Bernard Maris, encore une fois

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


Un peu plus de deux ans après la disparition de Bernard Maris, les hommages – en particulier livresques – se succèdent. Il est vrai que cet homme singulièrement libre a laissé un grand vide tant par son style que par son propos. Economiste, journaliste, essayiste, romancier : les classifications ne suffisent à cerner les différentes facettes de celui qui fut aussi un fin pédagogue. De sa longue expérience de professeur et d’universitaire, Bernard Maris avait préservé le don de rendre compréhensible les mécanismes et les enjeux d’une discipline parfois complexe, notamment quand elle est confisquée par des «spécialistes» soucieux de préserver leur pré carré.

 

Cet éducateur soucieux de la clarté ne cédait cependant pas à la simplification ni à la vulgarisation à outrance sinon à l’occasion dans des textes résolument pamphlétaires à l’image de ceux signés avec Philippe Labarde. En outre, certains de ses ouvrages – dont Capitalisme et Pulsion de mort écrit avec Gilles Dostaler – se révèlent plus exigeants et ardus.


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    Le chemin des morts

    un livre de François Sureau

    La confession de François Sureau

     

    Dans un bref récit aux accents bouleversants, François Sureau raconte les années quatre-vingt à travers une erreur judiciaire.

     

    Il y a quelque ironie à découvrir le bref récit d’une cinquantaine de pages de François Sureau dans une rentrée littéraire où les éditeurs et les écrivains aiment «montrer leurs muscles» au gré de pavés chargés d’impressionner autant la critique que le chaland. Autre paradoxe : dans une production riche en livres interchangeables, en bêtes à Goncourt et en denrées périssables, Le chemin des morts vient de loin et restera dans la mémoire de ses lecteurs. On devine vite que Sureau a écrit et réécrit ce livre pendant des années, en marchant, en rêvant, en priant sans doute. Les premières phrases donnent le ton : «Les années quatre-vingt sont loin et me font penser à l’avant-guerre, mais à une avant-guerre que nulle guerre n’aurait conclue, et qui aurait simplement changé de cours. Quant à ceux qui l’ont vécue, faute de batailles et d’aventures ils ressemblent à présent à des égarés.»


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