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Dimanche 21 Octobre 2018

Étoile filante

Par Jérôme Gac

À Toulouse, un programme du Ballet du Capitole rend hommage au danseur et chorégraphe Rudolf Noureev, au Théâtre du Capitole.

 

RudolfNoureev

 

Directeur du Ballet de l’Opéra de Paris de 1983 à 1989, Rudolf Noureev (photo) a marqué durablement l’histoire de la danse à travers la construction d’un répertoire et la formation de maîtres de ballet et de danseurs. Prince de la danse classique, il restera comme l’un des plus grands interprètes du XXe siècle. Soliste de la troupe du Kirov, il profite d’une tournée en 1961 pour demander l’asile politique à la France. Travailleur acharné et exigeant, il cherche sans cesse à dépasser ses propres limites. Cible de nombreuses polémiques à la direction du Ballet de l’Opéra de Paris, il y remonta à l’identique ou proposa ses propres versions des plus grands chefs-d’œuvre, notamment ceux du répertoire russe signés Marius Petipa — l’inventeur du ballet classique au XIXe siècle auquel il vouait une passion.

Nommé danseur étoile de l’Opéra de Paris après une représentation de « la Belle au bois dormant » de Rudolf Noureev, Kader Belarbi dirige aujourd’hui à Toulouse le Ballet du Capitole. Selon lui, Noureev «avait un profond respect pour la tradition. Comme c’était un danseur qui s’était vraiment produit dans le monde entier, il introduisait dans ses classes toutes les techniques auxquelles il s’était frotté : le rythme de la technique américaine, le brio italien, l’élégance française, la force de la technique russe pour les garçons, le placement danois… En quelque sorte, il a pris le meilleur de chacune pour bâtir la sienne propre. Ce qui fait que nous étions en constante recherche de la meilleure exécution dans tous les coins et recoins de la technique. Il a exigé de la rigueur, de la “propreté” dans les pas et un dépassement chez tout le monde, du danseur de corps de ballet à l’Étoile en passant par le maître de ballet, le répétiteur…. C’est pour cela que les ballets de Rudolf Noureev sont très durs à danser : ils requièrent une sophistication extrême dans la rigueur et le respect du langage académique», assure Kader Belarbi.

Le programme du Ballet du Capitole imaginé pour rendre hommage au danseur et chorégraphe, vingt-cinq ans après sa disparition, est constitué d’extraits de ses pièces et de ses rôles emblématiques. Ce sera l’occasion d’apprécier sur la scène du Théâtre du Capitole, mais aussi celle du Corum à Montpellier, quatre passages chorégraphiés d’après Petipa : le Grand Pas classique de « Raymonda », le Pas de deux du Mariage de « la Belle au bois dormant », le pas de trois du Cygne noir du « Lac des cygnes » qui, absent de la version originale, a été imaginé par Noureev dans le troisième acte, et la scène des Ombres de « la Bayadère ». Noureev fit sa première apparition sur la scène du Palais Garnier dans « la Bayadère », en 1961, à l’âge de 23 ans, puis signera une version sur la même scène qui sera son dernier ballet – il mourra trois mois après la première représentation, à l’âge de 54 ans.

 

De Noureev, sur les célèbres musiques de Prokofiev, seront présentés la scène d’amour de l’acte I de « Roméo et Juliette », et le Pas de deux de Cendrillon et de l’Acteur-vedette, extrait du ballet « Cendrillon » créé d’après Perrault en 1986, pour le Ballet de l’Opéra de Paris, et transposé dans le Hollywood des années trente. Dans la fosse du Théâtre du Capitole, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse sera dirigé pour l’occasion par Florian Krumpöck. Le chef autrichien sera également à la tête de l’Orchestre national de Montpellier lors des représentations au Corum.

Jérôme Gac
pour le mensuel Intramuros

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Théâtre du Capitole • Ballet du Capitole
Dans les pas de Noureev
du 18 au 23 octobre 2018