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Art3f casse les codes des salons d’art contemporain à Toulouse

by Ines Desnot

Incontournable dans le paysage évènementiel toulousain, le salon art3f posera de nouveau ses bagages au MEETT, du 13 au 15 février 2026. Le credo reste inchangé cette année : rendre l’art contemporain accessible au plus grand nombre, en cassant les codes des salons traditionnels. Si l’esprit est le même, ce nouveau cru s’illustre par un nombre d’exposants et une richesse de styles artistiques records.

art3f

Démocratiser l’art contemporain : telle est la vocation des salons art3f. Déployé dans de nombreuses villes françaises et européennes, le concept trouve un écho particulier dans la Ville rose, où les esthètes répondent largement présents à chaque édition. Le prochain cru toulousain devrait encore réunir un public enthousiaste, du vendredi 13 au dimanche 15 février 2026, dans l’écrin désormais habituel du MEETT. Comme à l’accoutumée, ce rendez-vous offrira une expérience accessible au plus près de l’art, sans intimidation.



L’art pour toutes et tous

Ici, amateurs, collectionneurs et curieux se côtoient dans les allées, à la rencontre d’artistes et galeristes impatients de présenter leurs œuvres. Sous les yeux des visiteurs, des univers diversifiés, et même parfois déconcertants. En effet, le salon propose un voyage à travers les formes, les couleurs et les expressions artistiques, tout en offrant la possibilité de comprendre l’approche et le propos derrière les ouvrages, grâce au témoignage direct des professionnels en présence. De plus, toutes les pièces exposées sont à la vente, à des prix variés.

2026, une édition déjà record

En plus de cette approche accessible, dans tous les sens du terme, le salon art3f toulousain place la barre toujours plus haut. Cette année, l’organisation annonce « un nombre record d’exposants, une richesse de styles artistiques sans précédent, et des œuvres aussi captivantes qu’inattendues issues des quatre coins du monde ». Un programme alléchant, oscillant de l’expressionnisme à l’art brut, en passant par le graff, et bien plus encore. Après s’être nourris d’art, les visiteurs auront d’ailleurs le loisir de faire une pause gourmande et/ou rafraîchissante au restaurant ou bar à champagne.

5 questions à Serge Beninca, directeur des salons art3f

Serge Beninca © David Law

Quel bilan tirez-vous de la précédente édition toulousaine ?

C’était une excellente édition, comme les précédentes. Toulouse fait partie de nos meilleurs salons et il n’y a eu ni baisse de fréquentation, ni baisse des ventes. Vu le contexte économique, c’est quand même à noter. C’est d’ailleurs un salon que l’on commercialise très facilement car les exposants échangent entre eux.

Cette année, vous annoncez la présence de plus de 250 artistes et galeristes nationaux et internationaux. Quelle est la promesse derrière ce chiffre ?

C’est compliqué de faire une promesse. D’une manière très prétentieuse, on a lancé un concept qui a très peu évolué, parce qu’il a fonctionné dès le départ. Le concept, c’est ce mélange artistes-galeries, ces salons qui se veulent décontractés, ces espaces de restauration, cette ambiance musicale… Et puis je pense qu’on arrive aussi dans une période qui nous aide pas mal : une période où il fait un peu froid, un peu moche. Pour en revenir aux exposants, je dirais que ceux qui ont trouvé leur public reviennent, et que ceux qui ne l’ont pas trouvé ne reviennent pas.

Parfois, le simple fait de changer la date d’un week-end fait que certains exposants ne peuvent pas venir. Donc forcément, il y aura toujours une nouvelle sélection, tout comme on retrouvera d’anciennes galeries et d’anciens exposants qui, pour certains, on fait les 10 éditions. Chaque salon, chaque ville a son lot de bonnes surprises, et après, c’est à nous de convaincre ces exposants de nous suivre sur plusieurs dates.

Lors de la soirée de vernissage (13 février), chaque artiste fera son propre vernissage sur son stand. Pourquoi ce choix ?

À l’origine, on faisait un vernissage global. Et finalement, il y avait des gens qui s’amassaient au niveau des espaces de restauration, ce qui n’était pas le but. L’idée est quand même de faire rentrer les gens dans les stands. Aujourd’hui, certains exposants ont fait le choix de ne pas spécialement faire de vernissage, si ce n’est de mettre quelques petites friandises ou autre. D’autres font les choses en plus grand. Certains font même venir des traiteurs. Mais ça se passe sur chaque stand ! C’est un peu comme si vous rentriez dans une galerie, qui pourrait être au centre-ville de Toulouse, par exemple. Chacun a son univers.

