Un évément publié sur Culture 31 - Mail

Destinataire(s) : (Pour entrer plusieurs mails, séparez les par des virgules "," )

Objet :

Message :


Ernani : les lunettes noires de l’émotion


Une chronique de Catherine Tessier


Qu'il soit de Séville ou bien d'Aragon, Brigitte Jaques-Wajeman place la destinée de son Don Giovanni dans un vide. Avec arbres.

Alfred Kim (Ernani) et le chœur du Capitole (les brigands)

Sans unité de lieu ni de temps, Ernani demande de l'astuce ou de longs précipités, de l'imagination ou des toiles peintes de ciels orageux. Au pied de deux grands arbres donc, les bandits sortant à peine de leur sommeil parlent haut, boivent du vin et jouent aux cartes. Point de tombes dans le sépulcre de Charlemagne – à moins qu'il ne repose dans l'une des caisses numérotées entreposées dans ce bunker lugubre. Au palais-prison de Silva, les bancs de la chapelle sont renversés dans un fracas muet à la Playtime.

L'action semble située sous quelque dictature du XXe siècle, avec ses chemises, cravates, sbires, ninjas, et femmes en tailleur strict. Un Jaruzelski aux lunettes noires sème la terreur. On dissimule son identité et son gilet d'or sous un bomber, un bonnet enfoncé jusqu'aux yeux. Mais la clémence d'un roi honoré avec pourpre et hermine libérera robes et cheveux.

Vitaliy Bilyy (Don Carlo)

Tamara Wilson et Alfred Kim n'ont pas trouvé l'alchimie requise et semblent réciter machinalement leur partition gestuelle. La première donne cependant une Elvira vocalement très convaincante, tout en nuances. En revanche le second, méconnaissable au regard de son Manrico ou de son Calaf, inquiète dès son air d'entrée, Ernani à la voix râpeuse et au vibrato très prononcé. Même si son italien se teinte çà et là d'accents slaves, Vitaliy Bilyy campe un Carlo [Lire la suite...]

Un événement publié sur Culture 31