Benoît Duteurtre, à contretemps

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


L’écrivain publie avec Pourquoi je préfère rester chez moi un recueil de chroniques diverses dans lesquelles il bouscule les modes et le prêt-à-penser de l’époque.


«Je me pose des questions. D’anciennes et de nouvelles, avec un goût marqué pour les contradictions», annonce l’auteur de Gaieté parisienne, Service clientèle ou La Rebelle – romans s’attachant à décrire (non sans légèreté et humour grinçant) quelques-unes des mutations contemporaines – dans l’avant-propos de ce recueil aux motifs variés. «Il est possible que je m’attache trop à des plaisirs disparus, voire à l’idée que certaines choses étaient « mieux avant ». Je n’ai pourtant rien contre la notion de progrès, et je suppose que notre époque en apporte beaucoup, dont d’autres se chargent de faire l’apologie… Quant à moi, en rassemblant ces diverses « polémiques », j’ai voulu épingler certaines réformes qui ne rendent pas le monde meilleur, des évolutions fâcheuses qui n’étaient pas toujours inéluctables. Cherchant à peser, dans chaque bond en avant, ce que nous gagnons et ce que nous perdons, je me livre à une critique de la vie quotidienne qui voudrait au moins inviter à réfléchir», poursuit-il.


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    Eva

    de Simon Liberati

    Simon Liberati au pays d'Eva

    Par Christian Authier

     

    Portrait de la femme aimée et de sa vie hors-normes, récit d’une incroyable rencontre sous les mannes de la littérature, Eva de Simon Liberati est un livre magnifique.

     

    Avant d’occuper les chroniques littéraires, Eva a fait dans les premiers jours d’août l’actualité judiciaire. Son auteur et son éditeur étaient en effet assignés en référé pour «atteinte à la vie privée» par Irina Ionesco réclamant notamment la suppression des passages la concernant. Car Simon Liberati retrace dans l’ouvrage l’existence de son épouse Eva Ionesco, fille d’Irina, et son enfance quand, âgée de quatre à douze ans, elle servit de modèle à sa mère photographe. Ces clichés érotiques eurent alors un grand succès dans une époque où la sexualité des enfants et même la pédophilie n’étaient plus des tabous. L’esprit de mai et la libération sexuelle étaient passés par là. Liberati se souvient : «certains journaux comme Libération ou Le Nouvel Observateur abritaient les utopies sadiques de René Schérer, de Tony Duvert ou de Guy Hocquenghem.»


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