Bernard Maris, encore une fois

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


Un peu plus de deux ans après la disparition de Bernard Maris, les hommages – en particulier livresques – se succèdent. Il est vrai que cet homme singulièrement libre a laissé un grand vide tant par son style que par son propos. Economiste, journaliste, essayiste, romancier : les classifications ne suffisent à cerner les différentes facettes de celui qui fut aussi un fin pédagogue. De sa longue expérience de professeur et d’universitaire, Bernard Maris avait préservé le don de rendre compréhensible les mécanismes et les enjeux d’une discipline parfois complexe, notamment quand elle est confisquée par des «spécialistes» soucieux de préserver leur pré carré.

 

Cet éducateur soucieux de la clarté ne cédait cependant pas à la simplification ni à la vulgarisation à outrance sinon à l’occasion dans des textes résolument pamphlétaires à l’image de ceux signés avec Philippe Labarde. En outre, certains de ses ouvrages – dont Capitalisme et Pulsion de mort écrit avec Gilles Dostaler – se révèlent plus exigeants et ardus.


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    Le convoi de la peur

    " Check-point " de Jean-Christophe Rufin

    Jean-Christophe Rufin met en scène dans Check-point un groupe d’humanitaires français en plein cœur de la Bosnie déchirée par les guerres civiles et ethniques.


    On l’a peut-être oublié, mais bien avant de collectionner les honneurs littéraires (des Causes perdues, prix Interallié 1999, à Rouge Brésil, Goncourt 2001), l’académicien Jean-Christophe Rufin fit carrière dans l’humanitaire dans les rangs de Médecins sans frontières dont il fut vice-président, d’Action contre la faim ou de la Croix-Rouge française. C’est encore à ce domaine qu’il consacra ses premiers livres comme Le Piège humanitaire en 1986.

     

    D’ailleurs, la question humanitaire n’allait pas tarder à devenir une «gâchette», le prétexte à des interventions militaires qui prendraient le nom de «guerres humanitaires» au nom du «droit d’ingérence». Le destin du plus fameux des «french doctors», Bernard Kouchner, passé en quelques années de Médecins sans frontières à bombardements sans frontières, de Rimbaud en Abyssinie à Rambo au Kosovo, demeure le meilleur symbole de cette mutation géopolitique.


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