Benoît Duteurtre, à contretemps

Les Chroniqueurs

Par Christian Authier


L’écrivain publie avec Pourquoi je préfère rester chez moi un recueil de chroniques diverses dans lesquelles il bouscule les modes et le prêt-à-penser de l’époque.


«Je me pose des questions. D’anciennes et de nouvelles, avec un goût marqué pour les contradictions», annonce l’auteur de Gaieté parisienne, Service clientèle ou La Rebelle – romans s’attachant à décrire (non sans légèreté et humour grinçant) quelques-unes des mutations contemporaines – dans l’avant-propos de ce recueil aux motifs variés. «Il est possible que je m’attache trop à des plaisirs disparus, voire à l’idée que certaines choses étaient « mieux avant ». Je n’ai pourtant rien contre la notion de progrès, et je suppose que notre époque en apporte beaucoup, dont d’autres se chargent de faire l’apologie… Quant à moi, en rassemblant ces diverses « polémiques », j’ai voulu épingler certaines réformes qui ne rendent pas le monde meilleur, des évolutions fâcheuses qui n’étaient pas toujours inéluctables. Cherchant à peser, dans chaque bond en avant, ce que nous gagnons et ce que nous perdons, je me livre à une critique de la vie quotidienne qui voudrait au moins inviter à réfléchir», poursuit-il.


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    Lecture-spectacle : Andreas Latzko, Le camarade

    vendredi 28 avril à 12h45 - La Fabrique Université Toulouse Jean Jaurès

    Dans le cadre du colloque international « Andreas Latzko (1876-1943) – un classique de la littérature de guerre oublié ? »

     

    Devais-je me guérir de ma mémoire ? Sans le souvenir dont je suis fait, que serais-je ?

     

    C'est à ces questions que Latzko répond dans cette nouvelle, Le camarade, qui parle de l'ensauvagement et de l'indicible. Une expérience sensorielle portée par la voix de Philippe Bertin et les images de Sylvain Trousselle.


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    Delon, une histoire française

    Par Christian Authier

     

    «J’ai grandi avec les films de Delon. Ils évoquent pour moi à la fois un bréviaire et une géographie. Une façon d’être, de se tenir. Une manière d’être libre absolument, de vivre selon sa propre morale et le souvenir d’un pays enseveli. Une France où il était encore possible de s’inventer un destin. En revenant sur les traces de Delon, je reviens vers mon enfance, je reviens vers mon père. Le môme que j’étais alors, il est temps que j’apprenne à l’accepter, il est temps que j’essaie de l’aimer, puisque je n’ai pas su le protéger. J’ai toujours rêvé de survivre à mon enfance», annonce Stéphane Guibourgé dans les premières pages de son livre.

     

    L’auteur du Train fantôme et de La première nuit de tranquillité livre ainsi un récit singulier où l’écrivain mêle sa propre histoire, celle de ses parents et de ses enfants à celle de son sujet tout en ressuscitant une certaine France. Vaste (et périlleux) programme, mais La Mélancolie d’Alain Delon relève brillamment le défi de manière à la fois épurée et brûlante, sans jamais céder par ailleurs à un quelconque narcissisme.


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    Bernard Maris, encore une fois

    Par Christian Authier


    Un peu plus de deux ans après la disparition de Bernard Maris, les hommages – en particulier livresques – se succèdent. Il est vrai que cet homme singulièrement libre a laissé un grand vide tant par son style que par son propos. Economiste, journaliste, essayiste, romancier : les classifications ne suffisent à cerner les différentes facettes de celui qui fut aussi un fin pédagogue. De sa longue expérience de professeur et d’universitaire, Bernard Maris avait préservé le don de rendre compréhensible les mécanismes et les enjeux d’une discipline parfois complexe, notamment quand elle est confisquée par des «spécialistes» soucieux de préserver leur pré carré.

     

    Cet éducateur soucieux de la clarté ne cédait cependant pas à la simplification ni à la vulgarisation à outrance sinon à l’occasion dans des textes résolument pamphlétaires à l’image de ceux signés avec Philippe Labarde. En outre, certains de ses ouvrages – dont Capitalisme et Pulsion de mort écrit avec Gilles Dostaler – se révèlent plus exigeants et ardus.


