Jean-Edern Hallier, l"idiot insaisissable

Les Chroniqueurs

Jean-Claude Lamy

Par Christian Authier


C’était Jean-Edern…


Avec Jean-Edern Hallier, L’idiot indispensable, Jean-Claude Lamy signe un livre éblouissant sur un écrivain hors normes.

 

Et si Jean-Claude Lamy avait écrit le meilleur livre «de» Jean-Edern Hallier ? C’est finalement ce que l’on se dit en ayant terminé cette biographie-fleuve de 600 pages qui reflète sans doute mieux la vérité de l’écrivain et polémiste que ses propres livres dont les meilleurs se nomment Le premier qui dort réveille l’autre, L’Évangile du fou et Je Rends Heureux. D’ailleurs, Hallier n’était pas dupe en disant «Mon chef-d’œuvre, c’est ma vie». Son père, le général André Adolphe Hallier, regrettait qu’il ne soit pas passé par la case prison : «Un an à la bastille, il aurait pu écrire un grand roman».


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    Un instant d"abandon dans les bras de James Dean

    "Vivre vite" de Philippe BESSON (Julliard)

    Le génie de Philippe Besson, qui compte au nombre des écrivains les plus talentueux de sa génération depuis son entrée fracassante en littérature il y a bientôt quinze ans avec son sublime roman "En l'absence des hommes", réside dans le mélange unique, dont chacun (ou presque) de ses romans est le fruit, fait de cette insondable délicatesse qui lui permet de fouiller le coeur des hommes pour en extraire les blessures les plus profondes sans jamais les faire saigner, de cette noire simplicité avec laquelle, tel Pierre Soulages, il peint leur solitude, leurs doutes et leurs souffrances, de cette amère subtilité qu'il utilise pour habiller des mots les plus justes les maux invisibles mais pas indolores de ses personnages, de cette virtuosité quasi-cinématographique grâce à laquelle il compose les décors impressionnistes des huis-clos ou des histoires au grand large qu'il nous conte, de cet irrésistible pouvoir qui lui permet de nous catapulter dans l'univers intime de ses anti-héros fragiles, de cette douce musicalité grâce à laquelle il bat la cadence de son phrasé durassien, de cette parfaite maîtrise de l'architecture impeccable des récits iodés qu'il nous livre et de cette incomparable limpidité stylistique qui donne à son écriture un souffle océanique.


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