Jean-Edern Hallier, l"idiot insaisissable

Les Chroniqueurs

Jean-Claude Lamy

Par Christian Authier


C’était Jean-Edern…


Avec Jean-Edern Hallier, L’idiot indispensable, Jean-Claude Lamy signe un livre éblouissant sur un écrivain hors normes.

 

Et si Jean-Claude Lamy avait écrit le meilleur livre «de» Jean-Edern Hallier ? C’est finalement ce que l’on se dit en ayant terminé cette biographie-fleuve de 600 pages qui reflète sans doute mieux la vérité de l’écrivain et polémiste que ses propres livres dont les meilleurs se nomment Le premier qui dort réveille l’autre, L’Évangile du fou et Je Rends Heureux. D’ailleurs, Hallier n’était pas dupe en disant «Mon chef-d’œuvre, c’est ma vie». Son père, le général André Adolphe Hallier, regrettait qu’il ne soit pas passé par la case prison : «Un an à la bastille, il aurait pu écrire un grand roman».


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    L"Amant noir

    Etienne de Montety

    Par Christian Authier


    Les illusions perdues d’un soldat-écrivain


    De Constantinople à Paris, L’Amant noir d’Etienne de Montety retrace la destinée, placée sous le sceau de l’opium, d’un soldat devenu écrivain.


    Né en 1965, Etienne de Montety a fait une entrée que l’on peut qualifier de tardive dans le domaine romanesque. Directeur du Figaro littéraire depuis 2006 (il dirigea auparavant celles du Figaro Magazine durant plusieurs années), il a attendu 2009 pour publier son premier roman, L’Article de la mort, auquel succéda La Route du salut en 2013. Avant cela, il préféra rendre hommage à travers des essais biographiques à des aînés oubliés (Thierry Maulnier, Kléber Haedens…). 


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    Horowitz L"Intranquille

    Jean-jacques Groleau

    Par Robert Pénavayre


    « C’est Satan au clavier » Clara Haskil


    Déjà auteur, dans la même collection, d’un remarquable Rachmaninov, Jean-Jacques Groleau, actuel directeur, par intérim, du Théâtre du Capitole de Toulouse, publie aujourd’hui une biographie du pianiste Vladimir Horowitz.

     

    Ce musicien, né en Ukraine (1903) aura tissé autour de lui une légende incroyable que sa suprême maîtrise digitale du clavier a largement contribué à installer dans le public. Véritable star, pour ne pas dire divo pour un homme qui adorait le bel canto, il a dominé le monde pianistique du 20ème siècle. Fut-il heureux pour autant ? Lui qui se rêvait comme « diseur », à l’instar de Maria Callas pour l’opéra, c’est-à-dire donnant un sens à chaque note, à chaque phrase, à chaque mélodie, était avant tout reconnu comme un virtuose sans équivalent. Ce fut le combat de sa vie. Jean-Jacques Groleau nous amène, de manière chronologique, sur les pas de cet homme, marié à Wanda Toscanini (on imagine les réunions de famille !!!) et dont la vie intime fut un tiraillement permanent vers d’autres aspirations.


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    Un peu tard dans la saison

    Jérôme Leroy

    Par Christian Authier


    Jérôme Leroy, éloge de la fuite


    Une étrange épidémie frappe la France et le monde : des gens disparaissent, coupent les ponts avec la société. Une jeune capitaine des services spéciaux enquête…

     

    Personne n’avait vu venir la chose. Comment appeler cela ? Une désertion ? Un sabotage pacifique ? Des gens disparaissent, abandonnent leurs postes, coupent les ponts. Des milliers de personnes – du ministre à la femme de ménage – font ainsi défection. Les autorités ont trouvé un nom de code pour cette étrange épidémie : « l’Éclipse ». Lorsque les « éclipsés » occupent des postes importants, on maquille leur fuite afin de ne pas susciter des vocations alors que le phénomène se répand aussi à l’étranger. 


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    Un couple presque parfait

    Par Christian Authier


    Le nouveau roman de Philippe Ségur, Extermination des cloportes, est une réjouissante comédie noire.


