Contactez-nous
Mardi 25 Septembre 2018

Viva l’Opéra ! Saison 9. On ne s’en lasse donc pas

Par Michel Grialou

Les plus grands opéras du répertoire, les plus grands noms actuels du lyrique, voix de femmes comme voix d’hommes, opéras et ballets donnés dans les lieux parmi les plus prestigieux, voilà quelques ingrédients de la potion magique concoctée par son Directeur artistique, Alain Duault.

 

Norma

 

L’agenda est là et vous voilà fort embarrassé car il faut le remplir un peu à l’avance pour certains spectacles, comme par exemple les retransmissions de ceux, lyriques et ballets donnés dans les salles UGC. Une seule date possible dans votre salle préférée. En effet, privilège des grandes métropoles, c’est la possibilité que nous avons maintenant d’assister à ces retransmissions de représentations de spectacles d’opéras et de ballets, filmées dans les salles les plus prestigieuses et dont certaines données en DIRECT. Il va falloir peut-être faire des choix.

Bien sûr, l’expérience de la découverte d’un spectacle dans un théâtre demeure, on en convient aisément, une expérience unique, indépassable. Mais, rien ne nous empêche de penser à tous ceux qui ne peuvent se déplacer, plus ou moins facilement, et d’autres raisons que l’on pourrait évoquer, toutes recevables. Pour tous ceux-là, l’expérience est enrichissante, à n’en pas douter.

Jenufa

 Jenůfa

 

De plus, qu’ils soient  rassurés : sachons que côté technique de captation des spectacles, les progrès durant ces dernières années ont été énormes. Réalisateurs, producteurs, diffuseurs ont compris que la projection d’un spectacle filmé de ce type, dans une salle de cinéma, est un événement en soi qui demande une exigence artistique spécifique. Aussi, peut-on compter sur l’extrême vigilance portée par les responsables sur la retransmission elle-même. C’est donc un spectacle donné dans les meilleures conditions actuelles. De ce fait, le spectateur pourra se retrouver qui sait ? plus motivé un jour pour rejoindre une vraie salle comme le Théâtre du Capitole à Toulouse par exemple.

Avantages évidents pour certains dont je fais partie je l’avoue, nous avons donc les deux à portée non pas de mains mais d’enjambées. Et on ne s’en plaint pas.

Difficile de vous énumérer les 18 spectacles qui vont vous occuper pour cette nouvelle saison, mais nous allons vous signaler les quelques dates les plus proches que l’on qualifiera d’incontournables ! par exemple, vous pouvez cocher le 13 septembre pour Toulouse.

 

Nabucco

 Nabucco

 

Vous voilà transportés aux Arènes de Vérone pour le premier opéra de Giuseppe Verdi de cette saison, le fameux Nabucco. Pour galvaniser les troupes, rien de tel que la baguette de Daniel Oren, un chef passé aussi par la scène du Théâtre du Capitole, un abonné des Arènes de Vérone. Une mise en scène très astucieuse d’Arnaud Bernard, autrefois assistant de Nicolas Joël, qui place l’action en plein Risorgimento, et responsable aussi de magnifiques costumes, une Abigaille de feu avec Susanna Branchini, George Gagnidze en Nabucco et c’est parti pour deux heures et demie de musique et chant verdiens, de feu, d’émotions et d’exaltation. « La partition était tellement nouvelle, tellement insolite, le style si rapide, si inhabituel que la stupeur était générale et que les chanteurs, les chœurs et l’orchestre, en entendant cette musique, montraient un enthousiasme extraordinaire. » Ces propos d’un soir de 1842 ne pourront que se vérifier.

