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« Mascarade » un film de Nicolas Bedos

by Ines Desnot

Pour son quatrième long, « Mascarade », le fils du plus célèbre humoriste de gauche de la scène française attaque la faune niçoise à la tronçonneuse. Et c’est peu dire !

Pour ce faire il s’assure un casting trois étoiles. L’histoire, peu originale en elle-même, nous plonge au cœur de la Côte d’Azur, de ses riches villas, de ses somptueux hôtels et de ses non moins prestigieux restaurants. Bling bling à tous les étages. Les spectres qui hantent cet univers ont été coulés dans le même moule : promoteur immobilier, politicien véreux, actrice sur le déclin, arnaqueuse et gigolo. Que faire avec ce beau monde, surtout avec 2h14 de projection ?  Tout d’abord on mélange les intrigues en semant le spectateur au passage, on accumule les plans façon Office du Tourisme, on truffe la narration de flashbacks destinés à nous faire suivre le déroulement d’un procès, on écrit des dialogues bourrés de punchlines à deux balles, on essaie de mettre un brin de suspense, en vain car dès le début tout est dit, et puis bien sûr, toutes les dix minutes une scène d’effusions précises.

Tout cela est censé nous montrer la superficialité d’une certaine société, ce que nous savons depuis longtemps à vrai dire.  Soit. Reste tout de même le fameux casting. Va-t-il relever le débat et sauver le film du désastre ? Que nenni !  Au rang des naufrages sans appel il y a Isabelle Adjani (l’actrice), emmurée dans un rôle qu’elle surjoue à l’envie, François Cluzet (le promoteur), ici quasiment incapable de donner une quelconque épaisseur à son personnage, de plus englué dans une diction hasardeuse. Le niveau juste au-dessus quand même, Pierre Niney (le gigolo), un immense acteur certes mais pas convaincant du tout ici, l’arnaqueuse n’est autre que Marine Vacth. A vrai dire, elle porte, un peu, le film car son personnage est central et du coup son rôle plus travaillé. Sauve-t-elle le film pour autant ? La réponse est dans la question. On comprend bien a priori le désir du réalisateur mais à tirer dans tous les sens, il n’atteint aucune cible.

Robert Pénavayre

Cinéma

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