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Dimanche 24 Janvier 2021

Gisèle Halimi, une femme libre

Par Sylvie Vaz

Annick Cojean publie, Une farouche liberté, aux éditions Grasset. Un dialogue passionnant avec Gisèle Halimi qui raconte ses combats, ses convictions et son désir d’égalité. Un portrait fascinant !

 

Halimi Cojean RD

Que l’on connaisse ou pas tous ses combats, le nom de Gisèle Halimi n’est pas méconnu. Grande défenseuse des droits des femmes, elle est souvent associée à de grandes causes et à de grands noms qui ont marqué l’histoire. Parmi eux, Simone Weil ou encore Simone de Beauvoir. Mais avant de connaître le succès, Gisèle Halimi a dû lutter pour sa propre liberté et obtenir son indépendance. Gisèle est née en Tunisie dans une famille plutôt conservatrice où le rôle des femmes est cantonné au service des hommes.

De cela, la jeune Gisèle n’en veut pas. Aussitôt, l’injustice lui saute aux yeux. Pourquoi son frère aurait plus de libertés ? Pourquoi tous les espoirs de la famille reposeraient sur lui alors qu’elle aspire aux mêmes droits et à une instruction égalitaire ? On lui rétorque que c’est normal, naturel. Lui est un garçon, elle une fille. Cette explication ne suffira pas à convaincre la jeune Gisèle qui décide d’entamer une grève de la faim. Elle a 9 ans et mène déjà son premier combat. Elle l’emportera et son chemin sera dès lors tout tracé. Elle luttera toute sa vie pour l’égalité des droits.

Le destin d’une combattante

Halimi

Gisèle obtiendra une bourse et s’émancipera en venant étudier à Paris. Le droit, voilà sa vocation. Jeune diplômée, elle s’intéressera en premier au sort des condamnés à mort. Chaque nouveau dossier est une lutte. Puis c’est un autre combat qui lui tombe sur les bras, celui de femmes. Gisèle défendra une jeune fille qui a avorté à la suite d’un viol. Dans le banc des accusés la jeune fille et sa mère. Une injustice totale que Gisèle veut combattre. Cette affaire fera grand bruit et devient le symbole de l’émancipation des femmes et du droit à l’avortement. Des anonymes et des femmes célèbres s’uniront pour réussir le combat de toute une vie.

Annick Cojean retrace ce parcours prodigieux avec force et passion. On entend la voix déterminée et juste de Gisèle Halimi, et on ressent la flamme qui l’anime. Ce texte passionnant rappelle qu’aucune lutte n’est perdue d’avance lorsqu’on garde espoir et lorsqu’on est prêt à se battre jusqu’au bout afin d’obtenir la liberté. Un témoignage bouleversant et nécessaire afin de ne jamais oublier la détermination d’une femme qui n’a jamais cédée. Impressionnant !

Sylvie V.

Annick Cojean, Une farouche liberté, Grasset, 160 p.


Photo : Gisèle Halimi avec Annick Cojean, © Richard Dumas


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