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Rio Bravo de Howard Hawks

by Anthony del Puerto

L’immense Howard Hawks s’est illustré brillamment dans tous les genres ou presque : le film de gangsters (Scarface), le film d’aventures (Seuls les anges ont des ailes), le film noir (Le Grand SommeilLe Port de l’angoisse), la comédie (L’Impossible Monsieur Bébé), la comédie musicale (Les hommes préfèrent les blondes), le film de guerre (Les Chemins de la gloire), le péplum (La Terre des pharaons), sans oublier le western (La Captive aux yeux clairs, La Rivière rougeEl DoradoRio Lobo).

Dans ce dernier genre, Rio Bravo, sorti en 1959, demeure son chef-d’œuvre absolu et l’un des plus grands westerns jamais réalisés avec La Prisonnière du désert de John Ford.

Rio Bravo

L’histoire est aussi simplissime que basique : le shérif d’une petite ville a arrêté pour meurtre le frère du plus grand propriétaire terrien de la région, Nathan Burdette. Celui-ci et ses hommes de main sont décidés à faire libérer, de gré ou de force, le détenu. Face à ces redoutables ennemis, le shérif Chance (John Wayne) ne peut compter que sur un adjoint alcoolique (Dean Martin) et son autre adjoint, un vieil homme boiteux. Au trio vont se joindre un jeune et impétueux tireur (Ricky Nelson) ayant des comptes à régler avec les Burdette, une joueuse de poker professionnelle et un couple d’hôteliers mexicains.

Famille recomposée

Avec Rio Bravo, Hawks revisite ses thèmes de prédilection (notamment une petite communauté face au danger et l’intrusion d’un personnage féminin semant une salubre anarchie) au fil d’un quasi huis-clos (les personnages étant retranchés dans le bureau et la prison du shérif) tournant le dos aux grands espaces classiques chers au western. C’est ainsi une sorte de famille recomposée que met en scène Hawks avec des figures qui, dans un même élan, assument les archétypes tout en les dépassant. Le jeune chien fou, l’alcoolique en quête de rédemption, le vieillard acariâtre, la séductrice et le mâle dominant vont se révéler sous des jours inattendus.

Rio Bravo mêle les genres, introduit de la pure comédie, de la romance et même un intermède musical dans les codes du western. La vivacité, l’humour et le double sens des dialogues font mouche. La mise en scène économe de Hawks et son sens inouï du cadrage marqueront des générations de cinéastes, au premier rang desquels John Carpenter qui réalisera une démarcation du film avec Assaut en 1976. Evidemment, la classe des comédiens est pour beaucoup dans la réussite de l’ensemble : de l’iconique John Wayne à la flamboyante débutante Angie Dickinson en passant par un émouvant Dean Martin ou un irrésistible Walter Brennan dans le rôle de Stumpy.

Christian Authier

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