Bernard Maris, encore une fois

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


Un peu plus de deux ans après la disparition de Bernard Maris, les hommages – en particulier livresques – se succèdent. Il est vrai que cet homme singulièrement libre a laissé un grand vide tant par son style que par son propos. Economiste, journaliste, essayiste, romancier : les classifications ne suffisent à cerner les différentes facettes de celui qui fut aussi un fin pédagogue. De sa longue expérience de professeur et d’universitaire, Bernard Maris avait préservé le don de rendre compréhensible les mécanismes et les enjeux d’une discipline parfois complexe, notamment quand elle est confisquée par des «spécialistes» soucieux de préserver leur pré carré.

 

Cet éducateur soucieux de la clarté ne cédait cependant pas à la simplification ni à la vulgarisation à outrance sinon à l’occasion dans des textes résolument pamphlétaires à l’image de ceux signés avec Philippe Labarde. En outre, certains de ses ouvrages – dont Capitalisme et Pulsion de mort écrit avec Gilles Dostaler – se révèlent plus exigeants et ardus.


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    Christian Authier : itinéraire d"un esprit libre

    La rédaction de L'Opinion Indépendante abrite le dernier des bohèmes honnêtes. Christian Authier cultive naturellement l'art du paradoxe. C'est d'ailleurs ce qui fait son charme. Écrivain, il évoque la figure du promeneur solitaire, adepte des rêveries en clair-obscur, ou celle du romantique à fleur de peau, facilement élégiaque. Journaliste, il rappellerait plutôt, aux yeux de ses camarades cinéphiles, l'incorruptible Eliot Ness, qui fustige les compromissions et refuse de se soumettre au désordre établi.

     

    Authier n'est pas l'homme des postures faciles. Il ne ment ni ne surjoue. Chez cet être candide et tendre, à qui tout fait mal, l'émotion n'est jamais feinte, pas plus que la colère ou l'émerveillement. Il prodigue éloges et blâmes avec la même générosité simple. Son intransigeance est à la mesure de son indignation face aux lourdeurs, aux petitesses et aux médiocrités qui nourrissent son spleen.

     

    Insaisissable, Authier le reste, envers et contre tout. Ce fin lecteur de Muray sait éviter les écueils de la " rebellocratie ". On ne fera pas de lui un " mutin de panurge ".


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