôt surprendre au fil du texte, cheminant au plus près des protagonistes. Une douce balade.
Les filles • Mercure de France
