Marguerite : l"illusion tragique

Par Catherine Tessier


Quel est ce majordome à la fois attentionné et inquiétant, ce régisseur qui veille à la qualité des chaussures, à la distribution des bouchons d'oreilles, au fonctionnement des voitures, et à l'occasion pratique le chantage ? Quelque diable manipulateur qui habite les dessous, chambre noire où il révèle des photographies de scène fausses et ridicules prises au feu infernal du magnésium. Quelque ange de la mort qui arrange les brassées de fleurs comme sur autant de tombes, brûle les accessoires et prendra la dernière image.

 

Le public n'est pas cette assemblée de petits bonshommes naïvement dessinés et souriant béatement. Les hommes en frac du cercle de bienfaisance viennent applaudir hypocritement ce qu'ils n'ont pas entendu. Les autres font semblant. Marguerite est riche. Très riche. Marguerite est malheureuse. Mari absent, mari ailleurs. Marguerite est seule. En tête à tête avec un masque trompeur de Commedia dell' arte. Alors Marguerite chante. Faux.


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