Contactez-nous
Vendredi 4 Décembre 2020

L’ONCT nous dit : rêver, écouter, se retrouver

Par Michel Grialou

La devise nous paraît fort satisfaisante et pleine d’à-propos après la période que nous venons de subir tous ensemble, public, musiciens et tous ceux qui participent à la création de ces spectacles vivants que constitue un événement comme LE concert dit classique. Mais, là encore, tous ensemble, nous allons nous venger.

 

Tugan Sokhiev © Marco Borggreve

Orchestre National du Capitole / Tugan Sokhiev © Marco Borggreve

 

Inutile de revenir sur les traumatismes subis par, d’abord, tous les artistes qui ont vu leur travail rayé d’un seul trait, musiciens comme techniciens et équipes organisatrices. L’Orchestre national du Capitole de Toulouse est devenu une formidable machine de renommée internationale d’où les affiches de concert aux noms prestigieux et d’autres qui le seront, à n’en pas douter bientôt.

Rien de tel pour le rayonnement de la ville de Toulouse sur le plan culturel. L’ONCT est une sorte de Cheval de Troie, un peu comme Airbus dans le domaine industriel.

 

Tugan Sokhiev © Marco Borggreve

Tugan Sokhiev © Marco Borggreve

 

Impossible de détailler ici toutes les dates qui mériteraient d’être citées. Vous avez, en moyenne, 32 concerts différents qui vous attendent. Les besoins de musique sont immenses. La Halle ne va pas chômer. L’Auditorium attendra ! Les valeurs sûres sont au rendez-vous mais l’ONCT sait aussi prendre des risques et son Directeur musical Tugan Sokhiev, chef attitré, pouvant s’appuyer sans soucis aucuns sur son Délégué général Thierry d’Argoubet, fait le pari délibéré de la jeunesse. Toujours aussi jeune, il dirige lui-même, bien sûr, plusieurs concerts dont vous découvrirez la teneur…dans la brochure !!

 

Donc de jeunes chefs, tout comme de jeunes solistes dont les noms ne vous diront peut-être rien, encore, mais plus tard, sûrement. Ainsi, à la baguette, Gábor Káli, hongrois, la polonaise Marta Gardolińska, l’allemand Thomas Guggeis, l’anglais Ben Glassberg…  Ils rejoindront des, déjà en haut de l’estrade, comme un chouchou de la Halle, le fantasque mais efficace et enthousiaste russe Maxim Emelyanychev, et aussi l’américain Robert Trevino ou la Hong-Kongaise Elim Chan. Ils font partie des meubles, comme on dit simplement, et on les repère avec grand plaisir, Josep Pons, venu en voisin du Liceo de Barcelone, ou le japonais Kazuki Yamada, et Josef Swensen, ou Leo Hussain qui dirigera le 13 février, ce fameux opéra La Carmélite de Raynaldo Hahn qui, hélas, avait été annulé cette saison. Toujours présent, et devenu un habitué, le singapourien Katchun Wong dirige la Cinquième de Mahler après une Symphonie n°9 de Bruckner l’an passé, d’excellent souvenir.

 

Chœurs du Capitole et Alfonso Caiani

 

Le 11 décembre, vous aurez droit à deux symphonies de ce cher Ludwig, la Première et la Neuvième, dirigées donc par Josef Swensen, avec les Chœurs du Capitole sous la direction d’Alfonso Caiani et le quatuor vocal nécessaire dans lequel on relève la soprano Elza van der Heever et le baryton Robert Bork.

On n’oublie pas que nous sommes dans l’année 2021, celle du 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven, ce qui vous vaut un ABO spécial Beethoven avec 4 concerts, dont deux déjà cités ci-dessus, auxquels s’ajoutent le 3 octobre, dirigé par notre cher Maxim, la Huitième et le Concerto n°4 par le jeune pianiste israélien Ishay Sher, pendant que le 26 septembre Christain Zacharias, à la direction et au piano, vous captivera avec le Concerto n°2 et la Deuxième.

On en n’a pas terminé avec le natif de Bonn car voici pour l’ouverture de saison, le 10  septembre, le premier concert dirigé tout naturellement par son directeur musical Tugan Sokhiev. L’Ouverture de l’opéra Fidelio sera suivie du Concerto n°3 interprétée par le jeune chinois Haochen Zhang. Pour suivre, on restera en Allemagne avec Brahms et sa Symphonie n°3.

 

 

Le 16 octobre, ce sera le Triple concerto pour violon, violoncelle et piano avec au piano et à la direction, le chef d’orchestre Lio Kuokman, né à Macao, auquel se joignent le violoncelliste Marc Coppey et, notre violon solo de l’orchestre, de plus en plus apprécié depuis son arrivée au sein de l’ONC, Kristi Gjesi. Pour suivre, musique vingtième siècle avec Korngold et Strauss.

