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Samedi 26 Mai 2018

La Fondation Bemberg enrichit sa collection «caravagesque»

Par Nicolas Coulaud

Deux œuvres, de l’Espagnol Francisco de Zurbarán et de l’Italien Pietro Paolini, ont tout récemment rejoint les collections exposées à l’Hôtel d’Assézat.

 

Pietro Paolini  « Portrait d’homme » de Pietro Paolini

 

Trois ans après avoir réuni en ses murs deux tableaux du peintre français Nicolas Tournier (1590-1639), la Fondation Bemberg vient en ce printemps 2018 de faire deux nouvelles acquisitions importantes : «L’enfant Jésus se blessant avec une couronne d’épines dans un paysage» de Francisco de Zurbarán (1598-1664) et le «Portrait d’homme» de Pietro Paolini (1603-1681). Ces deux œuvres, qui ont été présentées la semaine dernière, sont destinées à compléter les collections anciennes de la fondation. «Ces deux acquisitions, venues de deux pays différents, illustrent une même époque et un courant européen similaire. Pour le premier étage de la Fondation, Georges Bemberg souhaitait développer une collection qui tourne autour de l’Europe du 16e au 18e siècle. Depuis quelques années, nous avons la volonté de mettre l’accent sur le courant caravagiste pour le conforter au sein des collections présentes ici» indique Philippe Cros, le directeur de la Fondation Bemberg.

Du clair-obscur au maniérisme…

L’œuvre de Francisco de Zurbarán, peinte aux alentours de 1645-1650, représente le Christ enfant qui se blesse en s’amusant avec une couronne d’épines. La scène, totalement imaginaire, préfigure la Passion du Christ et fut sans doute inventée au 14e siècle par un moine de l’Ordre des Chartreux. «Zurbarán a beaucoup travaillé pour les ordres religieux, et cette iconographie apocryphe a fait école en Espagne. Cette peinture a toute sa place dans l’œuvre de Zurbarán, qui est surtout connue pour ses clair-obscur très violents qui correspondent d’ailleurs à ses débuts. Là, nous sommes à la fin de sa vie, lorsqu’il s’éloigne du style austère et sombre ainsi que du réalisme inspirés du Caravage pour se rapprocher des maniéristes italiens et de leur palette plus raffinée. C’est une œuvre de la maturité» note Philippe Cros.

 

Francisco De Zurbaran  Le Christ enfant – Francisco de Zurbarán

 

De son côté, le «Portrait d’homme» de Pietro Paolini est selon le directeur de la Fondation Bemberg l’œuvre d’un «artiste totalement caravagesque». Passé par Rome où il devint un disciple de Manfredi puis du Caravage, Pietro Paolini séjourna également à Venise avant de revenir à Lucques, sa ville natale située en Toscane. Considéré comme l’un des artistes italiens les plus originaux du 17e, Paolini se distingue par des scènes et des portraits «toujours étranges» d’après Philippe Cros, à l’image du squelette présent dans cette œuvre, vu par les historiens de l’art comme une allégorie et une réflexion sur la dimension éphémère de l’existence terrestre. Attribué un temps au Caravage lui-même, ce tableau avait été exposé en 1922 à Florence et fait donc à présent partie, tout comme celui de Zurbarán, du catalogue de la Fondation Bemberg qui compte, pour la période allant du 16e au 18e, près de deux cents œuvres.

Nicolas Coulaud
Un Article de l’Opinion Indépendante


Fondation Bemberg
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