Benoît Duteurtre, à contretemps

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


L’écrivain publie avec Pourquoi je préfère rester chez moi un recueil de chroniques diverses dans lesquelles il bouscule les modes et le prêt-à-penser de l’époque.


«Je me pose des questions. D’anciennes et de nouvelles, avec un goût marqué pour les contradictions», annonce l’auteur de Gaieté parisienne, Service clientèle ou La Rebelle – romans s’attachant à décrire (non sans légèreté et humour grinçant) quelques-unes des mutations contemporaines – dans l’avant-propos de ce recueil aux motifs variés. «Il est possible que je m’attache trop à des plaisirs disparus, voire à l’idée que certaines choses étaient « mieux avant ». Je n’ai pourtant rien contre la notion de progrès, et je suppose que notre époque en apporte beaucoup, dont d’autres se chargent de faire l’apologie… Quant à moi, en rassemblant ces diverses « polémiques », j’ai voulu épingler certaines réformes qui ne rendent pas le monde meilleur, des évolutions fâcheuses qui n’étaient pas toujours inéluctables. Cherchant à peser, dans chaque bond en avant, ce que nous gagnons et ce que nous perdons, je me livre à une critique de la vie quotidienne qui voudrait au moins inviter à réfléchir», poursuit-il.


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    Hommes des années quatre-vingt

    Par Christian Authier


    Dans Les uns contre les autres, Franck Maubert ressuscite la fin des années quatre-vingt et les nuits parisiennes.


    «En cette fin de décennie, il y a bien un miracle de la Nuit, pour faire que l’Argent, la Mode, la Rue, le Journal et même l’Université s’étourdissent ensemble et conjuguent leurs talents en accouchant de ce paradoxe : un équilibre festif, aimable boudoir de la “société tertiaire de services” qui allait bien vite devenir celle de l’ennui, de l’esprit d’imitation, de la lâcheté», écrivait Gilles Châtelet en 1998 dans Vivre et penser comme des porcs, à propos du mythique Palace de Fabrice Emaer à la fin des années soixante-dix, voyant là les prémices de la grande révolution libérale-libertaire à venir. Les uns contre les autres de Franck Maubert débute dans une autre boîte de nuit célèbre, Les Bains Douches (baptisés ici Les Lumières) et se situe exactement dix ans plus tard. Le ton et la manière du roman sont évidemment différents de ceux du philosophe disparu en 1999, mais le propos est assez voisin.


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