Bernard Maris, encore une fois

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


Un peu plus de deux ans après la disparition de Bernard Maris, les hommages – en particulier livresques – se succèdent. Il est vrai que cet homme singulièrement libre a laissé un grand vide tant par son style que par son propos. Economiste, journaliste, essayiste, romancier : les classifications ne suffisent à cerner les différentes facettes de celui qui fut aussi un fin pédagogue. De sa longue expérience de professeur et d’universitaire, Bernard Maris avait préservé le don de rendre compréhensible les mécanismes et les enjeux d’une discipline parfois complexe, notamment quand elle est confisquée par des «spécialistes» soucieux de préserver leur pré carré.

 

Cet éducateur soucieux de la clarté ne cédait cependant pas à la simplification ni à la vulgarisation à outrance sinon à l’occasion dans des textes résolument pamphlétaires à l’image de ceux signés avec Philippe Labarde. En outre, certains de ses ouvrages – dont Capitalisme et Pulsion de mort écrit avec Gilles Dostaler – se révèlent plus exigeants et ardus.


Lire la suite...






























    

    Des livres comme des rations de survie

    Par Christian Authier


    Quels sont les trois livres que vous emporteriez sur une île déserte ? Deux cents écrivains du monde entier ont répondu à François Armanet.


    Le petit jeu de ce que l’on emporterait sur une île déserte est indémodable et inépuisable. Il peut fonctionner aussi avec les films, les disques ou les bouteilles de vin. Aux écrivains rencontrés au fil des ans et soumis à la question, l’auteur de La Bande du drugstore et d’Enragé n’avait imposé qu’une réserve : ne pas choisir La Bible ni Shakespeare. Évidemment, nombre d’écrivains ont cité… La Bible et Shakespeare. Sans surprise, Cervantès, Homère et Les Mille et Unes Nuits ne manquent pas à l’appel. Borges et Proust ne sont pas loin. Conrad, Dante, Flaubert, Dostoïevski, Montaigne ou Rabelais ont leurs fans. Dans le contexte de l’île déserte, Robinson Crusoé s’impose naturellement, Moby Dick et Anna Karénine ont leur serviette de plage. Il y a évidemment des choix plus buissonniers, ce qui participe au charme de cette Bibliothèque idéale du naufrage, petit livre très joliment illustré par Stéphane Trapier.


    Lire la suite...
    Partager
    Partager sur FacebookPartager sur TwitterPartager sur GooglePartager par email