 

Le “grand cheval de bataille “ du temps jadis, l’opéra Les Huguenots est pratiquement en ouverture de saison de l’Opéra de Paris à Bastille dans une nouvelle production. Voilà un opéra que les toulousains n’ont pas revu depuis plus de quarante-cinq ans alors qu’il était régulièrement programmé. Cet ouvrage de Giacomo Meyerbeer nécessite il est vrai beaucoup de moyens. D’ailleurs, comme tous ceux de ce compositeur. Et c’est parti pour 4h 50 dont deux entractes et sur cinq actes. Il faudra faire attention car la séance va commencer à 18h en salle de cinéma le jeudi 4 octobre, puisqu’en DIRECT. La distribution est impressionnante, ce qui peut expliquer la raréfaction dans les salles lyriques de nos jours.

 

Rien que pour les voix féminines on retrouve déjà les noms des deux sopranos Diana Damrau et Ermonela Jaho dans Marguerite et Valentine, c’est peu dire. En voix d’hommes, le ténor Bryan Hymel en Raoul, le huguenot, et le baryton Florian Sempey en duc de Nevers, le baryton Paul Gay en comte de Saint-Bris et Marcel, le serviteur de Raoul, la basse Nicolas Testé. On s’offre même le luxe de la mezzo Karine Deshayes en Urbain, le page de la reine Marguerite puis une cascade de seconds rôles tous à retenir. Ce “grand opéra“ créé en 1836 est une monumentale fresque figurant d’impossibles amours dans le contexte de la Saint-Barthélémy. Des spectacles comme on pouvait alors les apprécier. Même un Richard Wagner, son ennemi le plus féroce, reconnaîtra que le quatrième acte est un chef-d’œuvre de   composition dramatique.

 

Michele Mariotti

 Michele Mariotti

 

Alors, il faut une mise en scène qui tienne la route. C’est Andreas Kriegenburg qui en a la lourde charge. Et il faut une baguette qui emporte l’adhésion de toutes les troupes jusqu’au tableau final. C’est celle de Michele Mariotti. Pour remporter un immense succès, il faut une distribution adéquate, elle y est. On parle alors des « nuits aux sept étoiles », les sept rôles principaux. Il est conseillé de lire le synopsis avant ! même si vous savez déjà tout des guerres de religion.

Il faudra attendre le jeudi 13 décembre pour la représentation suivante donnée en DIRECT à Bastille, et retrouver Verdi. Ce sera avec Simon Boccanegra du compositeur de Bussetto, l’image même de la grande tradition lyrique italienne, présent à quatre reprises cette saison avec des œuvres très jouées, très connues, que l’on a bien sûr plaisir à entendre et à réentendre comme Traviata et Nabucco, mais aussi avec des œuvres dites de maturité qu’on entend moins souvent, d’une certaine manière, plus difficile à distribuer comme Othello et ce même Simon Bocanegra. Pour le rôle du corsaire proclamé doge, une figure façonnée par Verdi de manière particulièrement subtile, il faut un grand baryton, et par la voix, et par le jeu, on l’a avec Ludovic Tézier. Chez lui, doit s’équilibrer la force de caractère et l’inclinaison à la tendresse, allant jusqu’à la compassion. Maria Boccanegra, fille de Simon, et petite-fille de Fiesco est la soprano Maria Agresta. Une seule voix de femme dans cet opéra, celle de Maria, et donc des interventions qui font saillie dans une partition entièrement dominée par les hommes. Quant à son amant Gabriele, ce sera un ténor, Francesco Demuro. Il y a de bien belles pages de musique et on a toute confiance en Fabio Luisi pour mener à bien Orchestre et Chœurs et solistes. Et l’on espère que le metteur en scène à tendance sulfureuse Calixto Bieito fera passer Verdi avant tout le reste, même si le côté politique de cet opéra peut l’inspirer de façon redoutable.

