Benoît Duteurtre, à contretemps

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


L’écrivain publie avec Pourquoi je préfère rester chez moi un recueil de chroniques diverses dans lesquelles il bouscule les modes et le prêt-à-penser de l’époque.


«Je me pose des questions. D’anciennes et de nouvelles, avec un goût marqué pour les contradictions», annonce l’auteur de Gaieté parisienne, Service clientèle ou La Rebelle – romans s’attachant à décrire (non sans légèreté et humour grinçant) quelques-unes des mutations contemporaines – dans l’avant-propos de ce recueil aux motifs variés. «Il est possible que je m’attache trop à des plaisirs disparus, voire à l’idée que certaines choses étaient « mieux avant ». Je n’ai pourtant rien contre la notion de progrès, et je suppose que notre époque en apporte beaucoup, dont d’autres se chargent de faire l’apologie… Quant à moi, en rassemblant ces diverses « polémiques », j’ai voulu épingler certaines réformes qui ne rendent pas le monde meilleur, des évolutions fâcheuses qui n’étaient pas toujours inéluctables. Cherchant à peser, dans chaque bond en avant, ce que nous gagnons et ce que nous perdons, je me livre à une critique de la vie quotidienne qui voudrait au moins inviter à réfléchir», poursuit-il.


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    Ouvert la nuit

    "Elle court, elle court la nuit", un recueil de Jean-Michel Gravier.

    Un recueil de chroniques permet de retrouver la plume mordante et nostalgique de Jean-Michel Gravier.


    C’était une époque où les écrivains donnaient encore le la dans les journaux. Au Matin de Paris, en cette fin des années 70 et début des années 80, il y avait notamment Bernard Frank. On pouvait lire aussi Jean-Paul Kauffmann et Jean-Michel Gravier qui n’avaient pas encore écrit leurs livres. L’œuvre de ce dernier sera mince (un recueil de lettres, Les héros du peuple sont immortels, et un roman, Les Clefs de la plage) et il disparaitra en 1994, mais sa plume sera assez marquante pour que certains ne l’oublient pas, à l’image d’Arnaud Le Guern qui édite aujourd’hui (et préface joliment) Elle court, elle court… la nuit.


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