Benoît Duteurtre, à contretemps

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


L’écrivain publie avec Pourquoi je préfère rester chez moi un recueil de chroniques diverses dans lesquelles il bouscule les modes et le prêt-à-penser de l’époque.


«Je me pose des questions. D’anciennes et de nouvelles, avec un goût marqué pour les contradictions», annonce l’auteur de Gaieté parisienne, Service clientèle ou La Rebelle – romans s’attachant à décrire (non sans légèreté et humour grinçant) quelques-unes des mutations contemporaines – dans l’avant-propos de ce recueil aux motifs variés. «Il est possible que je m’attache trop à des plaisirs disparus, voire à l’idée que certaines choses étaient « mieux avant ». Je n’ai pourtant rien contre la notion de progrès, et je suppose que notre époque en apporte beaucoup, dont d’autres se chargent de faire l’apologie… Quant à moi, en rassemblant ces diverses « polémiques », j’ai voulu épingler certaines réformes qui ne rendent pas le monde meilleur, des évolutions fâcheuses qui n’étaient pas toujours inéluctables. Cherchant à peser, dans chaque bond en avant, ce que nous gagnons et ce que nous perdons, je me livre à une critique de la vie quotidienne qui voudrait au moins inviter à réfléchir», poursuit-il.


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    Le Pouvoir absolu

    de Damien Malige

    Malaise dans la civilisation


    Le deuxième roman de Damien Malige, Le Pouvoir absolu, livre une vision désolée et corrosive des temps présents.


    Dans la lignée de son premier roman Province Terminale, paru en 2012, Damien Malige ne prend pas de gants pour dire ses vérités à l’époque. Sans emprunter le didactisme de la littérature engagée, l’écrivain plante le décor et lance ses flèches autant par le rythme de son écriture que par sa capacité à installer un climat.

     

    Par ailleurs, la trame du Pouvoir absolu est mince, flottante: on découvre un personnage à travers deux moments de son existence (2000 et 2014) qui le voient achever ses études puis devenir architecte. Entre ces dates prend forme le tableau d’un monde fragile, sans fondations, où le vernis de la civilisation craque sous les coups d’une modernité techno-marchande : «Le présent permanent nous possédait, supprimant l’inertie propre au hier aujourd’hui demain peut-être.


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