Benoît Duteurtre, à contretemps

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


L’écrivain publie avec Pourquoi je préfère rester chez moi un recueil de chroniques diverses dans lesquelles il bouscule les modes et le prêt-à-penser de l’époque.


«Je me pose des questions. D’anciennes et de nouvelles, avec un goût marqué pour les contradictions», annonce l’auteur de Gaieté parisienne, Service clientèle ou La Rebelle – romans s’attachant à décrire (non sans légèreté et humour grinçant) quelques-unes des mutations contemporaines – dans l’avant-propos de ce recueil aux motifs variés. «Il est possible que je m’attache trop à des plaisirs disparus, voire à l’idée que certaines choses étaient « mieux avant ». Je n’ai pourtant rien contre la notion de progrès, et je suppose que notre époque en apporte beaucoup, dont d’autres se chargent de faire l’apologie… Quant à moi, en rassemblant ces diverses « polémiques », j’ai voulu épingler certaines réformes qui ne rendent pas le monde meilleur, des évolutions fâcheuses qui n’étaient pas toujours inéluctables. Cherchant à peser, dans chaque bond en avant, ce que nous gagnons et ce que nous perdons, je me livre à une critique de la vie quotidienne qui voudrait au moins inviter à réfléchir», poursuit-il.


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    Pasolini parmi nous

    Par Christian Authier


    La Piste Pasolini de Pierre Adrian explore «la dérangeante actualité» de l’écrivain et cinéaste assassiné voici quarante ans. Retour sur un artiste d’une liberté indomptable.


    De Pier Paolo Pasolini (1922-1975), on se souvient d’abord de la mort aussi affreuse que mystérieuse, jamais réellement élucidée. Giuseppe Pelosi, dit «Pino la grenouille», dix-sept ans alors, l’une de ces petites frappes que l’artiste aimait racoler, l’a-t-il tué ? Sans doute. Certains évoquèrent plutôt la Mafia, l’extrême droite ou l’appareil d’État. Un assassinat politique serait-il plus «noble» qu’une sordide histoire de mœurs ? Le 2 novembre au matin, à Ostie, non loin de la plage, le corps supplicié ressemble à «un tas de chiffons» selon l’expression de la femme qui le découvre.

     

    C’est à Ostie, sur les lieux du crime, que s’ouvre La Piste Pasolini de Pierre Adrian. Que fait donc là ce jeune Français né en 1991 ? «Pourquoi moi, si loin de lui, étudiant parisien de 23 ans, je le cherche encore, là où il n’est plus ?


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