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Lundi 17 Mai 2021

Du 12 au 30 mai, l’édition tout-terrain de Festival Garonne aura lieu « In extremis »

Par Karine Satragno

La vision de l’Art comme forme d’hospitalité a été bien mise à mal tout au long de cette pandémie. Si la thématique anticipée avant le covid-19 prévoyait des représentations en tous lieux, les « Hospitalités » du Festival Garonne ont pris une toute autre tournure. Mais In Extremis / Hospitalités ne baisse pas la garde et vous invite à participer à un événement polymorphe hors les murs dans votre salon, chez le dentiste ou encore sur les ondes … ça promet d’être aussi novateur et qu’étonnant !

 

Audioguide Cabosanroque

Audioguia / Cabosanroque

 

TU ES MON AUTRE

A l’heure de la fermeture des frontières et de l’appréhension de « l’étranger », les organisateurs du Festival ont plus que jamais ressenti la nécessité de se lier, se mélanger, accueillir l’altérité ?

Pour contrecarrer le règne longue durée du chacun-chez-soi et imaginer des représentations autrement qu’à travers le prisme réouverture/ fermeture, In Extremis passe en mode tout-terrain et vous propose de venir comme vous êtes, à la rencontre d’artistes de France, d’Australie, d’Espagne ou des Etats-Unis. Suivez-les sur des chemins rassurants ou énigmatiques, du supermarché du coin à l’authentique traversée d’un désert….

Du Distanciel au Réel

L’édition 2021 d’In Extremis / Hospitalités sera prolongée en 2022 par une édition «en présentiel», dans les murs du théâtre et différents lieux de la ville. Ces deux éditions sont imaginées et mises en œuvre avec la complicité d’Itzik Giuli, dramaturge et directeur artistique israélien associé pour l’occasion à ce festival.

In Extremis en bref

Empty stages  du 12 au 30 mai (De Tim Etchells-Hugo Glendinning)
Une exposition photographique en 3 volets en partenariat avec le Printemps de septembre et le Groupe Reprint : affichage urbain et coffret de cartes postales (édition par le Groupe Reprint) en mai puis accrochage en galerie, ce dernier volet devant faire l’objet d’une exposition dans les souterrains du théâtre Garonne dans le cadre du festival Printemps de Septembre.

 

Empty Stages © Hugo Glendinning & Tim Etchells

Empty Stages © Hugo Glendinning & Tim Etchells

 

Audioguide pour supermarché en temps de pandémie du 12 au 30 mai (De CaboSanRoque)
En partenariat avec l’ONDA – Office National de Diffusion Artistique, Le Parvis – Scène nationale de Tarbes– Visite guidée d’un supermarché à travers un audioguide à télécharger depuis le site internet du théâtre.

 

In Extremis Theatre Garonne

 

A Thousand ways part one : a phone call du 12 au 29 mai (De 600 Highwaymen)
Performance participative où deux personnes vont se rencontrer au téléphone, guidées par une voix qui va leur donner différentes instructions pour se découvrir et explorer une forme d’intimité inattendue. Lors de l’IE 2022, les participants seront amener à se rencontrer sur le plateau du théâtre Garonne pour le deuxième volet, An Encounter.

 

A Phone Call

 

Public actions : private spaces du 14 au 30 mai (De Luke George & collaborators)
En partenariat avec le ThéâtredelaCité, le Vent des Signes, dans le cadre de Prémices – La Biennale Internationale des Arts Vivants Toulouse Occitanie 2022. Luke George vous donne rendez-vous sur zoom, lui dans son salon à Melbourne, vous dans le vôtre ici et là. C’est une invitation à se réapproprier et à redécouvrir les espaces domestiques confinés.

 

Public Actions Private Spaces © Luke George

Public Actions Private Spaces © Luke George

 

The jewish hour du 15 au 16 mai (De Yuval Rozman)
En partenariat avec l’isdaT – institut supérieur des arts de Toulouse, Radio Radio et le théâtre Sorano. Un spectacle lauréat du prix Impatience 21 créé dans une version uniquement radiophonique puis sera présenté dans sa version scénique par le Théâtre Sorano en novembre prochain, en clôture du festival Supernova. Une comédie déjantée aux allures de talk-show radiophonique qui aborde la question de l’identité juive et pose un regard acerbe et subtil sur ce peuple dont Yuval Rozman est originaire.

 

The Jewish Hour © Jeremie Bernaert

The Jewish Hour © Jeremie Bernaert

 

La dent douce du 15 au 29 mai (D’Arnaud Romet)
Rendez-vous chez un dentiste toulousain, en solo, pour un concert de 15 minutes à écouter confortablement installé dans le fauteuil où on prodigue habituellement les soins. La composition sonore s’inspire des bruits du cabinet dentaire !

 

La Dent Douce © Arnaud Romet

La Dent Douce © Arnaud Romet

 

Movidas Raras / drôles de trucs du 27 mai au 20 juin (De Rodrigo García)
À partir de 15 ans
Découvrez une série de 7 épisodes, entre l’art-vidéo et la fiction créée par  Rodrigo Garcia dirigeant (à distance) Denis Lavant, Angelica Lidell, Florencia Vecino et Volmir Cordeiro. Surprise!

