Benoît Duteurtre, à contretemps

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


L’écrivain publie avec Pourquoi je préfère rester chez moi un recueil de chroniques diverses dans lesquelles il bouscule les modes et le prêt-à-penser de l’époque.


«Je me pose des questions. D’anciennes et de nouvelles, avec un goût marqué pour les contradictions», annonce l’auteur de Gaieté parisienne, Service clientèle ou La Rebelle – romans s’attachant à décrire (non sans légèreté et humour grinçant) quelques-unes des mutations contemporaines – dans l’avant-propos de ce recueil aux motifs variés. «Il est possible que je m’attache trop à des plaisirs disparus, voire à l’idée que certaines choses étaient « mieux avant ». Je n’ai pourtant rien contre la notion de progrès, et je suppose que notre époque en apporte beaucoup, dont d’autres se chargent de faire l’apologie… Quant à moi, en rassemblant ces diverses « polémiques », j’ai voulu épingler certaines réformes qui ne rendent pas le monde meilleur, des évolutions fâcheuses qui n’étaient pas toujours inéluctables. Cherchant à peser, dans chaque bond en avant, ce que nous gagnons et ce que nous perdons, je me livre à une critique de la vie quotidienne qui voudrait au moins inviter à réfléchir», poursuit-il.


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    Les enfants perdus de Modiano

    "Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier", un roman de Patrick Modiano

    Dans son dernier roman, Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, Patrick Modiano revisite ses thèmes de prédilection avec une grâce intacte.


    Il n’est pas à craindre que le prix Nobel de littérature, décerné à Patrick Modiano le 9 octobre dernier, change l’art et la manière de l’écrivain qui prend soin d’effacer des pages «Du même auteur» de ses livres les prix obtenus (Prix Nimier pour son premier roman La Place de l’Étoile paru en 1967, Grand prix du roman de l’Académie française pour Les Boulevards de ceinture en 1972, Goncourt pour Rue des boutiques obscures en 1978) ainsi même que les années de publication de ses ouvrages. Nulle coquetterie ici, mais plutôt le désir d’indiquer que sa trentaine de romans, récits ou recueils de nouvelles ne forme qu’un vaste continuum imperméable aux honneurs et à la chronologie.


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