Benoît Duteurtre, à contretemps

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


L’écrivain publie avec Pourquoi je préfère rester chez moi un recueil de chroniques diverses dans lesquelles il bouscule les modes et le prêt-à-penser de l’époque.


«Je me pose des questions. D’anciennes et de nouvelles, avec un goût marqué pour les contradictions», annonce l’auteur de Gaieté parisienne, Service clientèle ou La Rebelle – romans s’attachant à décrire (non sans légèreté et humour grinçant) quelques-unes des mutations contemporaines – dans l’avant-propos de ce recueil aux motifs variés. «Il est possible que je m’attache trop à des plaisirs disparus, voire à l’idée que certaines choses étaient « mieux avant ». Je n’ai pourtant rien contre la notion de progrès, et je suppose que notre époque en apporte beaucoup, dont d’autres se chargent de faire l’apologie… Quant à moi, en rassemblant ces diverses « polémiques », j’ai voulu épingler certaines réformes qui ne rendent pas le monde meilleur, des évolutions fâcheuses qui n’étaient pas toujours inéluctables. Cherchant à peser, dans chaque bond en avant, ce que nous gagnons et ce que nous perdons, je me livre à une critique de la vie quotidienne qui voudrait au moins inviter à réfléchir», poursuit-il.


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    Les conversations publiques de Beigbeder

    Par Christian Authier


    L’auteur de 99 francs rassemble dans Conversations d’un enfant du siècle une sélection d’interviews qu’il réalisa. Au menu : Houellebecq, d’Ormesson, Finkielkraut, Tabucchi…


    Un livre compilant des interviews d’écrivains, réalisées entre 1999 et 2014, pour la télévision ou la presse écrite : cela sent le recyclage paresseux. On ouvre tout de même. Conversations d’un enfant du siècle commence avec Bernard Frank et s’achève avec James Salter. Antonio Tabucchi et Umberto Eco, Tom Wolfe et Jean d’Ormesson, Jay McInerney et Bret Easton Ellis défilent. Il y a pire compagnie. Beigbeder est doué pour tirer les vers du nez, il confesse même un muet (le regretté Albert Cossery), il amadoue ses sujets. Les apartés, les «bonus», le coup d’œil dans les coulisses donnent leur sel aux échanges. Finkielkraut n’est pas dupe : «C’est très gentil mais, en fait, ça ne l’est pas vraiment. Avec votre voix, tout paraît gentil, alors que vous vous moquez.»


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