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    Le Musso, cuvée 2017, est arrivé

    Par Robert Pénavayre


    C’est, en effet, avec une extraordinaire régularité que Guillaume Musso livre à XO Editions, depuis 2004, un nouvel opus tous les ans. Voici donc le 14ème. L’auteur contemporain français le plus lu renoue ici avec une ville qu’il connaît par cœur : New York.

     

    Il nous met en présence de deux êtres que tout aurait tendance à éloigner. D’un côté Madeline, ex flic en quête de calme et surtout d’une solution pour avoir en enfant sans mari. Elle fait des allers-retours constants entre Paris, son port d’attache, et une clinique madrilène spécialisée en FIV. En face, si l’on peut dire, un écrivain, Gaspard, un brin misanthrope, qui vient dans la capitale française chercher la quiétude pour écrire. Tous deux ont pour habitude de louer un appartement pour des durées indéterminées, en fonction de leurs besoins. Mais voilà, l’agence immobilière, cette fois, s’est un peu trompée.


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    Le monstre est toujours vivant

    Par Robert Pénavayre


    Après une halte, superbe, comme entre parenthèses, sur le Continent américain en 2015, avec Une putain d’histoire, Bernard Minier remet en scène aujourd’hui le Commandant Servaz et en profite pour nous replonger dans l’univers montagneux et froid des Pyrénées commingeoises. Pas tout de suite d’ailleurs. Il fait tout d’abord un détour par une plateforme pétrolière.

     

    C’est là que le destin, si l’on peut dire, va remettre indirectement notre bien aimé Commandant en présence de celui qui hante ses nuits depuis des années, depuis Glacé en 2011, Le Cercle en 2013 et N’éteins pas la lumière en 2014. Il s’appelle Julian Hirtmann, sorte d’esprit du Mal, insaisissable et sans pitié. Aujourd’hui il se rappelle aux bons souvenirs de Martin Servaz car il a un service à lui demander.


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    Xavier Patier, l’homme à cheval

    Par Christian Authier

    L’écrivain signe un traité sur le cheval de chasse qui célèbre aussi une certaine idée de la France.


    Romancier talentueux (Reste avec moi, La Foire aux célibataires, Chaux vive…), Xavier Patier est aussi l’auteur d’essais aussi singuliers que brillants comme Horace à la campagne, Le Château absolu (en l’occurrence Chambord dont il fut administrateur) ou Blaise Pascal : la nuit de l’extase. Dans ces textes, l’écrivain ne se laisse jamais emprisonner par son «sujet». Il vagabonde, goûte aux bonheurs de la digression, offre au lecteur des échappées belles. Sept leçons sur le cheval de chasse s’inscrit dans cette veine. Bien sûr, Patier ne fait pas un refus d’obstacle et la vènerie – «ce sport total né de l’accord entre trois créatures qui mettent en commun ce que chacune a de meilleur : un carnivore offre son nez, un herbivore propose ses jambes, un être humain apporte sa tête, cette triple alliance se donnant pour objet de combattre à la loyale, en terrain ouvert, un gibier libre, rapide et rusé.» – est ici célébrée d’une façon qui plaira autant aux passionnés qu’aux béotiens avec ses détours par l’histoire ou la littérature.


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    Souvenirs de résistance

    Par Christian Authier


    Né en 1922, Pierre-Yves Canu signe avec Je resterai abeille un bref et précieux récit sur son passé de résistant.


    «Ce texte n’est ni un roman ni un documentaire mais mon témoignage sur la drôle de guerre, l’exode, l’Occupation, la Résistance, la Libération.

    Je ne cite que les noms des personnes que j’ai réellement connues et dont j’ai été le compagnon», prévient Pierre-Yves Canu qui témoigne pour la première fois par écrit de son expérience. Avec humilité et sans effets, celui qui avait dix-huit ans en 1940 relate les épisodes (engagement dans l’armée d’armistice en 1941, affectation au 21ème régiment d’infanterie coloniale à Toulon, sabordage de la Flotte après l’invasion de la zone libre par les Allemands, entrée dans la Résistance intérieure) qui vont le voir rejoindre le réseau Cohors.


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