Je pense que c’est un peu mieux comme ça, mais on a toujours des gens qui arrivent à l’entrée et me demandent clairement : « où est-ce qu’on peut boire et manger à l’œil ? ». Pourtant, le vernissage marque l’ouverture du salon, et c’est le moment de découvrir les nouveautés. Même les exposants réguliers viennent avec de nouvelles créations. Pour certains acheteurs et collectionneurs, il y a vraiment cet intérêt d’avoir un choix plus grand et un regard direct sur les nouvelles pièces. Effectivement, si vous venez à Toulouse le dimanche à 17 heures, il y a des artistes qui ont déjà vendu plus de la moitié de leurs œuvres ! À ce moment-là, on peut imaginer que les pépites sont déjà parties.

L’an passé, vous nous disiez : « On ne fait pas seulement ce salon pour les Toulousains mais pour tout le département ». À quel point le salon attire-t-il le public de la région ?

Ça vient vraiment de loin ! Pourtant, je me rappelle, il y a 5 ans, lorsqu’on a quitté l’ancien parc des expos pour le MEETT, on a perdu quasiment l’intégralité des artistes de la région. Ils disaient que ça n’allait jamais marcher, que c’était trop éloigné du centre-ville de Toulouse. Dès la création du salon et même des autres, il était clair pour moi qu’on ne crée pas un salon pour le centre-ville. Parce qu’il faut avoir des acheteurs et des collectionneurs, et pour ça il faut aller les chercher. Or ils n’habitent pas forcément en centre-ville. Aujourd’hui, il faut bien admettre que c’est une totale réussite. L’année où on a basculé, on a certes perdu presque la totalité des exposants locaux, mais en contrepartie, on a gagné facilement 15% de visiteurs.

Quand vous êtes à la périphérie de Toulouse, ou même quand vous venez des départements à côté, c’est quand même bien plus facile de se rendre au MEETT, avec un accès assez simple et surtout du parking. Tandis qu’à l’ancien parc des expos, on ne pouvait parfois pas se garer ! Je pense notamment l’année où il y avait le match de football Toulouse-Paris. Je conçois que c’est peut-être plus compliqué pour les personnes qui habitent en centre-ville, mais je pense que le pourcentage parmi nos visiteurs est relativement faible. Et finalement, pour quelqu’un qui aime un salon d’art contemporain, ce n’est pas un problème de venir à une centaine de kilomètres. Quand on voit les plaques d’immatriculation sur les parkings à Toulouse, on voit de nombreux départements : du 65, du 32, du 82, du 81, du 11…

Enfin, quels éléments vous permettront d’affirmer que le cru 2026 était une édition réussie ?

Il y a toujours deux facteurs. Le premier, c’est quand même le monde. Quand il y a du monde, c’est que le concept plaît et qu’on a fidélisé la clientèle. Pour un organisateur, c’est toujours flatteur quand les allées sont bien pleines, et l’exposant est content parce qu’il a bien travaillé ! Mais ce qui est important aussi, ce sont les ventes. Par exemple, quand on fait des salons dans le nord de l’Europe, ils ne sont pas aussi populaires qu’en France, mais par contre, il y a un potentiel acheteur dans chaque visiteur. Le tout, c’est qu’il y ait un juste milieu. Et pour en revenir à Toulouse, vu le contexte économique actuel, si on a le même nombre d’entrées et de ventes que l’année dernière, on sera déjà très contents. Si en plus, on arrive à progresser un petit peu, alors on sera encore plus contents.

D’ailleurs, on peut perdre de l’argent sur un salon qui a extrêmement bien marché, mais ça veut dire que l’année suivante, il y aura peut-être 30 ou 40 % d’exposants et de visiteurs en plus. Ce sont des activités où il faut un peu semer des graines. Et puis après, on récolte, petit à petit. Même s’il y a des salons comme Toulouse qui sont tout de suite bien nés, alors que Bordeaux est beaucoup plus compliqué pour nous, par exemple. Et je n’ai pas d’explication. On fait de la même manière, on invite le même nombre de gens, on communique de la même façon. Je dirais que dans la partie sud-ouest, Toulouse, c’est vraiment la bonne pioche. C’est là où il fallait être.

Inès Desnot



art3f Toulouse

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