Et toujours Beethoven, lors d’un Happy Hour du samedi 31 octobre, avec sa Troisième dirigée par le fougueux jeune chef britannique Kerem Hasan. Auparavant, on aura droit au charme fou de l’interprétation du célèbre Concerto d’Aranjuez de Joaquín Rodrigo, par la guitare de notre coqueluche toulousaine Thibaut Garcia. N’oubliez pas, c’est à 18h.

 

Jean-François Zygel  © Thibault Stipal

 

Il y a bien entendu, quelques dates Hors Abonnement, mais toujours la série des concerts Happy Hour tout comme les Concerts Zygel et justement, le 7 novembre, c’est la Cinquième qui vous attend, commentée avec tout le talent que vous lui connaissez par Jean-François Zygel et son piano, et interprétée sous la direction de la cheffe Marzena Diakun.

Encore un événement-choc avec le Concerto pour piano n°1 par une nouvelle star du clavier, le dénommé Benjamin Grosvenor. À la direction d’orchestre, une valeur confirmée avec Fabien Gabel qui nous hissera au sommet trois pages célèbres de musique française de Dukas, Roussel et Ravel. C’est le 14 novembre.

 

Adam Laloum © Harald Hoffmann

Adam Laloum © Harald Hoffmann

 

Et parce qu’on était désolé de voir que le concert du 17 avril 2020 passait à la trappe pour cause de Covid-19, l’ignoble chose venu d’on ne sait où, de retrouver l’affiche en ce 7 janvier, intacte, nous comble. À divers titres. Ce sera bien une soirée tout Robert Schumann, mais surtout, dans son unique concerto pour piano, avec toujours Adam Laloum au clavier. La nature de cette œuvre, c’est pour lui. Au pupitre de direction, notre cher Maxim Emelyanychev, un tandem déjà formé pour un Concerto n°2 de Brahms, il y a trois ans. L’Ouverture de l’opéra Genoveva et la Symphonie n°4 complètent une soirée, qui sera, à n’en pas douter, mémorable.

Et puis, des concertos pour violon comme s’il en pleuvait, de, Korngold, Stravinski, Mendelssohn, Prokofiev, Mozart, avec des solistes affirmés et des valeurs montantes, ivres de firmament, aussi, comme Aylen Pritchin, Daniel Lazakovitch, Emmanuel Tjeknavorian, Vadim Gluzman………

 

Diversité un peu plus assurée encore dans cette saison nouvelle si attendue avec un programme surprise livré à l’imagination de notre directeur musical qui dirigera les trois Concerts pour le Nouvel An. Tout comme dix jours auparavant, les deux dates consacrées à un programme de musique de films français. Des noms comme Michel Legrand, Maurice Jarre, Vladimir Cosma parlent à tout le monde, seniors tout autant que plus jeunes. Quant à tous ceux qui aiment la musique d’Igor Stravinski, il leur suffit de se plonger dans deux pages de la brochure et de cocher les nombreuses œuvres du musicien russe qui seront interprétées : Le Sacre, Petrouchka, Pulcinella,…

Il n’y a pas que le violon et le piano, il y a aussi le violoncelle à repérer dont le Grand Concerto “militaire“ de Jacques Offenbach, mais oui, livré à l’archet étourdissant d’Edgar Moreau qu’on ne présente plus. Aussi, la trompette avec le Concerto de Hummel qui nécessite toutes les qualités de souffle, inépuisables chez notre pupitre solo de l’Orchestre, Hugo Blacher, une juste reconnaissance pour tant de talent. Enfin, la harpe dans ce chef-d’œuvre de Concerto écrit par le russe Reinhold Glière et interprété sous les doigts impérieux de Xavier de Maistre, dans un programme tout russe le 12 juin avec, d’Alexandre Borodine l’Ouverture du Prince Igor et la Symphonie “épique“, Tugan Sokhiev sur l’estrade.

 

 

Quatre Happy Hour, ces concerts du samedi 18h si courus, et trois soirées avec Jean-François Zygel que ses fans ne rateront sous aucun prétexte. Et des concerts pour famille à repérer dans la brochure, et de cocher le retour de Jeff Mills, le DJ d’anthologie qui vient nous mixer deux soirées avec l’Orchestre du Capitole sur le thème des Planets. Oh surprise, il y a même le groupe Pink Martini à l’affiche : cherchez ! Et tachez de trouver aussi les deux dates où vous pourrez applaudir notre cher pianiste toulousain Bertrand Chamayou, incontournable dans votre agenda. Pareil pour Alexandre Kantorow, jeune pianiste définitivement adopté par le public toulousain, dans un concert dans lequel Sokhiev révise son intégrale Chostakovitch avec la Symphonie n° 10.

On ne m’en voudra pas si je n’ai pu citer tout ce que je souhaitais. Il ne vous reste plus qu’à consulter la brochure sur le Net ou sur papier.

Michel Grialou