    Don et Betty forment un couple comme tant d’autres, d’une banalité petite-bourgeoise presque rassurante. Ils sont professeurs dans un lycée de Nîmes, propriétaires d’un petit appartement dans un lotissement au cœur d’un quartier sans histoires. Le soir, ils regardent des séries TV en DVD et Les Soprano devrait les occuper un moment. Mad Men : ils ont déjà vu cela. D’ailleurs, ils se sont attribué les prénoms des Drapper… Par ailleurs, Don Dechine a un grand projet. Il va écrire un roman, pas n’importe lequel, mais un best-seller mondial. Il n’est pas encore sûr du titre et ne sait pas de quoi il sera question ? Peu importe. L’essentiel est posé : «Un thème porteur, un lexique de deux cents mots, du dialogue au kilomètre et surtout une règle d’or : ne pas fatiguer le lecteur.»


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    Cinéma, cinémas…

    Par Christian Authier


    Thierry Frémaux, directeur délégué du Festival de Cannes, signe avec Sélection officielle un livre épatant qui brûle de passion pour le cinéma.


    On pouvait avoir quelques appréhensions à propos de Sélection officielle, souvenirs en forme de journal intime signé par Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes depuis 2007 et directeur de l’Institut Lumière à Lyon. D’une part parce que l’exercice peut virer rapidement au banal name-dropping, à la collection d’anecdotes et au narcissisme (voir par exemple le livre de souvenirs de Gilles Jacob, délégué général et directeur du Festival durant des décennies). D’autre part, parce que les sélections cannoises de ces dernières années (dont il est directement responsable) sont souvent désespérantes de conformisme (on ne compte plus les cinéastes ayant leur indéboulonnable rond de serviette : à quand une troisième Palme pour les Dardenne, Haneke ou Ken Loach ?).


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    L"Orient derrière soi

    André Tubeuf

    Par Robert Pénavayre


    L’impossible rupture


    Né en Turquie en 1930, cet agrégé de philosophie s’est particulièrement illustré dans le domaine musical en collaborant à de nombreuses revues telles que L’Avant-scène Opéra et Classica. Aujourd’hui, il vient vers nous sur un tout autre thème, celui de son enfance en Orient. Il écrit ici un livre de confidences sur des lieux qui ont vu passer toute son enfance et qui, aujourd’hui, sont synonymes de violence et de malheur : Istanbul, Alep, Beyrouth.

     

    Nul doute que dans le cœur de cet écrivain, les derniers événements qui endeuillent ces contrées doivent avoir un écho profondément douloureux. D’autant que, entre les deux guerres, la vie là-bas y était fort différente. C’est ce que nous raconte ce fils de Smyrne, avec une précision qui donne une idée de sa puissance mémorielle. Outre nous donner un aperçu autobiographique de son enfance, le souhait d’André Tubeuf est de nous faire partir à la rencontre de ces pays bordant la Méditerranée et la Mer noire. 


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    Hommage à Michel Déon

    Par Christian Authier


    L’écrivain décédé le 28 décembre nous lègue un art de vivre, de lire et d’écrire d’un éclat éternel.

     

    Nous avions fini par croire, au fil des ans, que Michel Déon était réellement immortel, ainsi l’on qualifie les membres de l’Académie française où il avait été élu en 1978. Lui-même aimait plaisanter sur son extraordinaire longévité qui a donc pris fin le mercredi 28 décembre quelques mois après son quatre-vingt-dix-septième anniversaire. Avec la disparition de Michel Déon s’achève définitivement une époque, celle de la mythologie des hussards, de ces écrivains ayant eu entre vingt et vingt-cinq ans en 1945 – date que Roger Nimier désigna comme «la fin du monde civilisé» – et qui voulurent chasser le tragique, la gravité, l’idéologie, les interdits et les listes noires sans rien renier de leurs fidélités respectives. Avec lui s’éteint aussi un certain art de vivre, de lire et d’écrire que l’homme comme l’œuvre incarnèrent de façon aussi majestueuse qu’humble.


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