 

La Traviata © Javier del Real Teatro Real La Traviata

 

Vous serez à peine remis de La Traviata du Théâtre du Capitole que, si vous n’avez pas tout compris de l’histoire, et s’il vous reste quelques larmes à verser, vous pourrez les laisser couler le jeudi 15 novembre pour une représentation d’une magnifique production donnée au Teatro Real de Madrid avec trois distributions dans les trois rôles principaux, dont une Violetta qui a véritablement fait le buzz, et par la voix et par le jeu, Ermonela Jaho. Pas un seul reproche ou jugement en demi-teinte sur rien. Triomphe. Son Alfredo,  c’est le ténor Francesco Demuro et celui qui ne sera jamais son beau-père le baryton Juan Jesus Rodriguez dont le calendrier annonce une carrière du plus grand intérêt. Elégante et intime, classique et sans faits marquants, la mise en scène est de David Mc Vicar, le réalisateur de La Clémence de Titus au Capitole. Pour diriger les troupes, Renato Palumbo, un expert dans la direction de cet opéra romantique.

 

Jonas Kaufmann © Catherine Ashmore  Jonas Kaufmann / Othello
 

Verdi toujours avec le 7 mars 2019. Othello, donné en première audition le 5 février 1887 à la Scala de Milan. Seize ans que le compositeur n’a pas composé un seul opéra. On a peine à imaginer dans quel état d’effervescence l’ouvrage était attendu. Toute la ville ne parlait que de cela. On fut loin d’être déçu. Ce fut un véritable triomphe. Les milliers de personnes qui acclamèrent Verdi au balcon de son hôtel, après la Première, et qui purent entendre de ce même balcon de l’Albergo Milano, le ténor Tamagno rechanter son Exultate de sa voix fracassante, furent les témoins d’un des plus grands moments de l’histoire du théâtre lyrique. Tamagno-Othello, c’est Jonas Kaufmann, LE TENOR actuel, Desdemona, c’est la soprano Maria Agresta, star des distrib’ actuelles, Iago, le comploteur et traître, le baryton Marco Vratogna, Cassio, le capitaine manipulé, Frédéric Antoun, le très bel Orphée de l’Orphée et Eurydice du Capitole, et à la direction orchestrale des forces du Royal Opera House, Antonio Pappano.  

 

Fancy Free  Fancy Free
 

Ce sera en DIRECT du Palais Garnier, le jeudi 8 novembre 2018, un nouveau spectacle sous la forme d’un Hommage au chorégraphe Jérôme Robbins qui considérait le Ballet de l’Opéra de Paris comme sa seconde famille après le New York City Ballet. Ce spectacle réunit les œuvres témoignant de l’infinie diversité de ses sources d’inspiration et de son génie de la scène. C’est ainsi que l’on retrouve Afternoon of a Faun sur une musique de Claude Debussy suivi de A Suite of Dances avec au violoncelle la très grande Sonia Wieder-Atherton puis, une entrée au répertoire, Fancy Free sur la musique de Leonard Bernstein et enfin Glass Pieces sur la musique de Philip Glass. L’Orchestre de l’Opéra de Paris est dirigé par Valery Ovsyanikov tout au long des deux heures de spectacle.

 

La flûte enchantée © Andrea Kremper La flûte enchanté

Pendant que sur certains écrans on donne une Flûte enchantée qui n’a pas l’air de plaire à tout le monde, profitons-en pour vous signaler que sur l’écran de la salle UGC vous aurez droit le jeudi 11octobre 2019 à une Flûte donnée au Palais des festivals de Baden Baden. Mise en scène de Robert Carsen, direction musicale de Sir Simon Rattle, on ne va pas tout vous raconter mais sachez que le Sarastro, c’est Dimitry Ivashchenko, le Hunding de la Walkyrie de cet hiver, l’Escamillo de la Carmen de ce printemps, et que les trois dames ne sont rien moins que Annick Massis, Magdalena Koszena, et Nathalie Stutzmann pendant que José van Dam est présent dans le rôle du Narrateur. Une “sacrée“ Flûte !!

Michel Grialou


Viva l’Opéra ! dans les cinémas UGC
Saison 2018 / 2019
Téléchargement du Programme