Hommage à Michel Déon

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


L’écrivain décédé le 28 décembre nous lègue un art de vivre, de lire et d’écrire d’un éclat éternel.

 

Nous avions fini par croire, au fil des ans, que Michel Déon était réellement immortel, ainsi l’on qualifie les membres de l’Académie française où il avait été élu en 1978. Lui-même aimait plaisanter sur son extraordinaire longévité qui a donc pris fin le mercredi 28 décembre quelques mois après son quatre-vingt-dix-septième anniversaire. Avec la disparition de Michel Déon s’achève définitivement une époque, celle de la mythologie des hussards, de ces écrivains ayant eu entre vingt et vingt-cinq ans en 1945 – date que Roger Nimier désigna comme «la fin du monde civilisé» – et qui voulurent chasser le tragique, la gravité, l’idéologie, les interdits et les listes noires sans rien renier de leurs fidélités respectives. Avec lui s’éteint aussi un certain art de vivre, de lire et d’écrire que l’homme comme l’œuvre incarnèrent de façon aussi majestueuse qu’humble.


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    Correspondance (1950-1962)

    de Paul Morand et Roger Nimier

    Au galop des hussards


    La correspondance entre Paul Morand et Roger Nimier retrace l’amitié nouée par «l’Homme pressé» et le «Hussard bleu».


    À la fin, le talent gagne toujours. Nimier et les «hussards» n’ont pas eu les honneurs de l’université et des manuels officiels de littérature, leurs aînés Morand et Chardonne non plus, mais l’éclat souverain de leurs œuvres est intact.

     

    D’ailleurs qui édite-t-on aujourd’hui ? Le deuxième volume de la correspondance Morand-Chardonne (près de 1200 pages pour les années 1961-1963) vient de paraître deux ans après la sortie du premier tome tandis que celle de Morand et Nimier arrive elle aussi en librairie… Ce ne sont pas les lettres de Sarraute, Butor ou Duras que l’on s’arracherait.


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