 

Movidas Raras © La Compagnie Boucherie Théatre : Rodrigo García Copie

Movidas Raras © La Compagnie Boucherie Théâtre / Rodrigo García

L’autre autrement

Au delà de ces propositions artistiques différentes et pour le moins enthousiasmantes, c’est notre « appétit à l’altérité » qui demande satisfaction après tous ces mois de repli sur soi et de distanciation sociale.

In extremis invite les spectateurs à « retrouver l’inconnu » du 12 au 30 mai 2021 en accueillant des artistes de tous horizons : New York, Tel Aviv, Melbourne, Barcelone ou même… Toulouse !

Du mercredi 12 au dimanche 30 mai. Performances, spectacles gratuits Toutes les informations, les liens pour se connecter, les inscriptions sur : www.theatregaronne.com et au 05 62 48 54 77 du mardi au jeudi de 13h30 à 17h30 au 05 62 48 54 77

Face à face (ou presque) avec Stéphane Boitel, directeur artistique adjoint du thêatre Garonne

Vous êtes aux premières loges quant à la projection des structures culturelles vers l’avenir. Comment se profile 2022 en termes de programmation selon vous ?

2022 ne se projette pas facilement. On envisage l’avenir sur du plus long terme. On va mixer une dose de report nécessaire avec ce qu’il sera possible de faire dans le domaine artistique en terme de mobilités des compagnies notamment et en terme de public évidemment selon les jauges. Il faut aussi voir en interne notre capacité à travailler car il est très compliqué d’organiser et fédérer les gens autour des projets ces temps-ci. On construit une saison oui, mais avec un grand n’ombre d’inconnues. Le programme se mute en objet adaptable, non figé, mouvant. Tout se fera en chemin.

Va-t-on selon vous devoir redéfinir la Culture à la française et envisager différemment et à long terme l’accès aux diverses manifestations artistiques ?

C’est surtout du côté du public que la question se pose. Qui va bouger ? Qui va attendre ? Comment va-t-on sortir de cette année de claustration et se déconfiner petit à petit dans nos pratiques culturelles ? Est-ce que le 19 mai le public aura des attentes différentes de celles du monde d’avant ? Ce qui s’ouvre ne va pas forcément ressembler à l’avant ! On ne peut pas s’abstraire du public et de ce qu’il a vécu. La pratique à la française du théâtre public va devoir s’enrichir d’une vraie écoute.

Comment s’est articulée la préparation du Festival In Extremis tout-terrain ? Quels étaient vos desseins, vos mots d’ordre, vos priorités ?

L’idée est née avant la pandémie en 2019. Avec le directeur artistique associé on a parlé de l’hospitalité au théâtre, aller à la rencontre de gens qui ne viennent pas au théâtre ou comment l’acteur peut intervenir en terre étrangère, loin de chez lui ? Puis il y a eu le covid et l’annulation de tout ce qui était prévu. Le choix était cornélien mais simple pour nous : Soit on ne faisait pas le festival, soit on explorait différemment la question de l’hospitalité. On a tranché avec l’idée de ce festival tout terrain ou presque, sans le bâtiment du théâtre ! L’important : garantir au public que , quoiqu’il advienne, quelque chose allait se passer, c’était notre manière de donner de l’espoir au public, sans être soumis aux annonces du gouvernement. Il fallait trouver l le moyen de faire du théâtre hors les murs.

Que ne faut-il absolument pas rater lors de ce Festival selon vous ?

Je ne peux parler que des représentations qui ont déjà eu lieu ailleurs. L’audioguide pour un supermarché comme on visite un musée a été fait en Espagne, il y a eu un réaménagement linguistique et culturel et c’est un fichier à télécharger, ce sera donc accessible à tous, sans jauge.

La rencontre téléphonique de « The Thousands ways » a été montée à New York en janvier, mais l’adaptation française et toulousaine sera une première sur le festival.

J’aime beaucoup l’idée du chorégraphe australien Luke George  dans ses « private spaces ». Un zoom pour communiquer avec quelqu’un depuis son salon à Melbourne et partager 30 mn sans langue commune à des kilomètres de distance. Comment gommer l’écran ? On ne sait pas ce que ça va donner mais c’est la curiosité qui prime.

Il y a eu deux fils rouges pour l’organisation du festival : on est parti de ce qu’on avait- du temps et un isolement propice à l’imagination- et de ce dont on manquait – la possibilité de rencontrer de nouvelles personnes. On a souhaité mettre à profit l’imagination et se servir de l’appétit de l’altérité.

Les programmations auront des répercussions en réel, en présentiel fin 2021 et en 2022. On a du temps pour imaginer ce qui va se passer.

Qu’est-ce qui vous a le plus manqué d’un point de vue culturel pendant ces mois de repli. Quel est le premier spectacle où vous vous rendrez en tant que spectateur ? Quel était le dernier ?

Au niveau culturel, les bars m’ont manqué, la diversité des gens qu’on rencontre, la culture dans sa dimension large … les bars font partie de la culture non ?

Mon dernier spectacle : A Marseille, « L’été des charognes » de Simon Johannin par Hubert Colas

Mon prochain spectacle : Le champ des possibles est ouvert ! !!!! Vivement le 19 mai !

 

In Extremis / Hospitalités • théâtre Garonne

 

In Extremis